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Haussmann ou la modernisation de Paris

 
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Haussmann ou la modernisation de Paris
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Elessar
Xanadaute


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Message Haussmann ou la modernisation de Paris Répondre en citant
C'est plus de l'urbanisme mais bon.

Rappel du contexte historique : Napoléon III

I- Les motifs de l’œuvre d’Haussmann

A- L’insalubrité de la capitale
B- La volonté de l’empereur et la mission confié au préfet de la Seine

II- Une ville nouvelle

A- L’urbanisme
1- Les nouvelles voies
2- Financement et expropriation
3- La vision de Zola dans La Curée, Les Démolisseurs de Victor deLaprade
B- Les nouveaux aménagements

III- L’architecture nouvelle

A- Généralités sur l’architecture
B- Bâtiments publics et bureaux
C- L’immeuble Haussmannien



Photographie de Napoléon III

Rappel du contexte historique : Napoléon III

En 1808 naît Charles Louis Napoléon Bonaparte, fils de Louis Bonaparte, roi de Hollande et de Hortense de Beauharnais. Il est donc le neveu de Napoléon Ier et est élevé avec le culte impérial. Forcé de fuir, il connaît l’exil à partir de 1815, date qui marque la fin de l’empire et la proscription de la famille Bonaparte. La famille fuit d’abord en Allemagne, puis en Suisse, en Angleterre et aux Etats-Unis. En 1832, l’Aiglon, Napoléon II, meurt et Napoléon se retrouve seul prétendant bonapartiste. Il tente alors de renverser le régime d’abord en 1836 à Strasbourg puis en 1840 à Boulogne. Napoléon est capturé et détenu au fort de Ham entre 1840 et 1846, date à laquelle il s’en évade. En septembre 1848, la seconde république l’autorise à rentrer sur le territoire français. Il triomphe, à la surprise générale, aux élections du 10 décembre 1848. En 1851, n’arrivant pas à faire réviser la Constitution de 1848 qui lui interdit de faire deux mandats, il fait un coup d’Etat. Le 2 décembre 1851, l’Assemblée est dissoute et les opposants chassés du pays. Le 2 décembre 1852, Napoléon est proclamé empereur des Français sous le nom de Napoléon III. Le règne est fait d’une phase autoritaire et d’une libérale séparées par l’attentat d’Orsini en 1858. Malgré des lois libérales, comme la libéralisation de la presse en 1867, la contestation gronde. Le 2 septembre 1870, la cuisante défaite de Sedan infligée par la Prusse annonce un effondrement proche. L’empereur est capturé par les Prussiens près de Cassel le 4 septembre 1870 et la République est proclamée. Napoléon s’exile en Angleterre où il meurt en 1873.
Napoléon entretient une relation complexe avec le peuple. On a un régime qui mêle autoritarisme et démocratie. Le régime repose sur l’amitié pour les classes laborieuses et sur un amour de l’ordre. Napoléon ne nie pas la souveraineté du peuple. Après le coup d’Etat, il rétablit le suffrage universel et se fait plébisciter pour prouver sa Ma que, Pepito! Esta la Droga!. Deux plébiscites sont organisés en 1852 et en 1870.Mais les opposants sont intimidés et on s’arrange pour qu’ils ne puissent pas interférer dans les affaires du souverain. Les fonctionnaires font serment de fidélité à l’empereur. Ce dernier est en plus à l’initiative des lois et gouverne autoritairement. Le Corps législatif est muselé et réduit à une chambre enregistrant les débats jusqu’en 1860, tournant libéral. Napoléon III donne des fonds pour créer des orphelinats, des asiles et des cités ouvrières. En 1856, il se rend dans la vallée du Rhône touchée par les inondations. En 1864, Napoléon légalise la grève. La base de ce régime est la paysannerie, favorisée par la croissance économique, sensible au patriotisme et séduite par le déclin des notables traditionnels fidèles au retour des rois. Quant à l’impératrice, elle joue un rôle traditionnel : elle préside la Société de charité maternelle, elle visite les victimes du choléra. Bref, le régime de Napoléon est un régime très populiste.
Napoléon III a montré de la bonne volonté, accélérant ainsi le processus de modernisation du pays et de croissance économique. Le crédit est encouragé par des banques à actions et des banques de dépôt. La création de sociétés anonymes favorise l’esprit d’entreprise. L’empereur veut faire des expositions universelles de 1855 à 1867, les vitrines de la modernité. Il pense que la croissance permet l’émancipation des masses et la paix entre les peuples. Il a une grande foi en le libre-échange. Le grand dessein de Napoléon fut quand même la modernisation de Paris qu’il parvint à réaliser.









Haussmann est né en 1809 et mort en 1891. Les travaux qu’il mena et sa transformation de Paris vont marquer durablement la capitale de France. Son père a servi Napoléon Ier, Haussmann servira le neveu. En 1851, Napoléon III renverse la République et le pouvoir change de main. Une année après, Napoléon, à l’égal de son oncle, ceint la couronne sans être sacré toutefois. A peine un an après ce coup de force, Napoléon III nomme à l’hôtel de ville de Paris Haussmann, administrateur ; ce dernier a déjà prouvé sa valeur dans plusieurs préfectures, notamment à Bordeaux. Son nom va devenir le symbole de la modernisation de la capitale. En quinze ans, Haussmann conduit d’une main de maître les travaux exigés par sa Majesté l’Empereur. Sa mission est de transformer l’ancienne cité moyenâgeuse qui s’est développée anarchiquement depuis l’époque où Lutèce était cité romaine en une prestigieuse métropole digne de l’Empire et de la France. Haussmann comblera les espérances de Napoléon III et prouvera rapidement que le nouveau dirigeant de France a su choisir avec justesse un homme capable de mener à bien cette mission : dès que la fête impériale s’ouvre, des milliers de chantiers débutent et le gigantesque travail est dés lors en marche.
Depuis l’antiquité les parisiens ont vécu dans leur cité qu’ils chérissent sans véritablement lui apporter de modifications majeures. Pourquoi, alors que rien n’est venu troubler le calme de la ville, Haussmann est-il chargé de rebâtir la capitale ? Du moment où aucun cataclysme n’a ravagé la ville, comment Haussmann conduit il les travaux et surtout, quel est le nouveau visage de Paris ? Nombreux sont ceux qui ont attaqué violemment cette œuvre, et notamment Jules Ferry dans les contes fantastiques d’Haussmann. Malgré l’Empire et la censure, les critiques et caricatures concernant les travaux et les nouvelles innovations apportées par Haussmann sont légions.
Haussmann est mandé par le pouvoir de rebâtir la ville à cause de l’insalubrité certes, mais aussi parce que Napoléon III est un rêveur et désire une ville utopique pour son empire. Le nouveau visage de Paris passe au travers d’un nouvel urbanisme et réseaux de voies. Mais aussi, de nouveaux bâtiments sont édifiés dans le but d’assouvir des préoccupations, des désirs et des besoins nouveaux.






















