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Le monde hellénistique et Chronologie

 
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Le monde hellénistique et Chronologie
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Elessar
Xanadaute


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Intitulé exact : culture grecque/culture hellénistique : différences et ressemblances

Chronologie- De -323 à -280 : la formation des grands empires
Introduction

1ere partie- L’ouest du monde hellénistique
I- Athènes
A- La pensée grecque, les nouvelles philosophies
B- Athènes, la Grèce, le royaume de Macédoine
1- Antigonos III Gonatas et ses successeurs
2- Philippe V et les deux premières guerres de Macédoine
3- La fin du règne de Philippe V et le règne de Persée
II- Pergame
A- L’autel de Pergame
B- Généralités sur la sculpture hellénistique
C- L’architecture d’apparat
D- Pergame et son royaume
1- L’essor du royaume de Pergame
2- Faits marquants de l’histoire du royaume sous Eumène II

2eme partie- L’est du monde hellénistique
I- Séleucie, centre administratif : fonctionnement des monarchies hellénistiques
A- La solution séleucide en Asie
1- L’administration du territoire
2- Le pouvoir central et le gouvernement territorial
B- Caractéristiques d’un Etat hellénistique
II- Séleucie, centre économique : l’économie hellénistique
A- Une économie séleucide
B- L’économie dans le monde hellénistique
III- Séleucie, capitale orientale de l’empire Séleucide, l’histoire de l’empire
A- Antiochos Ier
B- Les problèmes des terres orientales du royaume de Séleucos Ier à Séleucos III
C- De Antiochos III à Antiochos IV ou la décadence de l’empire

3eme partie- Le sud du monde hellénistique
I- Alexandrie, capitale des lagides
A- La ville et ses monuments remarquables
B- L’architecture urbaine
C- Les cultes et croyances à Alexandrie
II- Alexandrie, cité des sciences
III- Alexandrie, capitale de l’empire lagide : les guerres de Syrie
A- Les trois premières guerres de Syrie
B- La quatrième guerre de Syrie
C- La crise de la puissance lagide et les quatrième et cinquième guerres de Syrie


Chronologie : du IIeme siècle à la totale disparition des grands empires
Conclusion


INTRODUCTION

La bataille de Aïgos Potamos avait mis un terme à l’hégémonie Athénienne et à la guerre du Péloponnèse tout en sonnant le glas de la Grèce indépendante. En 356, naquit celui qui allait faire basculer la Grèce dans une autre époque, il était le Alexandre, fils de Olympias et de Philippe II, roi de Macédoine. Ce dernier, habile stratège et diplomate, sût habilement profiter de ce désordre pour repousser les frontières de ses terres. Le souverain macédonien entre alors sur la scène politique et sa puissance ne cesse de croître au dépend des cités d’antan. En 338, Philippe conduit à la guerre son armée. En ce jour à Chéronée, les forces grecques se dressent comme ultime rempart de la liberté. Alexandre, âgé de 18 ans, commande la cavalerie, annihile totalement les bataillons sacrés des Thébains, réputés invincibles. La portée de son acte est double : la victoire est pour Philippe et l’hégémonie macédonienne est double. De plus, ce courage augure l’époque hellénistique. Suite à l’assassinat de son père, Alexandre entreprend de « venger les cités grecques », et part à la conquête du puissant et immense empire Perse. Cette conquête se fait par l’épée, et grâce à sa stratégie militaire, les victoires se succèdent. Granique, Issos, Gaugamèles assure à Alexandre le commandement d’un empire des plus grands du monde. Il l’étend encore par la conquête de l’Inde. Le 13 juin 323 le grand conquérant s’éteint. Il a rêvé la synthèse de la culture grecque et orientale. Malheureusement ses successeurs ne le suivront pas dans son entreprise. Ces derniers préfèreront assurer solidement leur pouvoir sur les territoires qu’ils leur ont été attribués suite au partage de l’empire d’Alexandre. Les monarchies hellénistiques n’auront de cesse de guerroyer jusqu’à l’arrivée des Romains. La culture et les arts vont évoluer et malgré le contexte permanent de guerre, on constatera un étonnant fleurissement des arts. Du fait que les nouveaux monarques, maîtres d’une partie de l’empire d’Alexandre qui couvrait une grande partie du monde, sont macédoniens et donc empreints de la culture grecque nous pouvons alors nous interroger sur les différences et ressemblances entre la culture grecque et la culture hellénistique. Cependant, les domaines artistiques touchés par cette évolution dûe à la période hellénistique sont si nombreux qu’ils seraient difficiles de les étudier tous en même temps. Cependant, certaines villes sont le centre d’un domaine artistique particulier. C’est le cas pour Athènes, centre de la philosophie, Pergame, centre architectural et sculptural. Enfin, Séleucie du Tigre, capitale orientale de l’empire séleucide montre la structure administrative et économique d’un Etat hellénistique. Alexandrie, quand à elle, est un exemple d’architecture urbaine et un foyer des nouvelles croyances hellénistique. Ainsi, pour voir les différences et ressemblances entre la culture grecque et la culture hellénistique, nous nous intéresserons à ces quatre villes et à leurs domaines particuliers. Toute culture s’inscrivant dans un contexte historique particulier, nous suivrons également l’histoire des grands royaumes hellénistiques. Ainsi, en première partie, nous verrons l’ouest du monde hellénistique avec Athènes et Pergame et leurs domaines artistiques particuliers ainsi que les royaumes encadrant ces royaumes a savoir le royaume de Macédoine et celui de Pergame. En seconde partie, nous verrons l’ouest du monde hellénistique avec Séleucide du Tigre permettant d’étudier l’administration et l’économie hellénistique ainsi que le royaume séleucide dont la partie orientale était tenue par cette ville. En dernière partie, nous étudierons Alexandrie, foyer des croyances nouvelles et un exemple d’architecture urbaine ainsi que les guerres de Syrie qui ont marqué l’empire lagide. A partir de -280, les monarchies hellénistiques, du fait de la disparition totale de tous les successeurs potentiels d’Alexandre, tendent à se constituer en empires autonomes. Ainsi, l’histoire des royaumes hellénistiques sera étudiée de -280, date de mise en place véritable de ces nouvelles monarchies jusqu’au II ème siècle avant J-C, siècle de déclin des monarchies hellénistiques.


1ere partie- L’ouest du monde hellénistique

I- Athènes

A- La pensée grecque, les nouvelles philosophies

A l’origine, la science grecque était inséparable de la philosophie. Mais pendant la période hellénistique, avec les progrès que la philosophie effectuait, elle tendait vers la constitution d’une discipline autonome. Athènes, comme à la période classique, demeura le centre de l’activité philosophique. Là fonctionnait, organisés en de petites républiques intellectuelles qui élisaient leurs scholarques, l’Académie platonicienne et le Lycée se rattachant à l’enseignement d’Aristote. Là aussi, le phénicien chypriote, Zénon, vint enseigner à l’Agora, sous le portique (stoa) ce qui donna son nom à la doctrine et aux membres de stoïcienne/stoïciens. C’est là aussi que l’Athénien Epicure réunit ses disciples dans le « jardin ». Il n’y a pas vraiment un monopole athénien sur la philosophie puisque ces groupes de philosophies essaimèrent également dans tout le monde hellénistique. Mais c’est là que les philosophes furent les plus nombreux et reçurent le plus d’élèves et le plus d’honneurs. D’ailleurs, ce fut les chefs des trois grandes écoles de philosophie (Carnéade de Cyrène le chef de l’Académie, , Critolaos de Phasèlis chef du Lycée et le stoïcien Diogène de Babylone) qui furent envoyés comme ambassadeurs à Rome ce qui est évidemment un grand honneur. Athènes était alors le siège d’une « faculté de philosophie » demeurée sans égale jusqu’à la fin de l’Antiquité.
Il s’agit d’enseignement plus que de créations originales. Après un épanouissement spectaculaire à la fin du IV eme et au début du III eme siècle, la science de la philosophie perdit beaucoup de sa créativité. Il ne reste que l’ardeur initiale venant de la période classique grâce à laquelle la période hellénistique a pu considérablement enrichir et transformer l’apport de l’époque classique. On retrouve dans les tendances générales de la philosophie hellénistique un reflet des conditions nouvelles de vie. Quelques écoles opposent le monde à la cité (composant eessentiel de l’époque classique) et tirent toutes les conséquences de l’élargissement politique. La philosophie de l’époque classique était centrée sur les grandes questions existentielles et sur la polis (la cité de l’époque classique) et trouvait peu de valeurs dans tout ce qui n’était pas grec. La philosophie de la période hellénistique est bien différente de cela : elle est plus ouverte aux autres et est plus individuelle et plus universelle à la fois. Malgré leurs divergences, toutes les philosophies cherchaient à définir ce qui pouvait rendre les individus heureux.
Le cynisme
Le cynisme survivait à Diogène et deux anciens esclaves ajoutèrent aux prédications de mendiants, l’action de leurs écrits. Ceux-ci constituaient le plus souvent des railleries. Le cynisme défini par Diogène de Sinope (415-327) est fondé par le refus des conventions et la recherche de liberté ; or pour les cyniques l’homme ne peut être heureux que si il est libre et cette liberté est restreinte par les biens matériels et les conventions c'est-à-dire la vie dans le milieu de la société. Pour pouvoir être libre, il faut donc s’affranchir de la vénalité de la soif d’honneur et des contraintes sociales et morales. L’école cynique refuse donc la famille, le travail et la cité. Ils allaient avec des vêtements en lambeaux, mangeait, dormait et vivait l’intégralité de leur vie en public. Par exemple, Diogène vivait à Athènes dans un tonneau et mendiait. Ils s’affranchissaient du désir et des biens matériels, ils étaient libres et à les en croire, heureux. Mais, derrière ces apparences extérieures de rupture violente avec les conventions, derrière cette affectation d’irrespect poussée volontairement jusqu’au scandale il y avait chez ceux qui ne devinrent pas de simples charlatans un idéal noble de la sagesse et la volonté de l’effort de s’affranchir de tout ce qui est l’essence humaine. En grec le mot cynisme a la même étymologie que chien : le terme de chien leur était donné car on croyait qu’il se comportait comme des animaux.
Le scepticisme
Le scepticisme a été développé par Pyrrhon d’Elis (365-275) un contemporain d’Alexandre qui l’a suivi en Asie. Il a commencé par recommander une règle de vie. Celle-ci insistait dans l’indulgence et la soumission aux usages, sur l’équilibre de l’âme et sur la quiétude de l’esprit. Cette règle, conquise par la logique, devint doctrine. Les sceptiques pensaient que la seule réponse rationnelle dans une situation où l’on ne comprend pas est de suspendre son jugement. Les sceptiques jugeaient que toute idée avait sa contrepartie et toute vision son contraire. Donc de façon générale ils pensaient que nous ne pouvons atteindre ni des certitudes, ni la vérité. Les tentatives par les humains d’atteindre la connaissance ou la vérité conduisent à un état malheureux. Ils pensaient que confusion et angoisse venaient chez les humains lorsqu’ils cherchaient la vérité, des certitudes, à atteindre des dogmes. Selon eux, en suspendant le jugement on arrivait selon eux à la paix de l’âme (ataraxia) et au bonheur. Ainsi les sceptiques proclamaient que le jugement comme les sensations se trompent. Ainsi, il faut se taire face aux querelles des philosophes. La connaissance et la vérité objectives n’existaient donc pas pour les sceptiques. Ces derniers préconisaient de suivre le mouvement général, d’agir comme les autres non parce qu’ils avaient raison mais pour minimiser les difficultés. Lorsqu’un malheur arrivait, il convenait de ne pas s’en soucier car on ne pouvait pas savoir si ce n’était pas pour notre bien. Le scepticisme allait bien dans son temps : on était à une époque où les sciences montraient que des vérités n’étaient plus vraies, qu’il fallait se méfier des théories. Les idées contraires fleurissantes avaient généré le doute. De plus nouveau pour les cultes étrangers avaient remis en question des questions mythes ancestraux.
L’épicurisme
Beaucoup d’écrits ont énoncé des informations erronées sur la doctrine d’Epicure en affirmant que c’est la recherche effrénée du plaisir. Le but premier d’Epicure était de libérer l’homme des craintes auxquelles il doit faire face. Il voulait libérer les hommes de la crainte des Dieux. Il ne niait pas leur existence mais l’oisiveté dans laquelle vivait l’homme excluait le surnaturel. Il pensait que tout n’était que hasard et pensait que l’homme comme l’âme n’était que des agrégats d’atomes (il reprenait la théorie de Démocrite sur les atomes). Selon lui, la mort dissolvait les agrégats et donc il n’y a pas d’au-delà et la terreur vis-à-vis de cela est injustifiée. Les craintes Epicure veut libérer les hommes dérangeaient selon lui la quiétude de l’esprit et menaient à l’angoisse et à la perte du bonheur. Pour Epicure, le plaisir et la douleur sont le plus grand bien et le plus grand mal. Le bonheur vise à conquérir ses craintes, à minimiser les difficultés et la douleurs, à augmenter les plaisirs. Plus simplement, le corps ne doit pas souffrir et l’âme ne doit pas être troublée. De plus, les dieux ne doivent pas être craints : les hommes et leur sort ne dépendent pas d’eux. La douleur éphémère nous fait apprécier la santé, si elle ne l’est pas, elle est fatale. A partir de là, la voie est libre pour la conduite d’une vie dont le but est le plaisir. Bien sûr, il faut distinguer le vrai plaisir selon le critère de l’absence de désir et de douleur. Epicure distingue donc trois désirs de natures diverses qu’il faut combler pour atteindre le vrai plaisir. Il y a d’abords des désirs naturels et nécessaires : il ne faut pas avoir ou faim ou soif. Si cela n’est pas comblé, la douleur surviendra. Il y a ensuite des désirs naturels mais non essentiels : ce sont ceux liés à ce qu’on voit, entend, mange, ressent,… Cependant si on ne les assouvit pas la douleur ne vient pas. Et puis il y a les désirs associés à l’âme qui sont vains et qui mènent vers l’angoisse : désir de gloire, de puissance, de biens,… Le sage devait combler tous ces désirs et atteignait le vari plaisir.
Le stoïcisme
Le stoïcisme est la philosophie hellénistique qui obtint le plus de succès. Elle eut un gros impact chez les Romains et des éléments de cette philosophie se retrouvent dans la doctrine du christianisme. Son fondateur est Zénon de Citium (336-264). Il prêchait que l’univers était dominé par des lois immuables qui venaient de la Raison Divine. Celle-ci établissait ordre et harmonie ici bas. Ainsi, le stoïcisme condamnait le hasard dans lequel il ne voulait voir que l’inexpliqué. Son monde était donc organisé et mû par cette Raison Divine en partant comme Héraclite, l’avait déjà pensé, du feu primordial. L’homme était fait d’un corps pénétré d’une âme, qui était un souffle ardent animé d’intelligence. Cette sorte de cosmogonie allait donc bien avec un optimisme absolu car tout résultait d’un enchaînement logique. Zénon prêchait que le devoir de l’individu était de vivre conformément aux lois de la nature c'est-à-dire en accord avec l’ordre de ce monde qui amenait à tendre vers la prfection. Ainsi, l’harmonie de l’individu avec les lois de la nature amenait forcément à la quiétude d’esprit et donc à au bonheur. L’homme obtient ce bonheur en méprisant les biens, les souffrances et les sentiments. Ainsi, l’individu obéit à la raison ce qui lui permet de pratiquer la vertu : à ce prix seulement, l’homme est riche bien que pauvre, libre bien qu’esclave, heureux malgré la mort, la torture et la maladie. Ainsi, les individus doivent accepter les infortunes avec patience et les bienfaits avec humilité. Cela crée un état qu’ils appelaient « absence de passions » (apatheia). Les nombreux adeptes de cette philosophie recherchaient donc sagesse, bonheur et vertu. Dans la réalité, il fallut adapter ce strict et hautain idéal. On admit donc que certains biens comme la santé, la beauté, la joie et la force n’étaient pas méprisables. Le stoïcisme, à l’inverse de l’épicurisme, ne prônait pas le retrait indifférent aux affaires politiques. Ainsi, le stoïcisme pu attirer et garder de nombreux adeptes qui, parfois avec une grande noblesse, firent de leur mieux pour respecter leur idéologie. De plus, le stoïcisme, à l’inverse de l’épicurisme, ne s’enferma pas dans une doctrine trop étroite et dictée uniquement par l’enseignement du fondateur, Zénon. Après ce fondateur, il y eut comme chef prestigieux de l’école, le Cilicien Chrysippe, puis Panaitios de Rhodes. Ainsi, le stoïcisme et sa doctrine évoluèrent. Le Portique eut une grande influence non seulement à son époque mais aussi plus tard, dans l’empire romain : des rois et empereurs adoptèrent l’idéologie de la philosophie stoïcienne comme Antigonos III Gonatas (souverain macédonien) et Marc Aurèle (empereur romain).