I- Les motifs de l’œuvre d’Haussmann

A- L’insalubrité de la capitale

A l’époque où Haussmann, préfet de la Seine, est mandé pour les travaux, Paris est une ville en danger : la population ne cesse de croître et la ville a connu en peu de temps plusieurs invasions et insurrections. Les conditions de vie dans la capitale sont alors extrêmement mauvaises et les maladies prolifèrent. Par exemple, les épidémies de choléra de 1832 et 1839 furent particulièrement meurtrières. De plus, ces épidémies touchent aussi bien les quartiers pauvres que les quartiers riches. Certains quartiers de Paris étaient alors dans une situation critique : l’île de la cité était de ces quartiers et Napoléon Ier désirait déjà qu’il fût détruit jugeant que cette île était « tout juste bonne à loger les rats de l’ancienne Lutèce ». Dans ce quartier de l’île de la cité, comme beaucoup ailleurs, se trouvaient de nombreux garnis sordides et très insalubres. Mais Paris n’était pas seulement rongé par cette insalubrité. Sur le quartier où se dressera plus tard le boulevard Malesherbes, il existait une zone que l’on nommait la Petite Pologne. Là, les malfrats pullulaient et les policiers n’osaient s’y aventurer. Toutefois, les quartiers industriels ne présentaient pas un meilleur angle. En effet, la malpropreté des fabriques dominait. Des marchés et même des abattoirs se tenaient en plein air et venaient ajouter encore à l’insalubrité de la capitale. C’est dans les endroits les plus misérables que l’on trouvait les pires habitations. Des garnis avaient une cour emplie d’ordures et la plus grande malpropreté régnait dans les chambres. Là résidaient des ouvriers, des chômeurs, des filous, des prostituées, en fait, la population la plus désargentée de Paris. A côté de cette extrême pauvreté se dressaient pourtant des îlots de richesse comme le faubourg St Germain où l’on trouvait la fine fleur de l’aristocratie française, les personnes ayant le plus haut rang social.
A cette époque, Paris comptait 945 000 âmes. Toutes ces personnes logeaient dans 31 000 maisons représentant 294 000 logements. 387 000 parisiens, soit environ 40 % de la population, étaient des indigents logeant dans des garnis insalubres. Ceux là étaient exempts d’impôts ce qui dénote une grande misère. 300 000 autres, soit environ 30 % étaient aussi exempts d’impôts mais vivaient dans des conditions pires que les précédents : ils vivaient dans les garnis les plus délabrés et malpropres, sous des combles avec une hygiène absolument déplorable. Ainsi, 70 % de la population parisienne vit dans des conditions insupportables côtoyant les 30 % restant de la population, les bourgeois ou les aristocrates. Ainsi, les épidémies font rage accentuées par le manque de lumière, l’eau de mauvaise qualité. Au vue de toutes ces constations, on comprend aisément que les travaux d’assainissement du vieux Paris entamés par Haussmann furent assez bien accueillis. En effet, l’ouverture de larges voies, l’amélioration de l’éclairage public et la destruction de certains quartiers les pires de Paris apportèrent un espoir au peuple. De plus, grâce aux travaux d’Haussmann, certains monuments retrouvèrent leur pleine beauté dégagée enfin des sordides masures les entourant.
Une ville de « riches » évolue à côté d’une ville de « pauvres », une ségrégation spatiale commence donc à se dessiner. C’est la spécialisation professionnelle de certains quartiers qui en est en partie responsable. Les riches partent pour la campagne mais ces départs sont comblés par des arrivées nombreuses. Le centre est surpeuplé. De fait, dans cette zone, l’habitation est touchée par la suroccupation et les taudis pullulent. Les règles de construction ne sont pas clairement définies et les abus sont courants. Cette densification n’a laissé ni le temps, ni la place d’installer les équipements nécessaires à toute cette population. Ainsi les égouts manquent, leur capacité n’est pas suffisante, les installations sanitaires sont très rudimentaires, l’eau est en déficit.
Ces quartiers du centre ne peuvent accueillir une quelconque circulation. A cette époque, la circulation est composée de cavaliers, de piétons, de fiacres. La grande majorité de la population se déplaçait à pieds. De plus, cela prend du temps d’aller d’un point à un autre même à pieds car le tracé des rues est anarchique. Sur l’axe nord-sud, des voies rectilignes, ou à peu près, sont présentes. Mais l’axe est-ouest est pratiquement irréel et reste à l’idée de théorie. Les boulevards extérieurs constituent un moyen de contourner ces ennuis, mais ce n’est pas une solution des plus pratiques. La première moitié du XIXéme voit les problèmes s’aggraver et ce à cause ou du moins en partie de l’augmentation exceptionnelle de la population. A la fin du règne de Louis Philippe, de nombreuses gares existaient. Toutefois, elles sont mal desservies : il n’existe pas de gare centrale et il faut relier les gares entre elles puis au centre. Les gares sont engorgées et asphyxiées. De plus, les moyens de communication ne sont pas en nombre suffisant pour une population si importante. En bref, Paris étouffe et cela est un problème qui devra être réglé par le préfet Haussmann.



Rue de Paris avant les travaux. On peut voir l’état d’insalubrité.
B- La volonté de l’empereur et la mission confiée au préfet de la Seine

Le baron Haussmann est chargé de transformer Paris en une ville rêvée par Napoléon III. D’ailleurs ce n’est pas le seul rêve de l’empereur mais aussi celui des parisiens étouffant dans des rues étroites, sans éclairage, sans verdure.
Louis Napoléon, avant son accession au trône, n’a guère séjourné à Paris. En exil, il voyagea dans le monde et s’intéressa à l’urbanisme des villes qu’il vit en Amérique et en Europe. Londres, où il séjourna, exerça une grande influence sur lui et guidera sa main pour la transformation de Paris. En effet, au XIX ème siècle, Londres était un modèle d’urbanisme et d’hygiène. Napoléon rêvait d’un Paris qui serait une ville organisée et saine. Il désirait que même les plus démunis menassent une vie décente. Il voulait également que le commerce et l’industrie donnassent un travail à tous. Napoléon III était un rêveur croyant à l’amélioration des conditions de vie et au bien être des peuples grâce au progrès. Il concrétisa ses projets en dix sept années. La ville de Napoléon est influencée par des théoriciens utopistes de la première moitié du XIX ème siècle. Ces théoriciens parmi lesquels Saint Simon, Cabet et Fourrier ont réfléchi sur la ville idéale. Ces savants sont parmi les premiers à s’apercevoir de la dégradation des villes industrielles et à s’inquiéter des problèmes de l’habitat de son insalubrité. Cette idée de la ville idéale était déjà apparue en Angleterre. De nombreux ouvrages complètement utopiques font apparaître une décision centralisée, des cités ouvrières un approvisionnement en eau pour chaque immeuble, la propreté, loi très importante. Napoléon sera imprégné de tous ces écrits lorsqu’il commandera les travaux à Haussmann. C’est Fourier qui songera le premier à une cité ouvrière, et selon ses principes Napoléon III favorisera en décembre 1848 la création d’une cité ouvrière à Paris. Les villes utopiques doivent apporter également le beau en intégrant des œuvres d’art dans la rue et de magnifiques édifices. Cette idée se retrouve chez Haussmann avec ces monuments comme l’opéra.
Lors de son accession au trône, Napoléon amena avec lui l’ordre qui est un des principes de la ville utopique contrôlée par l’homme. Avec Haussmann, la méthode de reconstruction est différente : la ville est prise dans son ensemble et ce ne sont plus quelques îlots qui sont rénovés les uns à la suite des autres pour des raisons essentiellement financières. Avec Napoléon III, il s’agit de créer dans l’ensemble des territoires en réseau de voies de communication cohérentes. De plus, Haussmann a traité les quartiers bourgeois et pauvres de la même façon, il n’a pas privilégié la bourgeoisie. De nouvelles routes relient les gares, les espaces verts sont répartis logiquement dans la ville. Par ailleurs, le centre était saturé par la circulation. Dans le but de remédier à ce problème, les axes est-ouest furent percés le long des rives de la Seine. Ainsi, le Paris d’Haussmann est le Paris rêvé par Napoléon III.
Le 22 janvier 1853, Haussmann est nommé préfet de la Seine. Sa mission est de mettre en œuvre le projet de l’empereur, à savoir la ville idéale rêvée par l’empereur. Avec cette mission, c’est la première fois qu’une ville d’une grande importance est rebâtie et agrandie sans qu’il y ait eu au préalable un incendie ou un quelconque cataclysme. La mission d’Haussmann se résume à trois aspects : aérer, unifier et embellir Paris :
-Aérer, cela amène à planter des arbres et à bâtir un système d’approvisionnement en eau.
- Unifier, c’est créer des voies, constituer un réseau de circulation et relier les quartiers les uns aux autres sans différence : tous les quartiers sont reliés par des voies correctes. Il faut notamment relier les gares entre elles puis avec le centre. Pour unifier il fallait également bâtir des voies perçant des quartiers qui étaient de véritables citadelles et avaient des foyers d’insurrection. D’ailleurs Haussmann ne niera pas ce rôle militaire des voies.
- Enfin, embellir la ville, c’est dégager les monuments existants et ainsi les mettre en valeur.
II- Une ville nouvelle






La ville parisienne sera profondément bouleversée, ici vue d’une place avant et après les travaux.







A- L’urbanisme

1- Les nouvelles voies

De 1852 à 1870, deux cent kilomètres de voies nouvelles se font jour, ce qui suppose des plantations, des aménagements également. Ces transformations de Paris ne se sont pas faites d’un seul coup. Elles ont été réalisées en trois temps correspondant à trois réseaux approuvés par l’empereur puis par le conseil municipal. Haussmann, en prenant ses fonctions constate un problème majeur : il n’existe pas de plan général de Paris. Aussitôt, il charge Eugène Deschamps, le conservateur du plan de Paris de combler cette lacune. Ceci fait, Haussmann fera graver le plan et il le fera mettre en toile afin de l’avoir toujours sous les yeux dans son bureau. Ainsi pourra-t-il mener sa tâche à bien.

Le premier réseau avait été commencé par le préfet Berger. Haussmann, le reprit en main et ne le modifia que légèrement. Ce réseau remodelait le vieux Paris et constitue « la croisée de Paris » qui devait être la base des futures transformations. L’idée de transformer et d’assainir Paris n’est pas une idée nouvelle. A l’époque de la révolution française, la Convention voulait, pour transformer la cité un programme précis. Dans ce but, elle avait nommé un groupe d’ingénieurs et d’artistes, la « commission des artistes » qui devait définir les priorités. Ce groupe s’intéresse à la « Grande Croisée » et le définit comme la base de la transformation de la cité. Cette croisée serait deux voies se croisant en angle droit traversant Paris d’est en ouest et du nord au sud. Finalement le groupe n’eut que le temps de définir le tracé de l’une des voies. Le tracé était le suivant : partant de la Concorde la voie longerait le jardin des Tuileries jusqu’à la colonnade du Louvre puis traverserait l’église de St Germain l’Auxerrois pour rejoindre la Bastille. Cette voie est la rue de Rivoli. Napoléon Ier entreprit de commencer cette croisée de Paris mais ne l’acheva pas. Il faut attendre 1851 pour que cette voie soit terminée sur les ordres de l’empereur.
Quant à l’axe nord sud, il était assuré, avant le second empire, par deux voies parallèles et ces deux rues encadraient des quartiers insalubres. Le boulevard de Strasbourg achevé, Haussmann perça dans ce prolongement le boulevard de Sébastopol. Celui-ci était relié au-delà d’un nouveau pont au boulevard du Palais qui perçait de part en part l’île de la cité. Sur la rive gauche, le boulevard St Michel était percé à partir de la Seine et rejoignait la route d’Orléans. L’axe nord sud fut commencé en 1855 et achevé en quatre ans. Sur la même rive, en parallèle à la rue de Rivoli, Haussmann ouvrit le boulevard St Germain. Il dut détruire quelques hôtels du XIX eme siècle, ce qui lui fut reproché mais assainit par là plusieurs îlots insalubres. A la croisée des boulevards St Michel et St Germain, le square de Clichy fut aménagé. Parallèlement à ce percement des voies, des places, des édifices publics, des jardins et des squares furent créés. Les places furent créées dans le but de lier les avenues et de distribuer le trafic. Dans cette optique, la place du Châtelet fut agrandie pour accueillir la croisée des axes nord sud et est ouest. Des édifices publics furent érigés et la fontaine remise au centre de la place. La place de la madeleine vit le jour avant le percement du boulevard Malesherbes qui entraîna la disparition de plusieurs quartiers misérables tels que « la Petite Pologne ». Dans le but d’accueillir six voies, la place du roi de Rome, (Trocadéro) fut créée. Avant Haussmann, la place de l’Etoile était l’aboutissement de quatre avenues, avec Haussmann, il y en eut douze. Cette place devint très populaire pour les promenades, le monde enviait Paris.

Plan de la croisée de Paris, base du nouveau réseau de voies parisiennes


Le second réseau fut réalisé entre 1859 et 1867. C’est la suite du premier et achève la remise en forme du vieux Paris. Là encore ce sont des places et des boulevards ou des avenues crées ou prolongés.
Sur la rive droite, les places suivantes sont crées ou modifiées :
-Place du château d’eau créée
-Place de l’Europe créée
-Place de l’étoile aménagée
Sur la même rive, les avenues et boulevards suivants sont crées ou modifiés :
-percement de trois axes : boulevard du prince Eugène, boulevard Magenta et rue Turbigo.
-Le boulevard Magenta est prolongé pour desservir la gare du Nord
-Ouverture de la rue de Rome, rue Saint Lazare ouvertes pour dégager la gare Saint Lazare
-Percement de la rue de Rouen et de la rue de Malevy
-En 1861, le boulevard de Malesherbes est achevé et fait disparaître la petite Pologne.
-Rue de Londres et de Constantinople prolongées
-Boulevard Voltaire crée, c’est un des plus longs de Paris.
-Boulevard prince Eugène crée
-Avenue d’Alma et avenue de l’empereur percées
Sur cette rive on peut également noter une « remise en forme » du parc Monceau.

Sur la rive gauche, des transformations importantes peuvent être observées. Les boulevards saint Marcel et Port Royal sont créés, le boulevard d’Enfer est ouvert. La montagne sainte Geneviève est également modifiée. L’avenue des Gobelins est percée et la rue Mouffetard est élargie ce qui favorise l’accès à la colline. La cité, vieille ville, est complètement chamboulée. Elle devient un immense chantier et peu d’anciennes rues subsisteront. Les raisons avancées pour ce remaniement complet sont l’hygiène et la sécurité. Le boulevard du palais et la rue de Lutèce sont percés, le tribunal de commerce et la préfecture de police édifiés, les ponts Saint Michel et Pont-au-change rebâtis. Notre Dame est restaurée et dégagée. Dans un premier temps, les modifications apportées à l’île de la cité seront d’abord bien accueillies. De plus, les jardins du Luxembourg, très anciens, seront partiellement détruits et l’exploitation des parcelles fut fortement critiquée.