B- Athènes, la Grèce, le royaume de Macédoine

1- Antigonos III Gonatas et ses successeurs

La macédoine est le moins bien connu des trois grands royaumes hellénistiques.La situation est très obscure au moment où Antigonos III Gonatas s’y installe après avoir vaincu les gaulois. La première chose à faire était de se débarrasser de ses rivaux, parmi lesquels Antipatros et Ptolémée. Il y avait aussi un aventurier grec, Apollodore qui avait une bonne situation stratégique. Nous savons peu de choses sur le « nettoyage » effectué. Mais Gonatas devait aussi rétablir une administration, ce qui nécessita beaucoup de tact et de sollicitude. En effet, il devait se faire accepter dans un pays épuisé et anarchique. Nous savons peu de choses sur les mesures. En Grèce, Gonatas tenait une place stratégique, Corinthe, et s’était contenté de s’y maintenir avant de tenter sa chance surtout en Asie mineure. Il avait laissé ce soin à son fils. Ce n’était pas un empire mais une route maritime : Corinthe barrait l’accès nord à toute armée désirant sortir du Péloponnèse. L’agitation de Sparte sous Aréus I pouvait lui faire craindre des ralliements et il avait intérêt de se maintenir à Corinthe. Et comme on ne pouvait y accéder que par mer, il fallait tenir Chalcis coupant le passage et tenir le golfe Saronique ou s’assurer l’amitié d’Athènes. De plus, dès 276, Gonatas avait rétablit son autorité sur la Thessalie. Au début de son règne, Gonatas s’oriente vers la paix avec le Séleucide ce qui lui permet de laisser les affaires du nord est. Avec la Thessalie, il maintient solidement ses bases de Grèce centrale qui ouvrent vers le Péloponnèse.
De retour en Epire en 275, Pyrrhos ne manifeste pas ses intentions clairement à l’égard de la Macédoine. Ses échecs occidentaux ne l’ont pas fait renoncer à un agrandissement extérieur, au contraire. Ses prétentions macédoniennes passent au premier plan. Rentré d’Italie avec peu de forces, Pyrrhos se jette pourtant tout de suite sur la Macédoine. Ceci s’explique par les finances aux abois de Pyrrhos qui avait intérêt à trouver des finances pour éviter que son armée ne se débande. Pyrrhos effectua des raids de pillage et les régions attaquées, au lieu de résister se rallièrent à lui. Gonatas accourut et se fit écraser, il dut se retirer précipitamment. En quelques semaines, une grande partie de la Thessalie et la Macédoine changeait de maître. Pour Gonatas tout était remis en cause. Il déploya toute son énergie pour ne pas perdre pied. Dès 273, avec des mercenaires, il revenait à la charge pour se faire à nouveau écraser. En 272, Gonatas réussit à s’imposer en Macédoine et était le nouveau maître. Ceci s’explique par les ultimes aventures de Pyrrhos. Il tente en vain de prendre Sparte et est contraint d’effectuer une retraite, il pense pouvoir s’installer à Argos. Durant cette retraite, Ptolémée, son fils, périt et à Argos Gonatas attend. Pyrrhos lance imprudemment l’assaut et tombe. Gonatas avait récupéré son royaume et l’usurpateur était mort.
Victorieux, Gonatas n’avait plus qu’à régler les affaires de Grèce et d’Epire. On connaît peu les mesures prises dans le Péloponnèse. L’ordre macédonien semble s’être rapidement rétablit au nord du Péloponnèse. En tout cas, au cours des années 274-272 la prudence caractérise la politique de Gonatas. Sa situation demeurait instable. Il lui fallait ne rien brusquer et retourner dans son royaume où la fidélité est si vacillante.
Gonatas allait bientôt devoir affronter une guerre. Au lendemain de sa victoire, le souverain entreprit de restaurer la puissance navale macédonienne. Il y avait de quoi inquiéter le protecteur lagide des îles qui était aussi le maître de places littorales anatoliennes et l’ennemi d’un Antiochos, ami de Gonatas. La guerre allait donc se jouer sur mer. Cette menace explique pourquoi Ptolémée Philadelphe chercha à fixer Gonatas en Europe par une agitation grecque. Areus Ier de Sparte, dont seule l’intervention de Gonatas avait maintenu sur le trône se retourna contre son défenseur. Bien sur, il était encouragé par Philadelphe. Areus s’efforçait de jouer au souverain hellénistique dans le Péloponnèse. Athènes était aussi anti-macédonienne. Une coalition se noue donc autour de l’Egypte. Ce sont essentiellement des états Péloponnésiens qui acceptent l’alliance. L’alliance générale est connue du fameux décret que l’Athénien Chrémonidès fit voter à ses concitoyens. C’est une déclaration de guerre.
Les opérations de la guerre qui commencèrent probablement vers 237 et finirent vers 261/262 sont mal connues et surtout sur mer. La possession de Corinthe prouve son utilité : malgré plusieurs tentatives les péloponnésiens ne peuvent faire jonction avec les Athéniens et Areus périt en essayant de forcer le passage en 265. La coalition tomba et les Athéniens subirent un siège. Alexandre II fils de Pyrrhos voulut en profiter pour envahir la Macédoine mais ne réussit pas. L’aide ptolémaïque ne gêna pas les communications maritimes avec Gonatas et ne put aider Athènes. Celle-ci capitula en 263/262. La guerre termina vers cette date mais on n’en sait pas davantage. A la fin de la guerre, Gonatas ne prît aucune mesure pour modifier la situation dans le Péloponnèse. La mort d’Areus avait mis fin aux tentatives de rétablissement de l’hégémonie Macédonienne. En revanche Athènes et l’Attique furent soumis à une occupation militaire. Quand à la situation en mer Egée, nous ne savons pratiquement rien.
Après la guerre, mourut Cratère qui commandait la région isthmique (avec Corinthe). Ce fut son fils qui prit la succession. Cratère avait exercé son pouvoir avec une réelle fidélité dynastique. Or son fils, Alexandre, se révolta contre son oncle Gonatas. Cette sécession est extrêmement grave car Gonatas perd les deux entraves principales de Grèce : Chalcis et Corinthe. Gonatas finit par vaincre le rebelle qui avait réussi à entraîner de nombreuses personnes derrière lui. Gonatas réussit à reprendre Corinthe et les terres qu’Alexandre s’était approprié. Ce rétablissement est pourtant provisoire. Il existait alors une ligue : la confédération Achaïenne qui avait pris parti pour Alexandre et qui allait jouer un rôle important. Aratos conduisait l’armée de cette ligue. En 243, il lança une attaque soigneusement montée contre Corinthe. Il réussit complètement. Gonatas perdait à nouveau la région isthmique. Le souverain semble avoir renoncé à agir en Grèce dans ces dernières années. Gonatas entre temps semble s’être allié à la confédération Etolienne rivale de la ligue. Or Aratos dans une bataille tomba sur les Etoliens et en fit un grand carnage. Ceux-ci firent la paix à laquelle semble s’être joint Gonatas. Débarrassé du souci étolien, Aratos tenta de réduire Argos et Athènes qui était toujours sous l’influence macédonienne. Si vraiment Gonatas s’était joint à la paix, Aratos n’hésita pas à la violer ici. Les Achaïens ne purent cependant pas faire main basse sur Argos pas plus que sur Athènes. Antigonos Gonatas meurt fin 240/début 238. Le règne de Gonatas semble s’être contenté de conserver le royaume de Macédoine.
La succession a lieu sans heurt : Démétrios II prend sa succession. Durant son règne va avoir lieu « la guerre démétriaque ». La confédération Etolienne qui avait éviter les conflits avec la Macédoine était aller jusqu’à s’allier avec Gonatas. Mais en 239, elle change de camp et s’allie avec Aratos contre Démétrios. La guerre Démétriaque contre les Achaiens et les Etoliens coalisés débute en 239. Le règne de Démétrios s’acheva en débâcle. An début en 229, le roi succombe : battu par les barbares il laisse un fils mineur, Philippe V. Le royaume est encerclé par le nord par les Dardaniens, la Thessalie se révolte et les Etoliens se précipitent sur l’aubaine.
La situation est alors extrement critique dans le royaume. Il fallait un roi. Le choix des Macédoniens se porte sur Antigonos III Dosôn. Il fut proclamé stratège et tuteur du petit roi. Au début il n’est que régent mais après quelques années, il semble avoir la souveraineté totale. La première tache qu’exécuta Dosôn fut d’enrayer l’invasion dardanienne. Athènes fit alors défection en achetant sa liberté au commandant macédonien. Pourtant elle ne se rallia pas aux Achaïens. La Macédoine était en train de perdre toutes ses possessions en Grèce. En 229, Dosôn réagit immédiatement en lançant une campagne contre les Etoliens. Dès 228, il avait récupéré la Thessalie presque en entier. Dosôn finit par arriver à stabiliser la situation de la Macédoine. Dosôn sans doute proclamé roi en 227 pouvait se tourner vers d’autres horizons et vers l’Asie. Dosôn mena dans son règne la guerre cléoménique (contre Cléomène IV de Sparte) durant laquelle il s’allia avec ses vieux ennemis, les Achaïens. Cléomène fut finalement écrasé à Sellasie en 222. Sparte fut pour la première fois pris par un adversaire. Dosôn est emporté par phtisie en 221.
Le royaume de Macédoine, grâce à cet homme a pu être restauré et la tentative d’hégémonie spartiate est brisée.