Paris subit une autre transformation majeure de son territoire en 1860. Le 1er janvier 1860, un décret repoussa les limites de la ville jusqu’aux fortifications de Thiers. Ainsi onze communes entières sont rattachées à la capitale. S’ajoutent à ces communes treize portions de villes. La ville organise son territoire en 20 arrondissements et 80 quartiers qui sont encore en place aujourd’hui.
La superficie de la capitale passe de 3300 ha à 7100 ha et la population passe de 1 200 000 à 1 800 000 habitants.Les villages périphériques rattachés à la capitale acceptèrent de façons inégales. De plus, il existait une différence entre les taxes perçues aux barrières de Paris et celle de la zone « rurale ». Toutefois, l’annexion était chose nécessaire : la voie publique de cette périphérie était soit mal soit pas du tout pavée et l’éclairage au gaz le long des voies laissait à désirer. Les ruelles ou les impasses étaient dans les ténèbres et cela facilitait le travail des malfrats. Les églises n’étaient édifiées que fort difficilement. Les écoles étaient en petit nombre. Les maisons étaient souvent, voire tout le temps insalubres. De plus, avant l’annexion et pendant les travaux à Paris, la population avait fortement augmenté dans ces zones du fait que les gens étaient expropriés dans le centre de Paris et se réfugiaient donc à la périphérie. En effet, la population passa de 114 315 habitants avant les travaux et l’annexion en 1841 à 351 596 pendant les travaux en 1856. Cette annexion est certes importante mais Napoléon voulait qu’elle s’étendit encore plus loin, annexant tout le département de la Seine avec Saint Denis, Neuilly, Boulogne.

Le troisième réseau fut réalisé entre 1869 et 1925. En 1867, il est présenté et en 1869 accepté. Toutefois l’opposition est très forte et cela entraîna la chute du baron Haussmann. A l’époque où il fut demandé, les parisiens étaient las de ces quinze ans de travaux. Ils étaient déjà opposés à l’empire, et là l’empire rencontre une hostilité et une animosité très importante. Le régime, après sa défaite de Sadowa, a perdu toute crédibilité. Cet empire est désormais dirigé par un homme las, malade, qui a perdu de son « mordant ». De plus en 1865, le duc de Morny, le plus fin stratège politique de Napoléon, meurt. En 1867, l’opposition à l’empire est très forte. Le dernier réseau sera toutefois terminé après la Commune par la troisième république et les hommes qui l’avaient combattu avec tant de hargne. Ceci signifie une chose très claire : les ennemis de l’empire, sous couvert de critiques techniques sont motivés par le pouvoir qui ne va pas tarder à se libérer. Sur la rive droite, les Champs-Élysées sont aménagés, la place du Trône est ouverte, des avenues et rues sont ouvertes, percées ou encore prolongées. Il se passe la même chose sur la rive gauche qui est toutefois moins modifiée lors de ce troisième réseau.


Plan de Paris, en noir les nouvelles voies

2- Financements et Expropriations

Les travaux qui durèrent dix sept ans dirigés par Haussmann coûtèrent 2.5 milliards de francs. Toutefois, le budget n’est que de 1.1 milliard et il faut donc pallier à cette différence. Haussmann reprend une thèse de Magne, ministre des finances, sous le deuxième empire, affirmant que dans un régime comme le deuxième empire, les investissements publics deviennent productifs. Cette théorie, dont Haussmann pressent la justesse sera confirmée en 1855 : cinq millions de visiteurs affluent dans la capitale, autant pour voir l’exposition universelle que pour admirer les grands travaux. Ces millions de touristes laissent des recettes qui arrivent dans les caisses de la ville. Cette politique, pour bien fonctionner, doit être favorisée par la circulation la plus rapide possible de l’argent. C’est le développement du crédit qui facilite la consommation, elle-même source de revenus. Napoléon III adhère à l’idée d’une spécialisation des banques par métier. L’empire fera appel au frère Peire et le crédit immobilier, au crédit foncier dont le but était de prêter aux propriétaires. Cette société de crédit acceptera de prêter aux entreprises concessionnaires que travaillaient pour Haussmann. Toutefois, ces investissements doivent être répartis sur les générations futures et non imposés de façon exclusive. Partant de ce principe, la politique d’Haussmann est la suivante : pas de charges extraordinaires aux contribuables, pas de surtaxes aux consommateurs, fructification des recettes, remboursement des intérêts, et amortissement des emprunts. Ainsi l’emprunt fut la base du système financier d’Haussmann. Le premier emprunt de 600 millions de francs date de 1855 et est voté avec l’accord de toutes les parties, il n’est pas discuté et même Jules Ferry ne le contestera pas. Le deuxième est approuvé en 1858 et lancé en 1860 et s’élevait à 120 millions, il accepté par une large majorité après avoir été modifié cependant. Le troisième se montait à 265 millions et passa très difficilement en 1865. Enfin le dernier de 400 millions passe en 1869. Toutefois, cela annonce la fin du système financier d’Haussmann et la fin du préfet qui aura lieu un an après. La difficulté de ces emprunts fut de faire approuver par les chambres nationales la participation de l’état. En effet, des petits souscripteurs payaient ainsi que la municipalité mais les chambres n’arrivaient pas à concevoir que la nation dut aider au financement. Toutefois, malgré l’opposition des provinciaux à la chambre, Haussmann put faire voter sans difficulté le financement des deux premiers réseaux. L’état donna 93 millions à la ville entre 1852 et 1860 ce qui fut un investissement productif. En effet, l’état augmenta sa part de revenus annuels perçus à Paris de 45 millions. Mais la base même du financement des travaux fut la caisse des travaux de Paris. Les entrepreneurs concessionnaires y avaient un compte. La caisse laissait à d’autres des portions d’immeubles et en recevait le prix. Elle obtenait également le prix des produits des grands travaux (matériaux des immeubles expropriés par exemple). De plus cette caisse émettait des bons et le directeur était sous les ordres d’Haussmann. Cette caisse devint la banque pour les travaux de la ville et de plus, la caisse n’était pas contrôlée administrativement. Les grandes opérations de voiries amenaient des traités entre la ville et des entrepreneurs qui étaient sûrs d’obtenir l’aide de groupes financiers et sociétés de crédit. Ces entrepreneurs payaient les indemnités d’expropriation, démolissaient les maisons et revendaient pour eux même les matériaux de ces maisons et les terrains libres en bordure des nouvelles voies. De plus ils obtenaient une indemnité annuelle pendant six ans. Outre ces emprunts, Haussmann fit largement appel à l’investissement privé.
Pour mener cette politique urbaine à bien qui comprend acquisition, démolition, reconstruction, Haussmann ou plutôt ses services durent s’appuyer sur une instrumentation juridique précise. Des lois ont peu à peu établi « les règles » d’expropriation. La collectivité publique a le droit de prendre les terrains nécessaires contre rétribution. Toutefois deux enquêtes sont faites : l’une pour l’utilité du projet, l’autre porte sur les édifices et les terrains à exproprier. Les propriétaires font valoir leurs intérêts lors de la deuxième enquête. Haussmann crée en 1856 la commission des indemnités. Celle-ci doit fixer le prix des bâtiments expropriés et cela permet un arrangement entre le propriétaire et l’état : le propriétaire exige un prix et la commission voit si cela vaut le prix. Grâce à ces deux méthodes, Haussmann put mener les grands travaux à bien.

3- La vision de Zola dans La Curée, Les Démolisseurs de Victor de Laprade

La période des grands travaux d’Haussmann est une période où les fortunes s’amassent grâce aux expropriations et aux démolitions. Certains spéculent sur la démolition de telle ou telle rue, achète les bâtiments et, lors de l’expropriation, obtiennent une indemnité énorme. C’est ce que dénonce Zola dans La Curée. Il se récrie contre un monde où tout se monnaye, où l’argent est le pouvoir et la vénalité des hommes. Aristide Saccard, pour aimer sa femme, Renée, doit en retirer un bénéfice. Aristide Saccard, grâce à l’influence de son frère, son excellence Eugène Rougon, se retrouve commissaire voyer à l’Hôtel de ville. Or, avec l’arrivée du baron Haussmann, il a connaissance des rues qui vont être détruites et va profiter sans vergogne de ce savoir pour acheter et se faire exproprier à plus haut prix. Aristide Saccard, vite au courant des travaux, va être l’archétype du spéculateur du second empire : « Dans ses courses continuelles à travers l’hôtel de ville, il avait surpris le vaste projet de transformation de Paris, le plan de démolition, de ces voies nouvelles et de ces quartiers improvisés, de cet agio formidable sur la vente des terrains et des immeubles qui allumait, au quatre coins de la ville, la ballade des intérêts et le flamboiement du luxe à outrance. Dès lors son activité eut un but. » On ne peut mieux présenter l’œuvre d’Haussmann ! En quelques mots, Zola, au travers d’Aristide Saccard, a résumé le projet du préfet, et en une phrase a montré que certains, comme Saccard, ont commis ce qu’on appellerait aujourd’hui un délit d’initié.
A travers Saccard, Zola décrit les travaux d’Haussmann avec les trois réseaux et l’annexion de 1860 : « Oui, la grande croisée de Paris, comme ils disent (…). Quand le premier réseau sera fini, alors commencera la grande danse. Le second réseau trouera la ville de toutes parts, pour rattacher les faubourgs au premier réseau. (…) Il y aura un troisième réseau (…). Je n’ai trouvé que peu d’indices…mais ce sera la folie pure, le galop infernal des millions, Paris soûlé et assommé ! » De plus, pour Saccard, Paris sera «haché à coup de sabre, les veines ouvertes, nourrissant cent mille terrassiers et maçons. »
Le narrateur n’est pas complaisant avec l’œuvre de l’Empire : « L’Empire allait faire de Paris le mauvais lieu de l’Europe. Il fallait à cette poignée d’aventuriers qui venait de voler un trône, un règne d’aventures, d’affaires véreuses, de consciences vendues, de femmes achetées, de soûlerie furieuse et universelle. Et, dans la ville où le sang de décembre était à peine lavé, grandissant, timide encore, cette folie de jouissance qui devait jeter la patrie au cabanon des nations pourries et déshonorées. » Est évoqué dans ce passage, le climat de corruption, la course au luxe. Les travaux sont montrés comme une volonté de prestige de la part de l’empire, volonté qui mènera à la ruine (en 1870).
Zola est féroce : la curée est bien le moment où tous les chiens se précipitent sur les viscères de l’animal, sauf qu’ici, c’est l’homme qui se précipite sur Paris pour en tirer de l’or. Zola dénonce cette course « aux millions » qui a lieu pendant cette période et surtout cette corruption qui fait que des spéculateurs s’enrichissent grâce à l’expropriation. La vision donnée par Zola est une vision de débauche où la luxure est reine et où les travaux sont frénétiques, comme la frénésie de l’homme pour l’argent. On voit aussi un pouvoir soucieux uniquement de son prestige et d’accroître le luxe. L’ouvrage, dans de nombreux passages, par les paroles, la vitesse des actions traduit cette frénésie et excitation.

Une attaque directe et extrêmement violente contre le régime, Haussmann, et les travaux est perpétrée dans les Démolisseurs, pamphlet interdit en France, écrit par Victor de Laprade. Voici quelques extraits significatifs :

« Tombé vieilles maisons avec les vieilles mœurs !
Le champs des parvenus se cultivent en primeurs ; »

« Sortez, déménagez, partez ; la loi l’ordonne ;
Et rien n’appartient plus, de nos jours, à personne »

« Ah ! que nous sommes loin de ces temps casaniers
Où les rois respectaient la hutte des meuniers ! »

« Ediles, reprenez nos cités par la base ;
Chacun hors de chez soi ; puis faisons table rase.
Voyez, dans quel taudis, pour en être si vains,
Logeaient nos vieux prévôts et nos vieux échevins !
Comment administrer du fond d’une masure ?
Au luxe d’un consul, son talent se mesure
Sitôt qu’on a souci de se rendre immortel,
Pour agrandir son âme, on agrandit son hôtel,
On abat le voisin. Rangeons nous et silence !
Place à cet affranchi qui devient Excellence. »

« Qu’un long flots d’étrangers, planteurs, lords et boyards,
Gonflé de fange et d’or coule en nos boulevards :
Faites de ce Paris, centre des vieilles Frondes,
Un lupanar ouvert aux vices des deux mondes. »

« Le plus petit des préfets, avec acharnement,
Du Louvre de l’endroit poursuit l’achèvement ;
Tout fier, s’il peut laisser, quand sont mandat expire,
A son département, la dette d’un Empire. »

Les critiques de Zola concernant le luxe, les enrichissements rapides et frauduleux, sont reprises. On a une attaque directe contre « le régime de parvenus » et Haussmann accusé de ruiner la capitale. Le thème d’un régime dirigé par des parvenus est présent chez de nombreux auteurs de cette époque notamment Victor Hugo.
A la lecture de ce pamphlet, il n’est guère surprenant qu’il ait été interdit en France. Il a été édité à Genève ce qui prouve que les critiques devaient également fleurir à l’étranger.


Le Serment renouvelé
- Jurons d’augmenter encore nos locataires au prochain terme !...
- Nous le jurons !...
nous le jurons !...
H. Daumier
Critique des profiteurs
B- Les nouveaux aménagements