2- Philippe V et les deux premières guerres de Macédoine

Philippe V a dix sept ans lorsqu’il accède au pouvoir. Il doit d’abord faire face à une guerre contre les Etoliens. La paix de Naupacte fut finalement conclue en 217. Politiquement et territorialement, cette paix ne pouvait satisfaire personne. Les belligérants y virent simplement un moyen de cesser les hostilités. Philippe V part ensuite en guerre contre l’Illyrie et les succès qu’il remporte le rapprochent de territoires illyriens sous protectorat romain. Il décide de s’y attaquer. Cependant, Philippe V se retire. En 217, Philippe qui a essayé de s’emparer du protectorat d’Illyrie sans succès, spécule sur une victoire d’Hannibal sur Rome. Il se lie donc avec Hannibal. Les clauses de caractère général consistent à s’entraider dans de futures guerres. Le traité a une portée limitée pour l’immédiat. Or il y a également une clause qui permet aux contractants de se retirer quand il sera temps d’appliquer le traité. En 215 ce qui intéresse les deux partis, c’est la guerre contre Rome mais avec des horizons différent. La Macédoine devait fournir une aide militaire en Italie en échange d’une garantie diplomatique en Illyrie.
A Rome on se résigna à se battre en Illyrie. Philippe fut d’abord retenu par des complications Péloponnésiennes mais en 204 il put commencer ses opérations en Illyrie. Lorsqu’il commence les opérations et le Péloponnèse lui est hostile sinon ennemis. Ayant attaqué par mer Apollonie et Orikos, Philippe fût surpris par une escadre romaine. Il fût contraint de brûler sa flotte et de revenir au pays par terre. Nous ne savons rien des campagnes menées jusqu’au jour où Philippe s’empare de Lissos. Cela lui permet d’obtenir la soumission des populations Illyriennes alentour. Ces opérations qui eurent lieu vers 213/212, menaçaient le protectorat romain. Or Rome n’avait pas la force d’envoyer des armées en Illyrie et dût donc trouver des alliés grecs.
Rome trouva ses alliés en la personne des Etoliens. Rome s’adressait à la force grecque la plus puissante et la plus à même de causer des ennuis à Philippe. Une alliance fût scellée en 210. Par là, les Etoliens s’engageaient à attaquer par terre et Rome à leur fournir un appui naval. Le conflit s’étend rapidement et d’autres se’ rangent aux cotés des Etoliens. Après 208, les Etoliens relâchent leurs efforts et Attale Ier aidant les Etoliens regagne l’Asie. A partir de 207, Rome marque moins d’intérêts pour cette guerre et laisse les Etoliens, Philippe et leurs alliés respectifs s’arranger seul. La confédération Achaïenne alliée de Philippe écrasa les Spartiates en 207 à Mantinée et priva les Etoliens de leurs principaux alliés péloponnésiens. Les Etoliens ne pouvaient lutter seul et traitèrent en 206 acculé à leur capitale fédérale Thermos. Les conditions furent extrêmement dures : Philippe les expulsait de Thessalie, les écartait de l’Egée.
En négligeant la guerre, Rome ne pensait pas que la confédération achïenne pu renaître ni que les Etoliens violant le traité de 21 fissent la paix séparément. Philippe pouvait reprendre son offensive en Illyrie, Rome y envoya une forte armée et au lieu de combattre le macédonien négocia. C’est la paix Phonikè faite en 205. L’Illyrie est partagée.
Après la paix de Phonikè, Philippe V se lança dans une campagne en Asie mineure. Mais celle-ci tourna court et il dut rentré en Europe car les états attaqués avaient fait appel à Rome et fut mis en fuite. De retour en Europe, il allait devoir affronter la seconde guerre de Macédoine.
Rome reçoit les ambassades de Rhodes et d’Attale Ier qui les priaient d’intervenir contre Philippe V. Au printemps de 200, des légats abordent les Balkans. Ils adressèrent un ultimatum à Philippe. Le roi était prié de ne plus faire la guerre à aucun état grec et de ne plus toucher aux possessions Ptolémaïques (ce qu’il était en train de faire) et aussi qu’il devait se soumettre à un arbitrage pour les torts infligés à Attale. S’il ne s’exécutait pas, ce serait la guerre. Philippe n’a évidemment nulle intention de s’exécuter et la guerre est déclarée en 200.
Jusqu’à la fin 199, Philippe réussit à empêcher le romain Sulpicius de profiter de ses succès qu’il a obtenu en tentant d’envahir la macédoine par l’ouest. Le successeur de Sulpicius ne fit rien ou presque. Il fut sans doute très heureux de passer son commandement lorsque T. Quinctius Flaminius son successeur arriva.
Si Philippe avait cru pouvoir reconclure une paix comme Phonikè, il se trompait lourdement et il ne pouvait à présent que rejeter les injonctions romaines. Il avait affaire à un personnage d’une autre trempe que les autres. Flaminius le contraignit à se retirer en Thessalie. Les forces romaines, étoliennes et des forces athamanes se jetèrent ensemble sur la région. Flaminius n’insista pas car les forces thessaliennes tenaient bien la région et Philippe pratiquait la tactique de la terre brûlée. Ce fut alors que les Achaïens et les Epirotes trahirent Philippe. L’année 198 s’achevait mal pour le souverain macédonien et il se résolut à traiter. Les partis adverses se rencontrèrent à Nicée en Locride. Flaminius réitéra les exigences romaines du début de la campagne est demanda en plus la restitution des terres illyriennes et accepta les revendications des Grecs. Ces conditions isolaient Philippe en Macédoine et bien sûr cela lui parut inacceptable. Philippe ne pouvait accepter qu’on lui retirât les places conquises et les deux entraves de Grèce à savoir Corinthe et Chalcis. Finalement, des ambassadeurs macédoniens furent envoyés au Sénat pour traiter mais Rome engagea bientôt la rupture des pourparlers. La guerre allait continuer.
Philippe au retour de l’ambassade qu’il avait envoyé à Rome, compris que Flaminius voulait gagner du temps (on était alors en pleine période électorale). Une fois que Flaminius serait fixé sur son avenir politique, alors ce serait l’épée qui trancherait les problèmes. Cela, Philippe l’avait fort bien compris et il entreprit de rassembler une armée de fortune : l’âge inférieur de ses soldats était de seize ans… il réussit tout de même à mettre sur pied une armée de 25 000 hommes. Flaminius, au début de 197 s’employa à détacher Philippe de ses derniers alliés. Il réussit pleinement dans cette action. Il avait des effectifs légèrement supérieur à ceux de Philippe. Le proconsul passa alors en Thessalie. La bataille décisive eut lieu à Cynoscéphales, dans la région de Phères. Les deux adversaires se heurtèrent dans le brouillard. Ce fut une bataille confuse et longtemps incertaine mais finalement Philippe fut écrasé. Cynoscéphales est une catastrophe mais elle n’est pas isolée : Corinthe est prise et les Acarniens, derniers alliés, sont écrasés. Enfin, les Dardaniens, voulant profiter de la situation, envahissent la Macédoine par le Nord. Philippe dans un suprême effort parvint à les repousser. Les négociations s’engagèrent alors avec Rome.
Philippe consentit à évacuer la Grèce, ses possessions d’Asie et à restituer les prisonniers et les bateaux pris pendant la guerre. Le Sénat ratifia la paix tout en ajoutant en plus une indemnité de guerre et la livraison de la flotte macédonienne. La royauté de Macédoine n’est quand même pas ruinée mais ses territoires deviennent peu nombreux et la Grèce obtient l’indépendance.

3- La fin du règne de Philippe V et le règne de Persée

Après Cynoscéphales et la paix, Philippe entreprit une restauration intérieure du royaume. Il prit des mesures économiques et sociales. En 197, Rome avait réussi à rétablir les frontières « originelles » de la Macédoine et à proclamer la liberté des Grecs. Elle avait cependant dû payer l’aide de Philippe dans la guerre antiochique en le laissant reprendre pied en Grèce septentrionale. En 189, Philippe avait fini de prendre les places séleucides de Thrace et s’y maintenait malgré l’interdiction de Rome. Eumène II protestait donc car la paix d’Apamée prévoyait de lui laisser ces régions. Eumène et les Thessaliens protestaient contre les agissements de Philippe et s’employaient à envenimer les relations entre Rome et Philippe. Ces deux paris ainsi que d’autre peuples envoyèrent des ambassades à Rome pour dénoncer les usurpations de Philippe. A Tempé, en 185, les ambassades des divers peuples justifièrent leurs revendications face à Philippe. Ce dernier s’emporta et la méfiance romaine prévalue. Les commissaires exigèrent l’évacuation de toutes les places contestées. Philippe s’exécuta mais pas intégralement. Le Sénat, pour éviter qu’il ne s’énerve, ne dit rien sur cette entorse aux décisions prises. Ensuite, ce fut Eumène qui se plaint et malgré l’injonction du Sénat de proclamer les deux places contestées libres, Philippe s’y maintint. Mais il dû ensuite céder et évacuer les deux cités. Ces problèmes assombrissaient les rapports entre Rome et la Macédoine. En 179, le vieux roi meurt et Persée prend la succession.
Rome nourrissait sans doute l’espoir que ce serait Démétrios, un fils à Philippe, un inoffensif client de surcroît qui prendrait la succession. Ce ne fut pas le cas. Persée demanda le renouvellement de l’alliance avec Rome et sa reconnaissance en tant que successeur légitime. Rome accéda à ces deux demandes. Persée dû affronter alors une invasion Thrace qu’il parvint à repousser. Il s’employa également à consolider sa position à l’intérieur du royaume car il y avait des troubles dus à la politique fiscale de Philippe et au fait que Démétrios était suivi par toute une faction. Il se posa donc en souverain libéral ce qui surprit favorablement l’opinion. Persée entreprit des actions pour rehausser le prestige macédonien et saper la popularité romaine. Rome ne réagit pourtant pas à ces interventions. Persée effectua alors des alliances avec la Bithynie et avec l’empire séleucide par le biais de mariage : en 177, il épousa Laodice la fille de Séleucos IV et donna sa sœur Apama à Prusias II de Bithynie. Finalement, Séleucos IV fut assassiné et Antiochos IV le remplaça sur le trône. La volonté d’alliance était brisée. Persée s’était conduit imprudemment sans prendre en compte Rome. Si sa politique asiatique n’était pas explicitement dirigée contre Rome, elle remettait en cause l’ordre romain en Orient et cela était d’une grande imprudence. Jusqu’en 174, Rome menait une politique passive à l’égard de Persée. Pourtant cette année là, le roi macédonien tenta d’obtenir l’amitié achaïenne et cela dû faire impression à Rome. Vers cette époque, le Sénat fut sollicité de s’occuper des affaires grecques. Les Etoliens avaient sollicité l’intervention macédonienne pour mettre fin aux dissensions internes mais cela n’avait abouti qu’à aggraver les troubles si bien qu’en 174, les factions étoliennes firent appel à Rome. Celle-ci trouvait là un moyen de restaurer son influence en Grèce et envoya une délégation. Mais la sagesse romaine ne pu empêcher les Etoliens de s’entretuer. La délégation passa en Macédoine mais ne pu rencontrer Persée à qui cette tournée d’inspection ne plaisait sûrement pas. En 173, ce fut la Thessalie qui fit appel à Rome ; une nouvelle commission s’y rendit mais, la situation étant la même qu’en Etolie, la délégation ne s’occupa que des affaires du pays. Elle régla la question des dettes (à l’origine des troubles) et réussit à arrêter la guerre civile en Etolie. Ces succès coupaient l’herbe sous le pied de Persée. Le souverain pourtant ne renonçait pas à son influence en Grèce et conclut une alliance avec les Béotiens que nul ne pu ignorer. Mais des Béotiens mécontents voulurent se plaindre à Rome : ils n’arrivèrent jamais… La Grèce en 174-173 n’est que le théâtre de luttes d’influence.
En 172, Eumène II chercha à provoquer la guerre et à y pousser Rome. Eumène se rendit à Rome et dans un long discours plaide contre le souverain macédonien. Le discours du roi de Pergame émut le Sénat. La guerre n’est pourtant pas décidée. Le Sénat a du mal à aligner une armée et se contente de démarches diplomatiques en l’année 172. Des légats envoyés dans les Balkans ont pour mission d’exacerber les sentiments anti-macédoniens. Une entrevue eut lieu en Thessalie entre Persée et Q. Marcius Philippus. Il fut résolu que la paix demeurerait. Malgré cela, Rome vota la guerre en 171.
Ce fut en Thessalie, au printemps 171, qu’eurent lieu les premiers accrochages. En mai, une hésitation tactique empêcha le roi macédonien d’écraser les forces romaines près de Larissa. Les opérations se poursuivirent ensuite sans épisodes d’un éclat particulier jusqu’en hiver. Persée se retira en Macédoine et les forces romaines en Béotie. En 170, une partie de l’Epire se rangea au côté de Persée. Q. Marcius Philippus, consul en 169, voulut mettre fin à cette guerre qui s’alanguissait.. Il mena une offensive audacieuse jusqu’en Macédoine méridionale. Persée perd la tête mais le consul ne pu se maintenir longtemps dans la région. A la fin 169, il apparaissait à Rome que la guerre ne pouvait continuer à traîner comme elle le faisait depuis trois ans. Il fallait donc soit accepter de négocier soit fournir un effort exceptionnel, solution qui fut choisie. L. Aemilius Paullus (Paul - Emile), homme d’expérience et consul, procéda à des levées d’hommes extraordinaires. Persée dû se retirer dans le Nord, vers Pydna. C’est là que la bataille décisive eut lieu. Dans l’après midi du 22 juin 169, en un peu plus d’une heure, les forces macédoniennes étaient anéanties laissant 20 000 à 25 000 morts et 10 000 prisonniers. Une heure avait suffi à ruiner vingt ans de restauration macédonienne. Persée s’enfuit mais se livra avec son fils aîné dans les premiers jours du mois de juillet. Sans roi ni armée, la Macédoine se rendit au vainqueur.
La Macédoine fut proclamée libre. Elle fut démembrée en quatre Etats autonomes. La Macédoine perd la royauté qui a été le fruit de sa grandeur et devient quatre Républiques.