Haussmann et ses services ont créé des trottoirs, modifié l’esthétique des façades, planté des arbres, éclairé des rues. Ceci fut fait dans l’optique de satisfaire le besoin de déambulation des parisiens. Entre 1852 et 1870, le décor de la rue a bien changé dans la capitale. En 1852, à Paris, il existait 384 kilomètres de voies, avenues, boulevards et rues, en 1860, 420 kilomètres. Dans la périphérie annexée, en 1860, on avait 355 kilomètres et avec les travaux, on passa à 425 kilomètres. Ainsi dans l’ensemble, on est passé de 735 kilomètres à 845 entre 1852 et 1870. Haussmann a créé de nombreuses voies, en a supprimé beaucoup mais a également beaucoup élargi la voierie existante. En moyenne les rues gagnent 12 mètres de large passant de 12 mètres à 24 mètres, dans la périphérie, elles gagnent en moyenne 5 mètres, passant de 13 mètres à 18 mètres. A la fin des travaux d’Haussmann, en 1870, sur 7802 hectares, la voierie représente 1290 hectares.
Haussmann voulut également régler le problème de stationnement gênant la circulation. Il créa 135 emplacements, mais il ne put agir contre ce stationnement anarchique, ceci relevant du préfet de police. Quant au « transport en commun », le préfet agit également dans ce domaine. En 1865, 11 compagnies d’omnibus fusionnèrent sur ordre de l’empereur. C’est la création de la compagnie générale des omnibus. Les « voitures » de la compagnie sont réorganisées et modernisées. Les voitures peuvent transporter 26 voyageurs : 14 à l’intérieur et 12 sur le toit. De plus, les trajets et les lignes sont accordés avec un réseau de correspondance qui tient compte des nouvelles voies. Ceci est la naissance des transports modernes et des compagnies de bus.
Concernant les rues, une modification importante est apportée et donna lieu à dessins humoristiques. Le macadam remplace la terre et le pavé de grès autrefois usité sur toutes les voies. Le procédé est simple : dans la chaussée creuse on verse des pierres, des cailloux de silex, en les tassant couche par couche grâce à un compresseur marchant à la vapeur. C’est sous Louis Philippe que ce revêtement apparu mais cela triompha sous le deuxième empire. Les voies publiques arboraient déjà ce revêtement en 1851. Il a été inventé par Mac-Adam. Ce matériau fut critiqué par tous les usagers et les caricaturistes et humoristes s’emparèrent du sujet. C’est Napoléon qui a exigé que ce revêtement soit utilisé car il offrait plus de confort pour les chevaux ; cependant Haussmann était très réticent pour ce projet. Le préfet de police se chargeait jusqu’au 10 octobre 1859 de l’arrosage des rues, Haussmann en prit alors la direction. De plus, il modernisa cet arrosage en utilisant des cylindres à vapeur, des balayeuses mécaniques et des lances d’arrosage.
Les ordures ménagères étaient laissées sur la voie publique par les habitants. Toutefois, les employés chargés de les ramasser, les répandent sur la voie publique plus qu’ils ne les ramassent. Pour changer cette situation, qui faisait de Paris une ville immonde, il faut attendre que Monsieur Poubelle soit à la préfecture de la Seine (1885-1896). Une dernière innovation apparaît à Paris. Sous la restauration, les trottoirs ont fait leur apparition, mais sous le second empire, ils se généralisent en bordure des voies anciennes ou nouvelles. En 1860, ils s’étendent sur 424 kilomètres et atteignent 1100 kilomètres en 1870. Cela permet de prémunir les piétons contre des problèmes de circulation et de boue sur la chaussée.
Haussmann, dans son plan d’assainissement, avait prévu d’améliorer l’éclairage public. Ceci était motivé par le besoin de sécurité de la population. En 1850, Paris comptait 8000 réverbères à huile et 9000 lanternes à gaz. Le premier janvier 1856, le préfet de la Seine regroupa les six compagnies qui distribuaient le gaz en une seule. Entre 1855 et 1869, la consommation en gaz tripla. En 1850, il n’y avait pas d’abonnés au gaz, en 1870, 100 000 abonnés pouvaient être dénombrés. Le second empire modifia grandement la vie parisienne en installant cet éclairage. Celui-ci permit de voir dans Paris aussi bien la nuit que le jour. Cela protège le piéton de nuit contre les éventuels bandits. Les canalisations de gaz courent dans toute la ville et alimentent des réverbères. De ces derniers il y a plusieurs modèles qui s’adaptent suivant le lieu.

Exemple de lampadaire

Parmi les nouveaux aménagements, il est deux choses remarquables améliorées par Haussmann : les égouts et la distribution d’eau. Haussmann accroît l’approvisionnement en eau de source pour les particuliers. Il réserve les eaux de rivière pour le public (arrosage et fontaines). Avec le préfet la disponibilité en eau par habitant est doublée. En 1869 elle était de 110 litres et quand l’aqueduc de la Marne sera achevé, 225 litres. Avant le second empire, 5 réservoirs principaux contenaient l’eau. Ceux-ci étaient anciens, vétustes et contenaient peu d’eau. Lors de l’annexion de 1860, Paris gagna 6 réservoirs et Haussmann en fit construire 6 autres modernes sur les points élevés des arrondissements éloignés. Il élargit et modernisa le système de canalisations. La ville ajouta 862 kilomètres de canalisations aux 705 existant. Avant le baron, l’eau aux particuliers n’était pas partout la règle. En effet, pas plus d’une maison sur cinq possédait « l’eau courante » en 1854. De plus l’eau alimente le premier étage, parfois le deuxième étage. Mais pour les étages supérieurs, comme le robinet est dans la cour, il faut monter l’eau avec des seaux. Toutefois, les abonnements à l’eau vont passer de 21 921 en 1960 à 37 889 en 1872. Mais en 1870, l’eau à tous les étages n’est assurée que dans un immeuble sur deux. Enfin, l’autre grand aménagement est les égouts. Haussmann refait et agrandit les égouts existants, crée plus de 100 kilomètres de nouveaux. En 1869, Paris possède un réseau de plus de 560 kilomètres de galeries dont la plupart ont une hauteur de 2 mètres 30 et une largeur de 1 mètre 30. Les grands égouts possèdent en outre un système pour le curage de rails. Les égouts parisiens sont à la pointe de la modernité et sont une installation fondamentale mais qui coûte cher à la municipalité.
Une autre amélioration fut apportée à la capitale : elle concerne les jardins. Jusqu’ici Paris ne possédait que les parcs construits sous l’Ancien Régime à savoir les Tuileries, les Champs Elysées, le champ de Mars et les jardins du Luxembourg. Haussmann aménagea le jardin du bois de Boulogne qui devint vite le lieu de rendez vous le plus élégant de la vie parisienne. Le bois de Vincennes est également au nombre des aménagements pour montrer que l’empereur se soucie des classes populaires. Enfin, deux autres parcs furent créés : les Buttes-Chaumont et le parc Montsouris.

Caricatures sur le macadam :


III- L’architecture nouvelle

A- Généralités sur l’architecture

L’ancienne cité de Paris est transformée au moyen de rues larges et rectilignes où les bâtiments jouent un rôle. En effet, Haussmann isole les monuments importants et en usent en tant que point de fuite des nouvelles voies.
A cette époque, l’architecture évolue considérablement et on commence à avoir une prépondérance de la réglementation. Jusqu’au second empire la réglementation était uniquement en faveur de l’hygiène et de la hauteur des édifices. Le 15 avril 1850, une loi donnait déjà des directives pour la salubrité. Une loi vint la renforcer en interdisant l’occupation des lieux où l’habitation est interdite. Le décret du 10 octobre 1859, la surveillance des immeubles en péril fut confié au service architecture du préfet de la Seine. Ainsi des experts sont nommés dans certains cas et statuent. Le propriétaire doit alors soit réparer soit démolir son bâtiment dans un délai imparti. Toutefois si le péril s’avère imminent, l’administration procède à la démolition sur le champ. Avant le second empire, rien n’impose aux bâtiments une esthétique particulière. Haussmann emprunte donc des voies tortueuses pour influencer la construction parisienne. Mais, dans une circulaire du 5 octobre 1885, il explique que les façades doivent être bâties avec des pierres de tailles qui doivent être ornées. De plus, lorsque la ville vend des terrains elle impose des contraintes. Ces servitudes esthétiques ont permis à Haussmann de donner aux avenues et boulevards de Paris leur aspect uniforme et linéaire. Enfin, à partir d’Haussmann avec l’assentiment de l’empereur, les matériaux s’anoblissent. La pierre a repris sa place.
Deux exigences dominent pour la conception des édifices publics. Il y a d’abord le programme, à savoir les fonctionnalités du bâtiment et l’utilisation de l’espace d’un édifice. Ce dernier tient une place essentielle et est parfois déterminé par le préfet de Police ou élaboré par le préfet en collaboration avec des spécialistes. Ceci se fait pour le cas où c’est l’administration d’Haussmann qui bâtit. En général il n’y a pas de conflits. Haussmann, dans ses programmes se soucie de la sécurité, de la circulation, de la ventilation, du chauffage. A l’époque, les contraintes techniques font que les architectes utilisent de plus en plus le fer. En effet, le fer permet d’obtenir d’immenses surfaces non porteuses ce qui amène une grande quantité de verrières. Toutefois ce recours au fer valorise plutôt le travail de l’ingénieur. Napoléon III, avec son goût et sa foi en le progrès favorise les nouvelles prouesses comme pour les halles. Haussmann accepta ces prouesses mais sans création esthétique. Il demande aux techniques modernes d’apporter le confort maximal aux clients. Il a également un goût très prononcé pour le monumental. Ainsi ce goût se manifeste lorsqu’il dégage le parvis de Notre Dame, déblaie la place du Louvre, édifie un dôme au dessus du tribunal de commerce. Le style de l’époque, le style Napoléon III est l’âge d’or de l’éclectisme.
Le rôle des architectes est mineur dans l’élaboration du plan de Paris. Ils doivent donner une forme rationnelle aux édifices demandés par Haussmann, mais les discussions sur le style à adopter demeurent.

B- Bâtiments publics et bureaux

Haussmann a fait de grands travaux mais a également élevé de nombreux édifices publics. En 1870, selon une statistique religieuse, Paris compte 1 851 792 âmes dont 1 760 168 se disent d’obédience romaine donc catholique. A cela s’ajoutent 19 423 calvinistes, 12 745 luthériens et 9 615 protestants. Les non catholiques comptent 23 474 juifs, 1 572 musulmans ou bouddhistes, 13 995 sont déclarés ne pratiquant aucune religion et 11 041 « inconnus ». L’etat se charge des religions et des lieux de cultes sauf pour les bouddhistes et musulmans. Parvenu à la préfecture, Haussmann fit achever des chantiers d’églises qui ne progressaient plus faute de moyens suffisants. Il fit ériger 6 églises dans le vieux Paris. L’annexion entraîne l’édification d’églises dans l’ancienne province ; L’église Saint Augustin est très particulière d’un point de vue architectural. Elle est bâtie à un endroit étroit ne permettant pas d’ériger des contreforts classiques. Ainsi, en 1862, Haussmann désigne Baltard, homme rompu à l’utilisation du fer, comme architecte. Cet homme propose de soutenir la voûte et le dôme à l’aide de fers et la pierre n’est plus qu’un habillage. Toutefois, les cultes minoritaires sont encore l’objet d’attentions de la part de l’administration. Un temple réformé est bâti, deux synagogues sont construites. Haussmann fait également restaurer des temples.
Des édifices municipaux sont également érigés. Des mairies d’arrondissement sont bâties afin d’être à la hauteur de la nouvelle population et de la nouvelle organisation de la cité. Certaines sont édifiées, d’autres sont agrandies. Haussmann oeuvra également beaucoup dans le domaine scolaire. Il acheta les immeubles qui serviront à agrandir la Sorbonne. De plus, il entreprend la reconstruction de la faculté de médecine. Il restaura ou agrandit des lycées. Haussmann désirait l’école pour tous et voulait que les parisiens puissent choisir entre l’école laïque ou congréganiste. Dans plusieurs quartiers il établit les deux types d’école. Il aida toujours financièrement les deux écoles sans véritablement en privilégier une.
Dès que Louis Napoléon fut président, il organisa l’Assistance Publique. A partir de l’empire et du temps d’Haussmann, cet établissement fut placé sous les ordres du préfet de la Seine. Le directeur de ce service a la charge des secours à domicile, des hôpitaux des enfants trouvés et abandonnés, des orphelins pauvres et aliénés. L’Assistance Publique dirige 8 hôpitaux généraux, 6 hôpitaux spécialisés, 5 hospices, 3 maisons de retraite. De plus elle « possède » dans chaque arrondissement un bureau de bienfaisance. Dès 1854 Haussmann crée un service de traitement à domicile.
Dès le début de sa carrière, Haussmann est préoccupé par la modernisation du service pour les aliénés. Dès son arrivée à Paris, il modifie les établissements de soins. Toutefois, les aliénés sont entassés dans des conditions déplorables. Plusieurs sont envoyés en province où ils sont mieux soignés. Cependant on observe une meilleure guérison à Paris du fait de la proximité de la famille du malade. Haussmann cherche alors des solutions. Grâce à une commission d’enquête l’affaire progressera. Ainsi des centres thérapeutiques, parmi les plus avancés de l’époque en France, sont créés et certains malades sont soignés au sein de leur famille.
Au temps de la révolution le quartier des Halles était encombré et n’était pas une unité architecturale. Plusieurs marchés différents étaient regroupés. Napoléon Ier réorganisa les marchés couverts de Paris. Ils furent bâtis alors dans de nombreux endroits de la capitale. Vers la fin de son règne Napoléon avait prévu un grand projet : une grande halle centrale. La chute de l’empire empêcha la réalisation de ce chantier et c’est sous la seconde république que le premier chantier débuta. Le 15 septembre 1851, le président Louis Napoléon posa la première pierre. Les halles devaient comprendre huit pavillons. Toutefois les qualités esthétiques de l’édifice suscitèrent rapidement des interrogations. En janvier 1853, Napoléon III revisita le chantier et fut horrifié, il suspendit donc la construction. De fait, un nouveau concours pour l’érection de cette halle fut lancé. Baltard sortit vainqueur. De 1852 à 1870 dix des douze pavillons furent bâtis. L’ossature de l’édifice est métallique.
Parmi l’œuvre du second empire le bâtiment le plus remarquable fut l’opéra Garnier. Sa construction commença en 1862 et ne sera achevée le 5 janvier 1875. Cet édifice est le symbole même du faste architectural de l’époque. Cet opéra est le plus grand opéra ancien avec ses 11 000 mètres carrés. Tout est excessif, le grand foyer fait 54 mètres de long et est peint de figures allégoriques. La scène est suffisamment grande pour que 500 personnes puissent évoluer aisément. La salle peut contenir jusqu’à 2500 spectateurs et le lustre éclairant la pièce pèse 6 tonnes. Ce dernier s’effondra en 1896. La façade principale de l’édifice comporte 16 colonnes monolithiques et est ornée par des bustes, des statues, des groupes sculptés. A l’intérieur l’escalier monumental est en marbre blanc. La première pierre de l’ouvrage fut posée en 1862 mais les travaux furent retardés. Lors de la chute de l’empire le chantier fut arrêté. Durant la Commune, les salles servirent de prisons et d’entrepôts. En 1875, l’opéra fut enfin inauguré en présence du président de la république Mac Mahon. Cette ouverture constitua un évènement majeur dans la vie parisienne. Cependant, Charles Garnier l’architecte, ancien protégé de Napoléon III, ne fut pas convié à l’inauguration et dut payer sa loge !