II- Pergame

A- L’autel de Pergame

La grande frise du socle de l’autel de Zeus :
C’est sous le règne d’Eumène II, roi de Pergame (197-159 av. J-C) à l’apogée de sa puissance que le Grand Autel de Zeus est construit. Il se trouve à l’acropole à proximité du théâtre et au sud de l’esplanade qui porte le sanctuaire d’Athéna. « De tout temps, les grandes constructions ont proclamé la puissance et les ambitions des monarques et leur signification acquiert toute sa force de persuasion lorsqu’elle est amplifié par les multiples résonances d’un language plastique à la fois traditionnel et neuf. » l’autel de Zeus à Pergame en est un exemple. Tout comme Athènes, la patronne de Pergame est Athéna. On la trouve représenté sur la frise Est de la Gigantomachie (combat de la mythologie grecque qui opposa les dieux de l’Olympe aux géants nés de la Terre et se termina par la victoire des dieux) de l’autel de Zeus dans la même attitude que sur le fronton Ouest du Parthénon.
L’autel est gigantesque de par ses dimensions : 69x77 mètres à la base et 36,44x34,20 mètres pour la plate-forme. La frise mesure près de 120 mètres de long et 2,30 mètres de haut. Deux « bastions » entourent l’escalier monumental qui mène à la plate-forme. Où se trouve un mur (sur les côtés nord, sud et est) entouré d’une colonnade dont les ailes se prolonges pour encadrer le grand escalier à l’ouest. Sur la frise du portique intérieur (sur la plate forme) du Grand Autel, sont représenté les aventures de Télèphe fils d’Héraclès. Elles ont un autre sens que celui d’une simple anecdote : en rattachant sa propre dynastie à cette lignée héroïque, Eumène se réclame d’une filiation divine, Héraclès étant fils de Zeus. Mais on ignore qu’elle était la portée de cette propagande par l’image. La lutte des Dieux et des Géants fait une claire allusion aux victoires de la dynastie pergamienne sur les Galates.
La frise enveloppe le nord, l’est et le sud de l’autel. La gigantomachie de Pergame est monumentale : les figures s’étalent, le torse des personnages est presque toujours de face ou de dos, la tête et les jambes de profil ou de ¾. Tout ceci occupe largement la paroi du support architectural. Les détails décoratifs sont éliminés du 1er plan et animent le fond d’ombre sur lequel se détache le modelé vigoureux des nus et des traits profonds des draperies qui rythment/ entraînent le mouvement et sauvegardent, malgré la violence de l’action, un caractère architectonique essentiel (c’est à dire : qui reste conforme aux techniques de l’architecture). C’est la reprise d’un thème emprunté à la plus ancienne mythologie, mais aussi le renouement avec la tradition sculpturale du combat des Dieux et des Géants.
On a l’impression que les animaux, par leurs caractères menaçants, dominent les humains. Les jambes de nombreux géants se prolongent en serpents dont les corps écailleux montrent au bout de leurs enroulements des gueules menaçantes. On voit aussi un autre géant se métamorphosant en lion pour la tête et les griffes. Des hippocampes sont attelés au char de Poséidon pourvu de nageoires aiguës. Des géants et plusieurs dieux et déesses sont ailés de même que les chevaux du char d’Héra. A cette multitude d’animaux des trois éléments (eau, terre, air) ; s’ajoutent les lions, les chevaux et les chiens réels, serviteurs ou compagnons de plusieurs divinités, car les Olympiens (les dieux de l’Olympe) ici ne triomphent des Titans qu’en conservant un part d’animalité ou en s’alliant aux bêtes qu’ils ont domptées.
Imagerie mieux à sa place dans la Grèce d’Asie que de la Grèce propre. Imagerie pourtant grecque dans son ordonnance (ordre), dans son esthétique théâtrale et dans son humanisme. Sans parler de la référence fondamentale des groupes de Zeus et d’Athéna, sur le côté Est (de la frise de l’autel), au groupe central du fronton ouest du Parthénon, pour l’ensemble de la frise, l’idée directrice est assez claire. La plupart des dieux de l’Olympe so,t présent à l’Est, avec la patronne de Pergame et le maître de l’Olympe ; et les autres côtés sont occupés par des divinités de même nature : au sud celles du ciel et de la lumière ; au nord celles de l’ombre et des eaux. Les habitants de la mer continuent leurs combats à l’ouest, venant du nord ; tandis que de l’autre côté de l’escalier, Dionysos et sa troupe de Satyres et de Nymphes se raccordent aux protagonistes du sud. D’autres part, la mêlée est formée d’affrontements individuels suivant un rythmes de flux et de reflux, d’obliques convergentes et divergentes, dont la densité est suspendu de place en place par des gestes larges, par exemple celui d’Apollon par le passage d’un attelage par la chevauchée de Cybèle, d’Eôs ou Hélios ou Nyx déployant leur draperie d’ombre et de lumière. Les groupes en ronde bosse (sculpture en plein relief, qui représente le sujet sous ses trois dimensions par opposition au bas et au haut relief) l’ont déjà prouvé : les progrès de l’observation anatomique grâce aux dissections des médecin Hérophile et Erasistrate, se reflètent dans la sculpture. La précision analytique du nu masculin permet une souplesse de mouvements et un jeu de reliefs où la virtuosité des artistes se complaît parfois jusqu’à l’excès ; mais parfois aussi, comme dans le groupe d’Apollon et de son adversaire, il y a un retour évident à la sobriété du grand style classique. Quand aux divinités féminines, quelle que soit la variété voulue des drapés et des coiffures, un principe rarement démenti les lance dans la mêlée avec la même vigueur, les mêmes gestes meurtriers, les mêmes enjambées puissantes que leur compagnons masculins dont elles égalent la stature. Derrière des exécutants nombreux et inégalement habiles, on sent un maître d’œuvre ; derrière le renouvellement de la légende par l’étrange et le féroce, on perçoit tout de même un passé hellénistique. Certes le mythe est humanisé, ou plutôt on dirait la transposition dans le monde idéal du mythe d’un événement imaginé ou décrit avec un luxe de détails réalistes destinés à lui conférer une apparence d’authenticité. La Gigantomachie de Pergame illustre la mutation de l’hellénisme dans la période où il se répand à travers le monde méditerranéen, mais contrairement aux apparences, l’humanisme fondamentale qui est le propre du génie grec demeure et s’exprime dans la beauté des visages, dans l’harmonie et la vigueur des corps même quand il se termine en enroulements reptiliens ou en arrière-trains de cheval marin, dans la richesse et dans le rythme des draperies, dans l’action civilisatrice qui soumet le monde animal et abat les monstres, images du chaos, voire dans la dignité pathétique des vaincus vers qui se porte la pitié du spectateur.
La frise de la Téléphie :
Elle est destinée au mur du fond d’un portique encadrant sur trois côtés la plate-forme supérieur de l’Autel de Zeus. La frise de la Téléphie fait un contraste hardi avec la grande Gigantomachie du socle de l’autel décrite ci-dessus. Ce n’est pas uniquement question de sujet, mais question de technique et de mode de composition. Une loi de convenance, de correspondance et d’accord matériel entre le décor et l’architecture avait régi jusqu'alors la sculpture monumentale des Grecs. Dans le cas présent, la hauteur de la frise est fixée arbitrairement, et surtout cette dimension ne détermine pas celle des personnages qui figurent dans le champs du décors : ils n’occupent en effet pas plus des deux tiers de la frise sauf quand ils s’échelonnent sur deux ou même trois plans. Des arbres ou des éléments d’architecture meublent dans les intervalles le vide au-dessus des têtes et suggèrent la présence de l’espace vide. C’est l’illustration d’un récit dont les épisodes se succèdent sans interruption, les césures étant marquées comme on l’a dit plus haut par des arbres, une colonne, un pilier ou simplement par le dos à dos du dernier et du premier personnage de deux scènes juxtaposées. Contrairement au principe classique qui imposait l’unité d’une action intemporelle devant une paroi neutre, cette chronique en image se déroule dans le temps et dans l’espace réel ; au lieu d’une suite d’attitudes entraînées par le même rythme, comme dans la frise classique, c’est une vision instantanée d’attitudes en actions ou immobiles.





B- Généralités sur la sculpture hellénistique

Les tendances qui apparaissent dans la sculpture grecque dès les premières années du IV ème siècle préparent le passage progressif du classique à l’hellénistique. Il s’agit moins d’un mouvement continu que d’actions et de réactions où jouent les différences de tempérament, l’émulation, l’originalité, la puissance de renouvellement des artistes : leur œuvres se développe parallèlement aux recherches des philosophes et des savants qui approfondissent la connaissance de l’homme. Au mausolée d’Halicarnasse, autour de 350 av. J.-C., l’appel de l’Orient provoque et anime une vision plus directe de la réalité et une interprétation changée des thèmes figurés. Mais, pour débuter l’étude de la sculpture hellénistique, il faut mettre en lumière d’autres éléments du même décor, attribuable sans doute à Bryaxis et Léocharès ou se manifeste avec force un sentiment nouveau de l’épaisseur et du mouvement des figures dans l’espace.
De Bryaxis, il est vrai, l’œuvre est difficile à cerner. Les reliefs d’une base signée, retrouvée à Athènes, présentent type de cheval qui se reconnaît assez bien sur quelques plaques du Mausolée (d’Halicarnasse), notamment sur la plaque 1019, l’une des plus animées de la frise ; mais la grande statue dite « de Mausole » ne saurait être attribuée à l’artiste sans certaines réserves. D’ailleurs on disputait naguère encore sur le Sarapis d’Alexandrie qui d’après la tradition littéraire, aurait été sa création majeure. Le Sarapis trônant en majesté est surtout instructif pour le style se la tête : la forme pyramidale du haut du visage, le front bombé avec bosse central, la chevelure épaisses avec des mèches frontales, répondant à la barbe, large, divisée en bouquets de boucles spiraliformes, ces traits autorisent des rapprochements tantôt avec « l’Eubouleus » d’Eleusis, tantôt avec l’ « Asclépios Blacas », et l’analogie la plus directe s’établit avec le dieu médecin assis, auprès d’une Hygie debout, sur un relief votif d’Epidaure. Mais revenons au Mausolée. Sur la frise amazomachique, une suite de dix combattants présente les signes les plus démonstratifs d’une volonté de rupture avec le langage classique. Des groupes pyramidant se composent et s’opposent, mais le mouvement de tempête qui emporte l’action déborde les oscillations du rythme, accélère le mouvement, allonge les enjambées pour porter plus lion les extensions du geste, et le souffle de la mêlée gonfle ou fait flotter les draperies. Les deux figures les plus caractéristiques sont un guerrier grec dont le corps démesurément allongé se tend en avant jusqu’à la limite du déséquilibre, et l’Amazone en marche derrière lui. Chez l’un la disproportion du corps, la vigueur des accents musculaires préférée à l’harmonie du contour, le visage caché par le bouclier, l’envol du panache du casque, chez l’Amazone le mouvement du torse qui interrompt l’élan vers la gauche et se tourne brusquement vers la droite en provoquant la dissociation des plis du manteau : ces traits dénoncent un changement de vision, de description et de composition des formes, une saisie du mouvement dans l’espace, que rendent particulièrement sensibles la position du bouclier du Grec tourné obliquement vers l’extérieur, et l’anacoluthe du drapé de l’Amazone.
On ne peut guère douter que la séquence des plaques 1020 et 1021 porte la marque de Léocharès. En effet un fragment de relief trouvé à l’Ouest du Mausolée, côté réservé d’après la tradition, à l’atelier de Léocharès, garde l’image d’un aurige provenant d’une autre frise. Or l’attitude fortement inclinée, l’allongement de la silhouette, le mouvement en vague des plis de la longue tunique traduisent la vitesse de la course, dans un style tout proche de celui décrit plus haut. Le visage carré, tendu vers l’action, apporte un élément de plus. Une belle tête d’Apollon, à la fois impérieuse et souriante, découverte elle aussi dans les ruines d’Halicarnasse lui est apparentée par la plénitude de la forme et les boucles vivantes de la chevelures. On pense également au portrait d’Alexandre jeune (musée de l’Acropole), et à la Déméter de Cnide (Brit. Museum) ; la similitude s’observe non seulement dans la structure du visage, mais encore dans le détail des traits. Assise large, ampleur du contour, volonté de puissance dans le dessin du profil, avancée de la base du front et du menton : on reconnaît les mêmes tendances que dans la tête d’Apollon dite « du Belvédère ». Ainsi se dégage au mieux le style de Léocharès, avec un goût des attitudes inspirées de la chorégraphie et sa virtuosité à prolonger par des arrangements de draperies l’action ou la signification de ses figures. Dans une carrière où la participation au groupe de la « Chasse d’Alexandre », commandé par Cratéros pour le sanctuaire de Delphes, constitue le repère chronologique le plus bas (vers 320 av. J.C), le Zeus au foudre dont la célébrité est certifiée par Pline doit avoir été, avant 370, le coup d’éclat des débuts. Le profils monétaire de Zeus sur un statère de la Ligue arcadienne lors de sa fondation en dérive directement, de plus une statuette en bronze conserve le dessin original d’une création maintes fois imitée. Le résultat final reste fidèle au chiasme opéré par l’influence de Polyclète (sculpteur grec du Vème siècle qui travaillait surtout le bronze), mais le visage tourné vers l’épaule droite commande le geste du bras et le léger pivotement du torse ; le pied gauche s’écarte et se soulève ; la composition se libère du rythme abstrait de la statuaire Vème siècle ; elle suggère la présence de l’espace réel Dans l’ouvre de Léocharès, elle annonce l’Apollon, plus svelte, plus élastique, qui passe de la menace d’agir à la suspension de l’acte commencé ; dans le mouvement de rénovation du IV ème siècle, elle aide à mieux apprécier la part de Lysippe, plus génial et plus fécond, plus hardi encore dans l’expression plastique de la mobilité vivante ( !). Durant cette période, les artistes reviennent à se préoccuper de la véracité du portrait. Le courant réaliste de la première moitié du Vème siècles avait été contrarié par les exigences de rectitude et d’harmonie qui sont à la base du classicisme le plus pure. Il reparaît dans le cours du IV ème, déterminant bientôt l’admirable essor du portrait. Parlons maintenant quelques peu du maître de Briaxys (à voir) :Lysippe. Il a eu une importance notable sur la sculpture hellénistique et la rupture avec la sculpture grecque notamment lorsqu’il veut évoquer la force incroyable du pancratiaste (le pancrace :sport d’origine grec d’une violence inouïe), il réduit au minimum le mouvement de la jambe libre, l’inclinaison du torse, l’écartement des bras, le mouvement de la tête, le froncement des sourcils de façon à donner le sentiment d’une concentration d’énergie prête à reprendre le cours de l’action suspendue. La spécialité de Lysippe était la sculpture physionomique (avec le rassemblement des traits, des yeux petits et rapprochés, petite bouche, cou très musclé…). L’une des dernières création de Lysippe a dut être la statue d’Alexandre à la lance. L’œuvre fut exécuté sans doute vers la fin de la brève carrière du conquérant, peut être entre –330 et –320. De nos jour, la statuette ( 0.165 m de haut) est conservé au musée du Louvre.
Le problème de la statue drapée est plus facile que la traitement du nu masculin, en ce sens qu’il admet des solutions où la vitruosité aide à l’étude du modèle vivant. L’artiste, cependant, n’échappe pas à deux règles qui sont la soumissions de la draperie à la forme du corps et, en second lieu, la recherche d’un style à base géométrique qui prend en compte à la fois les articulations du corps et les qualités particulières de la draperie.
Durant toute l’époque hellénistique, l’influence de Lysippe ne s’est pas borné à la sculpture mais, aussi à l’artisanat. Ce qui explique, dans le ateliers de coroplathes, que se reflètent en miniature les styles et les types de la ronde bosse, féminine en générale. Les couvercles de miroirs en bronze, par exemple, s’ornent de compositions inspiré par la sculpture des métopes, les reliefs votifs s’animent du mouvement et de la saillie accusé des frises monumentales. La retenue classique tend a disparaître, en un temps où se relâchent la disciplines civique, et le goût du théâtre se reflète dans une imagerie qui prend ses sujets dans le monde réel.
Le goût pour une statuaire à sujets plus ou moins allégoriques et l’essor des portraits de poètes et de penseur se développent au détriment d’autres thèmes. Le type masculin, nu et debout a été le sujet de prédilection de la ronde de bosse grecque depuis le haut archaïsme jusqu'à la fin du 4ème siècle, semble disparaître presque entièrement après le commencement du 3ème siècle. L’éducation physique continue quand même de tenir une place prépondérante dans la formation de la jeunesse, en témoigne le nombre et le luxe des gymnases ; mais la curiosité et les dons de l’observation des sculpteurs ne s’attache plus à créer de nouvelles variations sur le nu virile. Pourtant, un nouveau modèle s’offre aux artistes : le « roi-dieu », à la suite d’Alexandre. Aucune statue royale du 3ème siècle ne nous est parvenue.
Tradition et sensibilité nouvelle :
Même dans l’iconographie divine proprement dite, les rares exemples de nu viril que l’on peut situer au 3ème siècle appartiennent à la descendance des maîtres des siècles précédents, aux fils ou élèves de Praxitèle et de Lysippe. L’apparition des enfants dans la sculpture grecque rend manifeste un changement dans le goût et dans les mœurs. De nombreuses images d’Eros ont vu le jour au 4ème siècle, mais elles concernent toute le dieu adolescent : il est claire que les formes infantiles, rondes et molles, sans articulations bien marquées, ne correspond en aucune manière à la longue et forte tradition grecque du nu masculin. Néanmoins la pratique du nu féminin, depuis le milieu du 4ème siècle, et la préférence accordée par Praxitèle aux attitudes sinueuse et aux types juvéniles préparaient les artistes à se pencher sur la petite enfance, avec le développement du sentiment familial.
Le premier apport pergaménien :
Dans la seconde moitié du 3ème siècle avant Jésus-Christ, un puissant foyer d’art se développe dans la ville de Pergame. C’est ici dans le dernier des royaumes hellénistique, que s’est développé avec le plus d’éclat l’utilisation de l’art en vue de al propagande dynastique, et c’est ici qu’a commencé l’exploitation systématique des trésors de l’héritage classique. Philétairos et ses successeurs ont attiré à Pergame les meilleurs artistes du monde grec, et la rencontre de ceux-ci venus d’horizons différents, formés dans des milieux différents, a déterminé progressivement la naissance d’un style homogène qui sous le règne d’Eumène II (197-159) se manifeste de manière exceptionnel dans le décor du grand autel de Pergame et dans les statues de cette époque.

C- L’architecture d’apparat

Introduction Généralité architecture :
Le calme apparent de la période classique avec des innovations, parfois à peine sensible se développant « dans la pénombre des espaces intérieurs » ; s’oppose à « la turbulence de la création hellénistique » qui s’enrichie de vaste et imposant ensemble monumentaux où toutes les ressources de la technique architectural sont mobilisées pour amplifier les proportions, agrandir les perspectives et faire jouer les volumes dans un paysage urbain sans cesse élargi. L’architecture hellénistique se caractérise par l’ampleur des plans et des volumes en laissant à l’écart le raffinement de la construction et la finesse du décor. C’est une architecture princière et monarchique qui succède à la l’architecture de cités, portant le reflets de l’évolution qui, après les conquêtes d’Alexandre, fait éclater les structures politiques, économiques, sociales et intellectuelle de la Grèce classique. Malgré cette évolution, les structures anciennes se maintiennent dans quelques cités illustres comme Athènes, Milet et Rhodes où le pouvoir se trouve désormais entre les mains de la bourgeoisie marchande. L’hellénisation du monde orientale jusqu’à l’Indus, se manifeste dans la création des villes, dans l’implantation d’édifices et de monuments somptueux, utilitaires ou simplement d’apparat. Le phénomène d’urbanisation, un des traits de la civilisation hellénistique, entraîne la réalisation de programmes architecturaux dont les auteurs puisent souvent dans les traditions des régions conquises par Alexandre. Les innovations et les grands programmes sont liés aux centres architectures de Macédoines, d’Asie Mineur, de Syrie, d’Egypte. Les architectes tout comme les maîtres d’œuvres, sont originaires des côtes orientales de l’Egée, Pythéos, Hermogène, Ménesthès, Paeonios, Daphnis qui illustrent Priène, Alabanda, Magnésie et Milet. Le développement économique et les transformations sociales ont favorisées, l’épanouissement d’une architecture domestique et luxueuse : les palais de Pergame et d’Alexandrie, les riches demeures de Pella, les maisons marchandes de Délos… Tout ceci transforment les structures urbaines, en même temps q’une puissante architecture utilitaire et s’intègrent , s’assimile à l’architecture purement religieuse et civique des villes classiques. Ce qui explique aussi l’essor et la caractère monumentale que prennent les nécropoles et les tombaux par exemple.
Dans les plans comme dans les styles, les structures traditionnelles se maintiennent soit par « le conservatisme local », soit en réplique d’édifice ancien, bien que les ordres décoratifs, ionique, et corinthien se développent aux dépends de l’ordre dorique trop rigide et sévère, employé cependant dans les grands ensembles de Pergame ou de Milet, avec parfois d’étrange assouplissement.

Entre traditions et innovations :
Le classicisme se maintient quelques peu au début de l’époque hellénistique. Les formules et les procédés de construction mis au point au VI ème siècle, constituent les éléments fondamentaux d’un certains nombre d’édifice. L’affaiblissement d’un des centre du classicisme, Athènes, suite à plusieurs luttes contre la Macédoine, a tarie l’activité des techniciens fidèles aux traditions acquisent avec la construction de l’Acropole. Les architectes de tradition hellénistique pousse les formes classiques à leur extrêmes pour répondre à un sens des volume, à une organisation savante des espaces, à une conception monumentale et à une expression presque démesurée des fonctions de l’édifices. Prenons l’exemple du théâtre ; au milieu du IV ème siècle, ils se transforment et sont construit en pierre et en marbre. L’hémicycle des spectateurs est toujours aménagé à flanc de colline qui se couvre de rangées régulières de sièges et d’escaliers d’accès. Les constructions bordant « l’orchestra » pour surélever la scène et abriter les coulisses s’élèvent en forme de portiques avec étage, où les valeurs décoratives comme sur les façades monumentales des portes de villes et des tombeaux, de vaste champs d’extensions. Le théâtre d’Epidaure en est un exemple. L’évolution, à l’époque hellénistique s’oriente dans deux directions : les structures se développent et se soudent progressivement pour constituer un seul édifice, la surface de l’orchestra diminue beaucoup par l’avancée des bâtiments de scènes qui se soudent aux extrémités de la « cavea ». D’autre part le théâtre devient un monument à part entière de par son caractère monumental et son intégration dans les lignes naturel du terrain. Le théâtre de Pergame illustre bien ceci : bien que sa fonction première est d’être un théâtre, il sert aussi de mur de fortification (au sommet).

L’architecture d’apparat :

L’architecture hellénistique est très orientée vers le développement des masses monumentales avec un décor varié et multiple. Les architectes font d ‘avantage appel aux ordres ionique et corinthien délaissant l’ordre dorique jugé trop sévère et rigoureux. Ils ont un goût de plus en plus accentué pour les valeurs décoratives. On estimait l’ordre dorique inadapté à l’architecture d’apparat mais « utilisable » pour les édifices domestiques et économiques. Les ordres décoratifs (ionique et corinthien) trouvent d’abord leur plus complète et grandiose expression dans l’architecture hellénistique. Le chapiteau dessiné par Pythéos pour le temple d’Athéna à Priène marque la transition entre la fin du style classique et le innovations du III ème siècle. Il conserve les proportions allongés du style ionique traditionnel, hérité des chapiteaux d’Ephèse ; les volutes se développent avec ampleur mais, la hauteur a diminué et les balustres se sont soudés à l’abaque, la surface portante du support, comme pour le renforcer. Les effets plastiques sont accentués par le creusement des volutes dont les spires aplaties se dégagent vigoureusement ; le canal s’orne au centre d’un motif floral qui plus tard se répandra dans les chapiteaux ioniques d’Italie et d’Occident. Sur les côtés, les balustres sont animés de gorge profondes avant de se couvrir de motif décoratif : feuilles imbriquées, entrelacs… Tout les éléments du chapiteau hellénistique sont ainsi déjà mis en place tels qu’ils se trouveront dans les constructions du III ème et II ème siècle à Priène ou à Didymes. En parallèle, l’ordre corinthien occupe une place de plus en plus importante. Le chapiteau est lourdement chargé de feuilles d’acanthes disposées en deux hautes couronnes d’où s’échappe à un niveau supérieur les feuilles qui accompagnent les volutes latérales. La feuille d’acanthe est d’abord utilisé sur les stèles funéraires classique, puis dans les chapiteaux comme dans la colonne aux danseuses de Delphes qui rassemble déjà de nombreux motifs que les Alexandrins étendront à la grande architecture. Colonnes, murs, pilastres, entablements, toutes les surfaces sont bonnes à accueillir des motifs décoratifs. Le temple d’Apollon à Didymes, illustre mieux qu’aucun autre édifice les thèmes et les goûts des décors dans l’architecture ionique. Les colonnes ont gardés, sur la façade monumentale, les proportions classiques mais, les bases et les chapiteaux révèlent une recherche systématique de la diversité. Les chapiteaux à décor végétal alternent avec des chapiteaux de même structure où le thème végétal est réduit au motif central qui sert d’appui à deux animaux fantastiques se faisant face ou affrontés (lions, griffons, chimères). Par la suite, aux II et Ier siècles (av. J-C.), dans les constructions d’époque impériale, les décorateurs ne feront que puiser dans les innovations de Didymes.
L’indépendances, l’autonomie que l’architecture hellénistique donne au décor par rapport aux éléments d’architecture purs, provoque une très grande liberté envers les règles traditionnels de l’emploi des ordres des chapiteaux et est pour une large part à l’origine de la décadence des styles. De même la recherche des espaces dégagés, le souci d’alléger les formes et d’aérer les colonnades, la préoccupation de créer des oppositions d’ombre et de lumière dans une perspective plus picturale entraîne une grande liberté dans l’emploi des formes des styles et provoquent des associations peu conformes aux règles classiques encore un signe de rupture de l’hellénisme par rapport au classique. Le mélange des décors entraîne une confusion des proportion ; au-dessus des larges travées, encadrées par de fines colonnes, doriques ou ioniques, la frise s’allonge, les triglyphes et les métopes se multiplient. Dans les grandes stoai de Pergame au IIIème siècle, un rythme de trois ou quatre métopes par travées remplace le dispositif à deux métopes régulièrement utilisé au siècle précédent. A Pergame toujours, dans le temple de l’agora qui comporte un entablement à triglyphes au-dessus de colonnes dotées d’un chapiteau doriques, mais, de cannelure et de base ionique. On retrouve aussi le même mélange au Bouleutérion de Milet. La Confusion est totale et annonce toutes les variantes des chapiteaux mixtes de l’époque romaine.
Dans le domaine des formes, un enrichissements est acquis par l’architecture des 1er et 2nd siècle : l’emploi de l’arc et de la voûte. L’utilisation des arcatures répond à un double but, décoratif et utilitaire. Dans le premier cas, l’arc peut être associé au motif traditionnel du fronton triangulaire, lié, par les règles de l’architectures ; à un ordre à colonne mais, transformé par les architectes hellénistiques en un simple décor traité comme un motif d’applique, indépendant du reste de la composition. Les architectes romains vont encore une fois assurer le succès d’une invention hellénistique. En construction souterraine, l’époque hellénistique sut rapidement remplacer les couvertures en plates-bandes par un système d’arc parallèle supportant les dalles du plancher. Quelques citernes de Délos, en particulier celle du théâtre illustre bien ce passage d’un type à l’autre. Un bel exemple de l’architecture d’apparat hellénistique, mais cette fois dans le domaine religieux, est le célèbre autel de Zeus (dédié aussi à Athéna) de Pergame, décrit plus haut. La souplesse et l’indépendance des formes et des motifs dans la création architecturale d’époque hellénistique explique le développement de structure variées dans des domaines que l’époque classique avait délaissé.
L’architecture funéraire prend elle aussi un essor conséquent et les nécropoles des villes d’Asie Mineur ou d’Afrique occupent autant de place que les cités des vivants. Des éléments d’architectures d’apparat sont repris dans les tombes avec des colonnes, des façades avec frontons (plus petit que celui d’un temple !) et des sarcophages plus ou moins imposant, comme celui d’Halicarnasse dit « tombeau d’Alexandre », à tort. On trouve des exemples de vaste tombeaux en Macédoine, à Alexandrie (nécropole de Mustapha Pacha) ou encore à Agrigente (monument de Théron).
Ainsi, le départ est donné à une création qui va transformer les compositions architecturales de l’époque hellénistique ; la façade monumentale et les ordres d’appliques qui s’organisent sur l’extérieur d’un édifice indépendamment de sa structure et de son plan. Dans ce cadre où toutes les techniques de constructions se trouvent associées pour faire vibrer et scintiller les lignes, les jeux de lumières, les oppositions et les contrastes ; on peut expliquer l’évolution des formes de l’architecture hellénistique vers un style compliqué, surchargé de décors, de couleurs voire même de métaux précieux comme le bronze, l’argent ou l’or.