Camille Pissarro, Avenue de l’opéra
Au fond, on peut distinguer l’opéra Garnier en point de fuite


C- L’immeuble Haussmannien

Au XVIII ème siècle l’immeuble est étroit, la façade fait moins de 6 mètres et la profondeur peut aller jusqu’à 40 mètres. A la révolution, on remarque un temps où une fièvre de construction s’empare des bâtisseurs. La révolution vient freiner cette œuvre de construction mais à la fin de la restauration, sous la monarchie de juillet, Paris tenu par les bourgeois se modifie. La maison et l’hôtel particulier cèdent le pas face à l’immeuble bâti pour avoir un revenu. L’architecture se modifie elle aussi mais il demeure un ordre hiérarchique entre les étages. L’entre sol est un étage mais n’est pas affublé de balcons, le premier étage est l’étage noble, et de fait possède un balcon sur toute la largeur. C’est seulement sur la fin du XIXéme que l’apparition de l’ascenseur mettra fin au caractère nobiliaire de cet étage. Les étages au dessus ont des balcons peu profonds et le cinquième étage a un balcon identique au premier. Avec Haussmann, l’ordonnancement régulier reste la règle et les ouvertures sont pratiquées à intervalle régulier : 1,20 mètres de largeur de fenêtre et 1,20 mètres entre chaque fenêtre. C’est un caractère absolument immuable. Toutefois, pour rompre la monotonie dans les rues, on ajoute des pilastres et des colonnes. Souvent la préfecture bâtit les immeubles aux angles des rues nouvelles pour donner le modèle à suivre par les agences immobilières. Haussmann traite avec les grandes compagnies et la docilité de ces dernières fait le bonheur des architectes qui leurs conseillent des décorations et ordonnancements. Ainsi peuvent être créées des rues avec des immeubles identiques et réguliers. Avec Haussmann, l’immeuble n’est plus qu’un élément constitutif d’une rue ou d’un quartier.
Dans l’immeuble avant Haussmann et dans celui haussmannien, on retrouve des éléments de l’hôtel particulier. Le long de la façade noble, on trouve des pièces de réception et on a des parties réservées au maître. Toutefois les classes moyennes ne vont pas avoir de salon. La maison qui sert des intérêts financiers, l’immeuble loué à des particuliers va être le lieu d’habitat de la bourgeoisie parisienne. Le salon, pièce principale, doit être carré. Voici l’une des règles qui régit les différentes pièces : l’appartement est organisé en trois parties, deux sont pour le maître et sa famille, une autre pour les domestiques. Cette division amène une troisième partie avec la cuisine et l’office. On a également des chambres sous les combles. Ainsi, un double escalier est créé avec l’escalier pour le maître et un autre pour les domestiques. A cette époque, le plan en « L » se généralise. Ce plan est bâti autour d’une cour. De plus, à partir de cette période, les classes sociales dans un immeuble vont vers une uniformisation. Le premier étage reste noble, plus riche en apparence. Depuis la rue, les balcons permettent d’établir des différences entre les immeubles. L’immeuble haussmannien est aujourd’hui la trace de l’œuvre du baron.


Rue Monge, exemple d’immeuble hussmannien


Haussmann a été mandé par le pouvoir dans le but d’éradiquer le problème de l’insalubrité et de l’insécurité. En éclairant les rues, les bourgeois et le peuple se sentent plus à l’abri et l’hygiène imposée des nouvelles constructions permet d’éviter de trop fréquentes épidémies. L’urbanisme nouveau avec les grandes voies que nous connaissons encore actuellement permettent une meilleure circulation que dans les rues exiguës héritées du Moyen-Âge mais aussi permettent un meilleur ordre évitant ainsi de nouvelles barricades lors d’insurrections populaires. La destruction de nombreux immeubles et rues mettent en valeur les antiques édifices élevés au cours des siècles précédents et dont s’enorgueillissent les maîtres du pays. Quant à l’immeuble haussmannien, il est encore de nos jours, un symbole de qualité.
Michel Carmona écrit à propos d’Haussmann : « Le temps n’a pas apaisé les passions et certains continuent de voir dans l’haussmannisation l’œuvre criminel d’un Néron des temps modernes, acharné à vandaliser le vieux Paris, valet de la spéculation et bourreau du petit peuple des faubourgs. » En effet, Haussmann eut beaucoup de détracteurs et s’il a relégué les pauvres à la périphérie, il a aussi permis à Paris d’être ce qu’elle est aujourd’hui. Toutefois, Haussmann, un « Néron des temps modernes » serait jugé hâtivement l’homme qui a embelli Paris et donné à une grande puissance, une capitale prestigieuse.
Alors, Haussmann, un administrateur de génie ? Certes on peut le considérer ainsi. C’était un homme énergique, autoritaire, cynique et peu regardant sur les moyens de parvenir à ses fins. Il agissait sans vraiment penser aux habitants dans la mesure où l’expropriation et la destruction ne lui posaient aucuns problèmes. Il a détruit sans remord sa maison natale ce qui traduit justement cette absence d’attachement. Il est indéniable qu’une ségrégation spatiale plus marquée entre pauvres et riches a été amenée par ses travaux mais l’haussmannisation a été développée également dans d’autres villes comme Lyon, Marseille ou Toulouse. En ce cas, pourquoi l’haussmannisation s’est elle répandue si, suivant les détracteurs, elle était un fléau ?























BIBLIOGRAPHIE

Imprimés

Ouvrages
Victor de Laprade. Les Démolisseurs. F Margueron. 1863. 8 p.
Sous la direction de Bernard Valade. Paris. Citadelles et Mazenod. 1997. 494 p. (L’art et les grandes civilisations).
Michel Fleury, Alain Erlande-Brandenburg, Jean-Pierre Babelon. Paris monumental. Flammarion. 1974. 407 p.
Patrice de Moncan, Claude Heurteux. Le Paris d’Haussmann. Les éditions du Mécène. 2002. 232 p.
Leonardo Benevolo traduit par Vera et Jacques Vicari.Histoire de l'architecture moderne, 1-la révolution industrielle. Dunod. 1978. 275 p.
Michel Carmona. Haussmann. Fayard. 2000. 647 p
Gérard Monnier. Histoire de l’architecture. P.U.F. 1994.130 p. (Que sais je ?)
Emile Zola. La Curée. Cercle du Bibliophile. 432 p.
Claude Gauvard, Joël Cornette, Emmanuel Fureix, Emmanuel Le Roy Ladurie. Souverains et Rois de France. Editions du Chêne. 2005. 284 p.

Documents électroniques

http://fr.wikipedia.org/wiki/Image:Rue-monge-angle.jpg


Dim 30 Mar - 20:12 (2008)
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Dim 30 Mar - 20:12 (2008)
Absolution
ModéraTueur


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Message Haussmann ou la modernisation de Paris Répondre en citant
Super article, complet et attrayant.

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" Le cynique, c'est celui qui sait que tout a un prix mais que rien n'a de valeur " O.Wilde

"Déplaire est mon plaisir ; j'aime qu'on me haïsse !" , Cyrano de Bergerac, Edmond Rostand.

Lun 31 Mar - 19:55 (2008)
Elessar
Xanadaute


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Message Haussmann ou la modernisation de Paris Répondre en citant
N'est ce pas ?


Lun 31 Mar - 20:10 (2008)
Divine Comedie
Picture"s Lord


Inscrit le: 08 Déc 2007
Messages: 343
Masculin

Message Haussmann ou la modernisation de Paris Répondre en citant
Si ça à l'aire plus interessant, je le lis à l'occas et réagie... Si je fais ce message s'est pour que tu évites de l'effacer dans un de tes éventuels pétages de plomb ou même avant qu'un modo le suprime.

ciao


Lun 31 Mar - 21:00 (2008)
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Message Haussmann ou la modernisation de Paris

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