D- Pergame et son royaume

1- L’essor du royaume de Pergame

Sauf mention, toutes les dates sont avant Jésus Christ.
Au sortir du conflit entre Eumène et Antiochos Ier, on avait un Etat encore modeste des Attalides de Pergame. En Asie se déroulait alors un terrible conflit entre les deux fils de Antiochos II (Seleucos II et Antiochos Hiérax) pour la succession. Il y avait alors sans doute une corégence. Lassé de cette situation, au sortir de la troisième guerre de Syrie, Séleucos II passe en Asie Mineure. Une paix fut ensuite conclue début 236 prévoyant le partage de l’empire. Séleucos II laisse l’Asie Mineure à Hiérax après sa cuisante défaite de Ancyre. Eumène de Pergame avait disparu en 241 laissant place à son neveu Attale. L’attitude de ce dernier face au conflit fut d’abord incertaine. Mais après Ancyre, les alliés Galates se retournèrent contre Hiérax. Celui-ci les paya à prix d’or et les entraîna à Pergame. Sa tentative de réduire l’indépendance de la cité échoua : il fut battu par Attale. Ce dernier se fait alors basileus (roi). Ensuite, les deux adversaires durent probablement lutter contre les Galates. La guerre reprit dix ans plus tard vers 229-227. Hiérax ne disposait plus alors de l’appui des Galates et fut vaincu à trois reprises. Attale entreprend alors la conquête de l’Asie Mineure ce qu’il réussit. En 227, sans ressource, Hiérax s’enfuit et se jette sur les provinces de son frère en Iran ce qui échoua. Il est assassiné en 226 en Thrace. Le royaume de Pergame est alors constitué. Le royaume va beaucoup évoluer plus tard après la paix d’Apamée suivant la guerre antiochique (guerre contre Antiochos III).

2- Faits marquants de l’histoire du royaume sous Eumène II

A la fin de la guerre contre Antiochos III, Rome récompensa largement le royaume de Pergame. Le royaume récupérait une partie des territoires enlevés à Antiochos. Le reste allait à Rhodes. Le royaume récupérait également des terres en Europe. De petit dynaste régional, Eumène II devenait un souverain de premier ordre. La fidélité attalide à Rome était bien payée. Ainsi, les services rendus à Rome par Eumène II dans la guerre antiochique avait abouti à un agrandissement considérable du royaume de Pergame.
Prusias Ier était alors roi de Bithynie. Rome avait garanti l’intégrité de son territoire dans la guerre contre Antiochos III. Or cela n’empêcha pas Rome, au sortir de la guerre, de donner un bout de Phrygie à Eumène II que Prusias avait autrefois conquis sur Antiochos III. C’est pourtant un cadeau qu’Euùène va devoir prendre à la pointe de l’épée. De plus, Eumène, en acceptant, prenait des risques considérables : Prusias avait un bon conseiller en la personne de Hannibal. De plus, les Galates s’étaient rangés du côté de Prusias car ils n’étaient toujours pas réconciliés avec Pergame. Prusias avait enfin un dernier allié : Philippe V dernier roi de Macédoine. Eumène, lui, bénéficiait de l’appui des cités grecques. Des succès partagés des deux côtés déterminèrent les deux partis à demander l’appui de Rome. Le Sénat ne pouvait voir que d’un mauvais œil le rassemblement d’Hannibal et de Philippe V autour de la personne de Prusias. Rome allait donc favoriser Eumène. En ce sens, on dépêcha un personnage, Flaminius. Une paix fut conclue et le territoire contesté revint à Pergame. De plus, il est également possible qu’Eumène annexa un bout de Bithynie. Rome exigea également la livraison d’Hannibal qui y échappa par le suicide. Par la grâce de Rome, Eumène avait encore étendu son royaume et son influence en Asie Mineure. La guerre bitjynienne achevée, Eumène II dut faire face à un nouveau danger mais ce conflit a une portée plus importante que le précédent qui n’était qu’un règlement de compte régional.
La guerre contre Le Pont va durer de 182 à 179. En effet, à l’époque, sous l’impulsion de Pharnace Ier, Le Pont subit une brusque poussée de croissance. Ces tentatives d’expansion se manifestent au Nord, vers le monde grec et vers le Sud, le continent anatolien. La première action du roi du Pont est de s’emparer de Sinope, cité grecque indépendante. Elle constituait une excellente porte sur la Mer pour le royaume. Quand à ses visées sur le Sud, Pharnace s’exécuta en se jetant sur la Cappadoce. Eumène, voisin de cette région et donc directement concerné était contraint d’agir d’autant qu’il s’était allié avec Ariarathe de Cappadoce. Une coalition se constitua donc autour des personnes d’Ariarathe et d’Eumène regroupant le dynaste de Paphlagonie (Marzios), Prusias II instruit de la défaite de son père et quelques clans galates. Les Rhodiens, inquiets de l’expansion maritime du Pont, se rallièrent tout d’abord à la coalition. Mais ils se retournèrent contre Eumène lorsque celui-ci voulut bloquer les détroits (ce à quoi il du renoncer). Pharnace réussit à rallier à lui des tribus galates et à lancer Mithridate (dynaste de la petite Arménie) sur la Cappadoce. Séleucos IV voulut profiter de la situation pour reprendre pied en Asie mineure mais il semble que les Romains l’en ait dissuadé. Il s’agissait là d’une affaire qui pouvait remettre en question l’œuvre de Rome en Asie Mineure. Pourtant Rome se refusa d’intervenir. A chaque demande d’Eumène elle répondit par des démarches diplomatiques qui le gênèrent plus qu’elles ne l’aidèrent. Rome pensait sans doute qu’il ne fallait pas trop encourager la puissance de Pergame. Le Sénat pensait sûrement que l’expansion du Pont pourrait ramener l’équilibre face au royaume de Pergame qui dépassait les limites qu’on lui avait imposée à Apamée. Les adversaires de Pharnace durent se contenter d’eux-mêmes pour mener la guerre. Pharnace fut battu et contraint de laisser ses conquêtes sauf Sinope qui devint sa capitale. Le royaume de Pergame est à l’apogée de sa puissance mais ses succès contre Pharnace ont été acquis sans l’aide de Rome et sans doute le Sénat ne voulait il pas voir ces réussites. Les relations avec Rome ne vont donc pas tarder à se dégrader.
La volonté d’intervenir pour Pharnace de la part de Séleucos IV montrait des sentiments anti-pergaméniens. Eumène devait également redouter l’alliance entre Séleucos et Persée ce qui explique qu’il a grandement participé à la substitution de Séleucos IV par Antiochos IV. Le succès d’Eumène en Anatolie et la présence d’une personne ayant de bons sentiments à son égard sur ce trône lui avait donné des années de tranquillité en Asie Mineure. A partir de là, tout dépend des affaires macédoniennes et de la politique d’Antiochos IV. Mais avant que la troisième guerre de Macédoine ne fût achevée, l’attention d’Eumène fut détournée à cause d’une insurrection galate. Ceci explique la faiblesse de Pergame dans la lutte finale contre Persée. La situation fut assez grave pour qu’Eumène dépêche son frère Attale à Rome sous prétexte de féliciter le Sénat pour la victoire de Pydna. En réalité c’est pour demander l’intervention de Rome contre les galates. Le Sénat envoya des légats qui rencontrèrent les galates sans la présence pergaménienne. Cela se solda par un redoublement de la révolte. Eumène, malgré sa mauvaise santé, se rendit à Rome qui ne le reçut pas. C’était au moment ou Rome recevait Prusias II et il est clair qu’Eumène a perdu les faveurs et la confiance du Sénat. Le souverain de Pergame fit alors un suprême effort militaire et réussit à mater la révolte. La Galatie retombait sous le joug pergaménien. Peu après, arrivait un senatus consulte qui octroya l’autonomie aux Galates à conditions qu’ils ne sortent pas de leurs frontières. Cela privait Eumène du bénéfice des trois guerres Galates. La fin du règne d’Eumène est marquée par l’animosité grandissante de Rome. L’essor du royaume avait pu à lui seul inquiéter Rome mais désormais il est certain que l’absence de Pergame à Pydna a supprimé son utilité du côté de l’Europe. Rome n’a plus de raison d’être clémente.







































2nde partie- L’est du monde hellénistique

I- Séleucie, centre administratif : fonctionnement des monarchies hellénistiques

A- La solution séleucide en Asie

1- L’administration du territoire

Les satrapies
Le territoire séleucide compte plusieurs satrapies qui sont en fait des régions. Les satrapies sont des provinces tenues et encadrées par des gouverneurs qui étaient les relais de l’autorité royale. Les satrapies nous sont connues essentiellement par le nom de leurs gouverneurs et par les conflits armés qui s’y déroulèrent. Il est difficile d’établir une liste complète des satrapies sous la royauté séleucide et de les décrire toutes. Le territoire séleucide possède donc une structure satrapique. Le royaume séleucide n’est pas le simple héritier du découpage achéménide. En Asie Mineure, la structure satrapique ne connut pas de modifications majeures. Ainsi, la définition des limites d’une satrapie résultait de la reprise d’une administration locale. La limite de la souveraineté séleucide s’arrêtait à la Cappadoce qui était coupée en deux. De même, dans de nombreuses régions du royaumes, les limites de ces satrapies étaient floues, mal définies et parfois mal contrôlées. Pourtant, l’articulation entre le découpage satrapique et les territoires des royaumes autonomes n’est pas parfaitement claire. L’intégration des peuples périphériques à cette structure pose la question de la continuité et de l’uniformité du territoire satrapique. Les campagnes d’Antiochos III en 187 et Antiochos IV en 165 dans des régions avaient certes pour but de renflouer le trésor royal mais aussi d’affirmer la souveraineté séleucide. Ils visaient tous deux à affirmer le pouvoir séleucides dans une région lointaine et situé à la limite du territoire contrôlé.
Le royaume séleucide n’était pas soumis à une administration unique et uniforme. Certaines régions possédaient des subdivisions mais celles-ci changeaient de noms suivant les régions concernées. Tout au long du III eme siècle, les unités d’administration séleucides eurent moins d’emprise sur certaines régions. Dans la partie occidentale du royaume, les mérides étaient des subdivisions des satrapies et regroupaient des topoi/toparchiai qui étaient eux même des districts administratifs de base. En Asie Mineure, les satrapies étaient divisées en hyparchies regroupant elle-même plusieurs toparchiai. Ceci prend en fait pour modèle l’administration lagide très hiérarchisée et très uniforme. L’empire séleucide dut intégrer à son empire des provinces et des peuples aux traditions très diverses ce qui explique une administration souple et adaptée aux régions contrôlées. Pourtant le territoire n’était pas forcément structuré en unités administratives bien définies. L’espace administratif séleucide n’était pas un espace plein englobant l’ensemble des régions sous la domination seule du pouvoir royal.
Les Hautes satrapies
La notion de Haute satrapie désigne du point de vue des Greco – macédoniens l’ensemble des régions situées à l’est de la Syrie. En même temps, cela semble avoir un sens plus administratif en désignant les satrapies du plateau iranien et d’Asie centrale commandées depuis Ecbatane par le satrape de Médie. Dans les années 310, on a une vaste circonscription orientale qui n’est plus vraiment une région administrative. Elle est une zone de recrutement militaire placée sous l’autorité d’un stratège et non d’un satrape. C’est l’origine des Hautes satrapies. Il y a également une origine achéménide : à l’époque de l’empire perse, les régions du plateau iranien et d’Asie centrale constituaient déjà un district. On connaît le nom de plusieurs gouverneurs dans ces Hautes satrapies. Parfois, sous le règne de certains souverains, ce fut le fils qui exerça la main – mise sur ces régions. Séleucos appliqua cette double royauté : il garda une autorité directe sur les régions situées à l’ouest de l’Euphrate et son fils Antiochos contrôlait les régions les plus orientales. Un commandement sur les Hautes satrapies fut maintenu jusqu’au milieu du II eme siècle malgré les nombreuses pertes de satrapies dans cette région. C’était donc une vaste circonscription orientale.
L’Asie Mineure occidentale
Le Taurus représentait la limite de l’Asie Mineure et de l’Anatolie. Cette frontière fut reprise par les Séleucides pour désigner la partie la plus occidentale du royaume. Le pouvoir séleucide constitua cette région en un vaste district administratif dont l’existence est attestée par des écrits. L’Asie Mineure constituait donc une unité cohérente et un corps autonome dans le royaume. A plusieurs reprises, le pouvoir royal a placé ce territoire sous une autorité unique qui fut exercée par un membre de la famille ou par un agent de haut rang. Pourtant, cette région de 281 à la paix d’Apamée ne fut jamais entièrement soumise au pouvoir séleucide. Malgré cela et quelque fut l’emprise de la royauté séleucide sur ces terres, l’Asie Mineure occidentale ne cessa de constituer une unité administrative.
La Syrie – Mésopotamie
Sous le règne d’Antiochos IV, un personnage, Lysias, se vit confier une région administrative qui était l’ensemble syro – mésopotamien. Le souverain lui confiait cette région à l’occasion de sa campagne dans ce qui restait des Hautes – satrapies. Ainsi, le roi renouait avec la tradition achéménide d’intégrer l’ensemble de la Syrie et de la plaine de Mésopotamie dans une grande satrapie. Ceci montre que sous le règne de Antiochos IV mais sûrement déjà dès le IIIe siècle, une région syro – mésopotamienne était constituée à l’occasion de campagnes dans les Hautes – satrapies ou en Asie mineure ou en cas de repos royal ou de faiblesse du roi régnant. Cette circonscription n’est donc pas permanente. De plus, on voit que cet ensemble a gardé une identité géographique et institutionnelle utilisée lorsque le pouvoir n’est plus assez puissant dans ces régions.
Ainsi, le territoire séleucide est structuré en trois grands ensembles eux-mêmes subdivisés en de nombreuses satrapies. On a l’Asie Mineure occidentale et les Hautes satrapies qui permettent une double royauté. Enfin, on a un ensemble non permanent utilisé lors d’occasions précises qui est la Syrie – Mésopotamie. Le territoire administratif séleucide possède donc une grande souplesse et peut s’adapter.

2- Le pouvoir central et le gouvernement territorial

Le pouvoir central
Les philoi
Autour du roi, on avait le cercle des philoi qui occupait une place stratégique dans l’organisation des pouvoirs. En effet, l’entourage du roi jouait un rôle politique important par le biais du Conseil. Dans ce lieu, il, n’y avait sans doute pas que des philoi, mais c’était leur lieu principal d’expression. Le roi décidait seul certes mais l’entourage du souverain exerçait une pression. Le Conseil a en fait pour effet de renforcer la décision royale : en effet, les philoi jouait un rôle dans l’élaboration de la décision royale. Ainsi, le corps des philoi royaux était constitué de conseillers, d’ambassadeurs, de stratèges, d’officiers qui peuvent passer de leur fonction officielle au rôle de philoi au Conseil. Ils alternaient ainsi entre une charge administrative qui leur conférait un pouvoir et une emprise sur le territoire et une dignité particulière au sein de la cour.
Le préposé aux affaires
Cette fonction est souvent présentée comme le vizir ou le ministre du souverain. Cette charge n’est attestée qu’à partir de la fin du règne de Séleucos III. Il occupait une bonne place dans la hiérarchie des pouvoirs en Syrie du Nord. Il disposait également d’une place éminente dans la hiérarchie du pouvoir royal. Ainsi, un préposé aux affaires du nom d’Hermias eut un rôle très important et fut un personnage très puissant à la fin du règne de Séleucos III. Le préposé aux affaires contrôlait les finances du royaume (c’est le cas pour Hermias). Mais son pouvoir a des limites : le Conseil échappait à son contrôle. Ainsi, la structure administrative est soumise au préposé aux affaires et la cour rassemblant les philoi incarne l’opposition. Au cours de la première moitié du II eme siècle, cette charge devint plus fréquente surtout au moment de la fragilisation du pouvoir royal et lorsque le roi partait en expéditions. Les pouvoirs des titulaires de cette charge se voyaient renforcés en cas d’absence prolongée du roi ou de fragilisation du pouvoir royal. La charge n’est pourtant pas permanente et les détenteurs de cette fonction sont surtout des grands d la cour ou des proches du souverain. Cette charge assurait une stabilité dans le corps central du royaume, la Syrie – Mésopotamie. Ceci illustre encore la grande souplesse de l’administration séleucide.

Le commandement territorial
Dans le commandement territorial, les agents territoriaux les plus importants sont les satrapes et les stratèges. Il y a également un gouverneur d’Asie Mineure occidentale, des agents s’occupant de territoires réduits. Mais ces agents, bien que dotés d’un pouvoir, ne constitue pas la base même de l’administration du territoire. Celle-ci puise sa source dans l’administration achéménide et est incarnée par les satrapes et les stratèges.
Les satrapes
Les rois séleucides furent les héritiers des rois achéménides dans la maintenance des satrapes. Le moment de flottement politique qui suivit la disparition d’Alexandre renforça la capacité des satrapes à construire et à affirmer un pouvoir autonome. Les satrapes ont la capacité de rompre avec le pouvoir royal en reprenant pour eux l’armature administrative satrapique. Les responsabilités du satrape sur son territoire sont dans la ligne de continuité des antécédents achéménides. Les satrapes du royaume séleucide furent de très puissants détenteurs de l’autorité royale au niveau local même si un stratège pouvait être nommé aux affaires militaires de la province. Les satrapes séleucides ne semblent pas avoir la même liberté qu’au temps de l’empire perse à l’exception des provinces reculées. La nécessité de tenir des régions contre des menaces extérieures, la maîtrise des revenus satrapiques et l’autorité sur l’armée locale donnaient l’occasion aux satrapes d’affirmer sur leur terre un pouvoir autonome lorsque le pouvoir royal se fissurait.
Les stratèges
En Asie Mineure, des stratèges étaient nommés ce qui conféraient un double pouvoir au gouverneur : le pouvoir administratif (celui des satrapes) et le pouvoir militaire. Il est probable qu’Antiochos III généralisa cette pratique à toutes ses satrapies. Les stratèges avaient pour première responsabilité le maintien de la stabilité et la défense du territoire. Le terme de stratège pouvait être appliqué à des responsables de circonscriptions dont l’étendue était plus petite que la satrapie. Les stratèges incarnaient également le pouvoir royal auprès des populations indigènes et leurs agissements s’inscrivaient dans la continuité de celles des satrapes. Les stratèges d’Asie Mineure avaient également en charge les rapports avec les territoires autonomes situés sur le territoire séleucide.
Satrapes et stratèges partageaient donc des fonctions communes. Ils devaient tout d’abord maintenir le territoire assigné. Il fallait commander les troupes royales et, au nom de l’autorité royale, régler les rapports avec les peuples locaux. Jusqu’au règne d’Antiochos III, les deux charges furent maintenues. C’est Antigone et Séleucos qui instaurèrent la charge de stratège. Ceci était dans le but de briser l’image du pouvoir satrapique toujours susceptible de fonder sa légitimité. Le rôle de stratège, par la fonction militaire, supposait une fonction de contrôle du territoire dont était privé le satrape. La nomination de stratèges dans certaines régions renforçaient donc le lien entre le pouvoir central et celui régional et limitait ainsi les risques de scission.
B- Caractéristiques d’un Etat hellénistique

Le propre de l’administration hellénistique est la monarchie. La polis, chère aux Grecs et propre à l’époque classique subit une déchéance à l’époque hellénistique. Pourtant les cités n’ont ni disparues ni perdu l’ambition qui était leur raison d’être. Mais elles sont condamnées par l’amenuisement de leur territoire, de leur population et de leurs ressources. Dans la Grèce classique, les cités ont une taille adaptée pour le monde auquel elles sont confrontées. A l’époque hellénistique, face à l’élargissement du monde grec, elles ne peuvent lutter contre les grands Etats formés. La puissance qui était leur à l’époque classique n’est plus. Le déplacement des courants économiques affaiblit leur revenu : avant tout était centré sur la Grèce, à l’époque hellénistique, l’orient est entré en jeu. Sur le plan militaire, les progrès réalisés à l’époque hellénistique sont sans précédent : nouvelles machines, nouvelles stratégies,…Il n’est plus possible de résister aux armées de professionnels avec de la milice civique qui était couramment usitée à l’âge classique. Les villes sont également contraintes de bâtir de nouvelles murailles car, à l’époque hellénistique, les sièges étaient fréquents. A l’époque classique, les batailles se jouaient le plus souvent en batailles rangées et les sièges, faute de techniques perfectionnées n’étaient pas privilégiés. Face à cette déchéance de la polis, certains cherchent leur salut dans une politique nouvelle : les Confédérations. La réunion de petits Etats permet de créer des cités plus étendues et plus peuplées qu’à l’époque classique. Avec cette politique propre au monde hellénistique, les cités arrivent à se renforcer. Par exemple, Athènes avait unifié toute l’Attique. L’innovation de la période hellénistique n’est pas dans l’invention de ce système mais dans sa multiplication. A l’époque classique, une cité exerçait son hégémonie sur sa Confédération. A la période hellénistique, les cités se sentent toutes égales et participent toutes à l’effort collectif. Les cités prédominantes de l’âge classique apprécient donc peu les Confédérations. De plus, des peuples qui ne jouaient pas ou peu de rôle politique à l’âge classique prennent une importance certaine sur l’échiquier politique de l’époque hellénistique. Ainsi, les citoyens, à l’inverse de l’époque classique, possèdent une double nationalité : celle de leur cité et celle de leur Confédération. Les cités adhérentes perdent de leur indépendance, valeur si chère de l’époque classique. Aucune cité coalisée ne peut avoir un gouvernement central et en cela l’époque hellénistique garde la tradition classique de la polis : la cité s’administre elle-même. Ainsi, le gouvernement traditionnel de l’âge classique a bien disparu : le mode de gouvernement de la polis n’est utilisé que dans les cités faisant partie d’une Confédération. La multiplication de ces dernières est par ailleurs une réelle nouveauté. Mais la vraie nouveauté à l’époque hellénistique dans le gouvernement, c’est la monarchie. C’est le système le plus répandu à l’époque hellénistique.
Le régime « républicain » ne subsiste plus que dans une partie infime du nouveau monde grec. La monarchie l’emporte presque partout. Il subsiste des différences entre chaque monarchie (par exemple, le roi lagide se donne des titres attribués aux pharaons comme Horus Rê) mais le système dans son principe est le même. Beaucoup de choses se retrouvent au niveau des institutions de ce mode de gouvernement.

Le pouvoir royal
Le roi est le chef de l’armée, il est législateur et use de ce pouvoir seul. Il publie des ordonnances, adresse des circulaires et répond aux questions. Il est également le juge suprême. Il y a cependant une exception à cela : dans la tradition macédonienne, l’assemblée du peuple en armes juge les procès de haute trahison. Le roi doit également prendre compte des doléances de ses sujets. Malgré le caractère absolutiste de ce gouvernement, certains souverains aidés par les nouvelles philosophies ont exercé parfois le pouvoir avec un haut degré du sens du devoir et de la dignité. Le roi nomme qui il veut à n’importe quel poste. L’unique chose motivant son choix est la faveur.
L’entourage du souverain et la politique
Le roi augmente sa réputation en fonction de la valeur et de la moralité de son entourage. Il doit tenir compte de l’opinion des soldats et des gens du peuple. La cour est aussi une institution hellénistique : les intrigues jouent des rôles. Pourtant, la naissance et la richesse ne sont pas des éléments déterminants dans les nominations administratives. Bien sûr, cela n’est pas sans jouer un rôle. Evidemment, les enfants de hauts rangs sont élevés au palais et côtoient le futur souverain ce qui les aidera dans l’accession aux fonctions administratives et militaires. Pourtant ces charges ne leur sont pas uniquement réservées et le talent prévaut. La chance est d’ailleurs souvent laissée aux talents : mieux vaut quelqu’un d’habile et de basse naissance qu’un homme de haut rang parfaitement incapable dans sa charge. Toutefois, des charges requérant un haut degré de confiance sont laissées à des gens de hauts rangs. Le monde hellénistique est un vaste ensemble où les Grecs se déplaçaient pour offrir leurs talents à différents maîtres. La seule caution, c’est l’hellénisme.

Le gouvernement central
Le roi n’est pas qu’un simple chef d’Etat. Il est un être doué capable de susciter des allégeances. Ainsi, ceux qu’il emploie sont rangés au même rang que les courtisans. Ces derniers sont parfois très nombreux et le roi choisit parmi eux ceux aptes à l’aider. Ils sont chargés d’éclairer le roi car un souverain faisant fi de cette mesure passerait pour le pire des despotes. Le roi choisit aussi dans cette foule ses généraux, ses ambassadeurs, ses ministres. Pourtant des charges complexes nécessitent une spécialisation ce qui explique qu’un homme après avoir exercé un haut commandement militaire n’en exerce plus qu’un petit. Pourtant, parfois, un personnage dans cette cour ce détache par un éclat particulier et peut devenir le principal conseiller du roi (le préposé aux affaires chez les Séleucides).

L’administration locale
Pour ce qui est des monarchies attalide et antigonide, nous ne savons presque rien de l’administration locale. En revanche, l’administration séleucide et lagide se ressemblent en de nombreux points. Il est impossible d’établir des traits généraux à l’administration locale hellénistique.

Intermédiaires et privilèges locaux
Un roi doit veiller à ce que son autorité et donc son administration soit partout égale et toute puissante. Cela est très difficile. Le roi, sur les parties les plus étendues de son territoire, exerce une autorité sans limite et par le seul biais de ses agents. A la périphérie d’un royaume, des rois vassaux ne font que rendre hommage lorsque le roi se trouve à proximité avec une puissante armée. Il y a aussi des dynastes maîtres d’un trop petit territoire pour se faire couronner. Il y a également les domaines de temples gérés par le clergé ce qui constitue de véritables états théocratiques. Il y a aussi des peuples qui appliquent leurs lois et désignent leurs chefs. Et puis il y a les cités. C’est donc une anarchie intérieure qui guette ces monarchies déclinantes. Les cités possèdent parfois une administration interne, ce qui pose des problèmes entre le souverain et la cité. Le roi ne peut laisser les cités nouer des relations avec l’extérieur. Le monarque ne désire pas de rébellion. Le roi dispose alors de plusieurs solutions pour éviter ces problèmes : garnisons, tributs plus ou moins lourds, privilèges commerciaux ou religieux. Ainsi le roi traite la cité en fonction de son mérite. Mais une autre solution est envisageable, et celle-ci est plus simple : le souverain peut placer un « gouverneur » dans ses villes qui pèsera sur l’administration de la cité. Ainsi, malgré l’ingéniosité dont elle fait preuve, la monarchie hellénistique n’est pas arrivée à supprimer le système classique de la polis.

La richesse
Le souverain, malgré de nombreuses difficultés, doit assurer deux choses matérielles propres à la monarchie : la force militaire et la richesse. Une grande partie des ressources financières vient de l’exploitation de la campagne qui est la possession propre et directe de la monarchie. Dans toutes les monarchies, les biens royaux sont diminués par les présents qu’il plaît au roi d’attribuer pour tel ou tel service. Le roi possède des esclaves surveillés par des intendants permettant l’exploitation directe de ces biens. Souvent, l’exploitation de ces biens se fait par des fermes ce qui laisse soumise la population et les obligations dues à cause des fermes sont fixées par le bon plaisir du souverain. A ces revenus s’ajoutent les impôts, il en existe de nombreuses variétés (voir II). Les dépenses royales sont très lourdes et, au bout d’un moment, aucune monarchie n’est en mesure de payer une armée correspondant à ses besoins.

La force militaire
Voila une autre caractéristique des nouvelles monarchies. Chaque souverain doit être fort pour se défendre contre ses voisins. Les monarchies ont donc besoin d’une armée permanente dont n’avait pas besoin les polis de jadis. On a donc la garde royale et les garnisons réparties dans tout le royaume. La guerre à cette période est beaucoup plus compliquée qu’à l’époque classique. Les armées se diversifient avec des corps d’unités spécifiques. Pour ces unités, les rois font appel aux indigènes. Les meilleurs soldats et ceux en qui la monarchie hellénistique a le plus confiance sont les grecs et plus particulièrement les macédoniens. Pour s’assurer la victoire, un souverain hellénistique doit posséder des phalanges macédoniennes et la cavalerie lourde qui donna à Alexandre toutes ses victoires. Les armées hellénistiques sont des gouffres financiers. Et dès le II eme siècle, c’est la suprématie militaire de Rome qui s’affirme. La politique des rois hellénistiques formée par l’orgueil de la caste des Grecs les amène à ne pas entraîner suffisamment les Orientaux et cela précipitera leur chute.

II- Séleucie, centre économique : l’économie hellénistique

A- Une économie séleucide

Le système tributaire et fiscal
Les sources de revenus du pouvoir royal étaient très nombreuses et très variées. On avait le phoros qui était la plus importante taxe en argent. C’est aussi la marque de l’assujettissement des cités au pouvoir royal. Le phoros représente une somme fixe et est imposé selon certains critères aux cités, aux temples et aux dynastes. Ce principe de soumission au phoros était aussi appliqué aux cités grecques mais cela prenait dans ce cas une forme particulière. En dépit des proclamations de libération, les cités grecques restaient sous la coupe du pouvoir royal et restaient redevables des prélèvements. Seule la bienveillance royale pouvait libérer les cités des diverses contributions et ainsi modifier le statut fiscal au sein du royaume. Une autre taxe, la syntaxis, donne un aspect positif à certains prélèvements en faisant d’eux des contributions volontaires. A l’origine, la syntaxis était sûrement une forme de phoros conçu comme une somme à verser annuellement au trésor royal. Pourtant, parfois, la syntaxis peut être considérée comme une contribution extraordinaire demandée lors de périodes troublées. Dans certaines cités, les syntaxeis désignent l’ensemble des taxes versées au trésor royal. Pourtant il est probable que le principe d’un prélèvement fixe avec syntaxis et phoros ait été appliqué dans les villes soumises à la taxation royale. Aux cités grecques, une somme fixe fut exigée et cela correspondait à l’estimation de la valeur des terres environnantes par l’administration royale. Ce phoros et la syntaxis ne représentaient qu’une faible part des revenus royaux et c’étaient surtout des marques de spumission.
Le roi pouvait exiger de certaines régions des contributions en nature. Cela se rapproche du système achéménide qui demandait aux peuples soumis de verser des dons en nature en plus du tribut. Ces prélèvements ont un caractère ponctuel voire unique et sont exceptionnellement appliqués aux régions périphériques du royaume. Les peuples soumis formellement eurent à donner des prélèvements irréguliers qui pouvaient prendre la forme de ces dons en nature. Dans ces régions souvent indisciplinées, une autre forme de prélèvement était la levée de soldats qui formèrent des unités spécifiques. Pourtant, ces peuples vivant en marge de l’empire, ne fournissaient pas seulement des dons ou tributs en nature. L’administration séleucide contrôlait particulièrement des domaines en Syrie, en Asie Mineure ou en Médie. Ces territoires fournissaient des biens utiles et précieux comme le bois et les chevaux. De plus, les souverains avaient la main – mise sur les mines du territoire. Ainsi, dans la trace de leurs ascendants achéménides, les rois séleucides exploitèrent les mines lydiennes. Ainsi, les pratiques de prélèvement séleucide s’adaptaient aux conditions locales d’exploitation. Mais l’essentiel des ressources du trésor royal vient de la taxation sur les échanges et sur l’activité.
Le système tributaire séleucide se fondait donc sur l’exploitation des communautés par le pouvoir royal. On a donc un encadrement étroit et une « collaboration » entre les paysans et l’administration. Le souverain s’intéressait d’abord aux produits agricoles. Une taxe, le dekatè, constituait une grosse part des prélèvements sur la population et la terre royale. Cela constituait également un symbole de l’appropriation de la terre par le pouvoir séleucide. Sur certaines cités pesaient d’autres taxes. Il y avait des taxes sur les possessions immobilières, sur les entrées et sorties, sur les récoltes et le bétail,…Il y a également des taxes sur le marché. Chaque cité avait un « profil fiscal » déterminé à partir d’une observation précise réalisée par l’administration séleucide et tenait compte des activités et des ressources de la communauté. De plus, les souverains possédaient un cadastre (du moins pour l’Asie Mineure) qui leur offrait la possibilité d’évaluer la valeur de chaque territoire et la nature des productions de chaque chose sur le territoire. Ainsi, si le roi estimait que telle ville n’allait pas lui rapporter assez de revenus, il pouvait créer des activités et par la suite il pourrait taxer. L’administration séleucide imposait également des taxes sur la vente des esclaves, sur le sol et même sur la navigation de l’Euphrate. L’innovation des séleucides résidait surtout dans les modalités de versement et dans le contrôle étroit effectué par l’administration. La fiscalité royale se fondait donc sur une estimation des capacités de production.
La pratique de l’affermage (paiement d’une taxe en échange de la location d’un bien rural) était également connue des Séleucides. Il est probable que les taxes royales pesant sur les cités soumises à l’autorité royale aient été prélevées par la cité elle même. Dans certaines régions du royaume ; il n’est pas certain que l’affermage ait été une pratique mise en avant. Les communautés villageoises d’Asie Mineure représentaient des unités fiscales pour l’administration royale. En plusieurs lieux, on bâtissait des édifices pour abriter les taxes. Pourtant, une grande part du tribut restait dans la région taxée et n’allait pas au roi.
Parfois, la fiscalité constituait un moyen de pression. Plusieurs fois, les rois séleucides ont renoncés à prélever des taxes. Ces renoncements ont des modalités très variables. Cela peut être du à une suppression pure et simple ou à une aphorologesia. Cela peut être définitif ou limité dans le temps.
L’ aphorologesia n’aurait porté que sur une partie de la taxation, le phoros mais laissait les autres taxes s’appliquer. Cela est pourtant discutable. Il semble plutôt que cet octroi de privilège signifiait en fait un renoncement aux prélèvements royaux sur une cité. Mais une autre chose est possible : cela peut être l’abandon par le roi à ses prélèvements potentiels. Le souverain laisse les prélèvements en vigueur et n’en rajoute aucun. Avec cette hypothèse, on comprend que ce privilège n’est pas attribué sans réflexion. L’ aphorologesia est toujours associé à d’autres privilèges de nature politique ou religieuse. Il complète en fait l’habit de la cité qui au sein du royaume peut se dire autonome. Pourtant, en obtenant l’ aphorologesia, une cité était redevable au souverain et des liens de dépendances étaient donc crées. Se sentant redevable, la cité va faire des dons au monarque et ce dernier sollicitera l’aide de la cité, aide qu’elle ne pourra refuser. Ainsi, l’ aphorologesia est un puissant instrument de pouvoir et de propagande entre les mains du souverain.
Ainsi, l’ aphorologesia est une suppression soit entière des taxes soit une suppression très importante. Les diverses suppressions de taxes pouvaient être accordées lors de la prise en main de la cité par le pouvoir royal. Certaines exemptions constituaient une réponse du pouvoir royal aux difficultés économiques, financières ou démographiques que pouvaient connaître les cités. Ces suppressions ne remplissaient pas les caisses du royaume mais renforçaient la dépendance de la cité concernée à l’égard du pouvoir royal. Avec ce système, les rois séleucides surent à merveille limiter la pression fiscale et ainsi garantir la pérennité du système.

Le trésor royal et la redistribution
Hors de l’outil fiscal, les souverains séleucides pouvaient financer directement les cités grecques par des transferts d’argent ou de biens.
Le don d’argent du trésor royal (basilikon) à des cités grecques est une pratique bien connue des rois séleucides. Certaines mesures visaient parfois à renforcer encore le lien de dépendance de la cité au pouvoir royal. La fourniture de cet argent s’inscrit dans un système d’échange. A l’échelle régionale, le trésor royal était en fait une caisse de redistribution des richesses prélevées sur le territoire. Cette pratique contribuait à définir les cités dont le fonctionnement dépendait seulement de la bienveillance royale.
Le pouvoir séleucide pouvait aussi faire don d’huile, de blé,…Ces dons royaux ne sont pas exceptionnels et les exemples de fournitures pour bâtir des édifices, de donation de nourriture à la population ne manquent pas. Le don de blé provenait des greniers royaux. Cela permet d’écouler les stocks de blé et de valoriser les prélèvements en les redistribuant à des cités en proie à la famine. Dans ce cas, le bénéfice est politique. Mais cela peut servir aussi à transformer les stocks de blé en argent en vendant le blé ou les produits concernés. Ce don repose sur deux choses : le besoin des cités et la volonté du roi. Cette redistribution en nourriture est une arme absolument redoutable entre les mains du souverain. Cette capacité de redistribution repose sur les dons en nature. Les cités hellénistiques ont pour rpemier souci de se pourvoir en huile. Dans ce domaine, les rois surent se montrer cléments pour satisfaire les besoins des citoyens. Là, l’intervention du monarque était plus directe : il donnait l’argent du trésor royal à la cité pour financer l’approvisionnement de ce bien et levait les taxes royales du port. Il intervenait donc de façon très directe dans les affaires de la cité.
Ainsi, les formes de la fiscalité royale sur le territoire contribuaient à définir la souveraineté séleucide. Il y a deux périphéries fiscales. Il y a d’abord les régions et les populations où le tribut prenait la forme de dons dans un échange où la domination séleucide régnait. La seconde est faite des cités, qui pouvaient négocier une partie de leur fiscalité. Ces cités sont des villes grecques d’Asie Mineure pour l’essentiel. Au-delà de la terre royale, les degrés d’assujettissement dépendaient de la capacité à négocier des éléments de son statut. Ainsi, certaines cités ne contestant pas leur statut était entièrement sous la coupe du pouvoir séleucide. La fiscalité séleucide constituait donc un élément de structuration du royaume et de régulation des rapports politiques entre les cités et les peuples dominés.
Dans ses grands principes, la politique fiscale séleucide est l’héritière des achéménides. Il faut adapter avec souplesse cette fiscalité aux cités grecques. On a pas vraiment là une économie séleucide mais un système de flux commerciaux et fiscaux.Le pouvoir séleucide s’inscrit donc dans la continuité du pouvoir perse et en cela il s’éloigne de la vieille Grèce.
B- L’économie dans le monde hellénistique

Dès le milieu du IVème siècle, dans la vieille Grèce, la vie économique montrait des signes de déclin et la société s’adaptait mal à l’évolution économique. Les petits propriétaires n’arrivait plus à vivre en cultivant eux même leurs domaines ruraux. La concurrence entre les cités industrielles allait croissante en même temps que la demande extérieure se faisait plus rare à la suite de la création d’industries locales. Ainsi la misère augmentait provoquant l’essor du mercenariat. Cette crise n’avait qu’une issue : une révolution sociale ou la reprise du mouvement de colonisation. La monarchie Macédonienne vint établir sa domination sur les citées épuisées par les luttes intérieures et ferma ainsi la porte de l’issue par la révolution macédonienne. Mais l’expédition d’Alexandre et ses conquêtes allaient ouvrir la voie à la deuxième issue. L’orient dans lequel de nombreux grecs ont immigré à la période hellénistique offrait des terres d’une extraordinaire fertilité depuis longtemps mise en valeur. D’autres régions pratiquaient déjà une agriculture adaptée à leur climat et à leur faible ressource en eau. Le même contraste apparaît dans la production industrielle. En orient une main d’œuvre expérimenté qui avait en sa possession des techniques parfois savantes travaillait dans des échoppes ateliers et même parfois dans des ateliers appartenant aux temples. Malgré tout, une grande partie de l’empire perse restait au stade du travail plutôt grossier pour les besoins de la famille ou du village. Le commerce était favorisé par quelques routes pour les caravanes et une langue, l’araméen, était utilisée comme unité linguistique. Le commerce brillait d’un intense éclat dans certaines régions. Malgré cela, beaucoup de régions vivaient encore grâce à une économie fermée, ignorant à peu près l’usage de la monnaie. Le troc élémentaire subsistait et la monnaie ne parvenait pas à s’affirmer dans tous les territoires. Sur le plan social, les régions conquises par Alexandre sont très différentes. Certains territoires étaient des régions où la vie urbaine avait connu un réel essor. Cette vie urbaine déclinait pourtant partout et ce n’était pas le même aspect qu’en Grèce : la classe religieuse a un grand pouvoir et la notion de citoyen n’est pas imposée. Les hommes sont groupés en organismes théocratiques dépendants de leur clergé. Parfois même, ils vivent en tribu avec une hiérarchie très précisément établie. C’est ce monde là que les grecs qualifiaient d’un ton méprisable de barbares. C’est ce monde qu’Alexandre va prendre par la pointe de l’épée et qui sera le théâtre de sanglants conflits et le centre du nouveau monde. Ce qui est sur c’est que l’orient et la « vieille » Grèce sont deux mondes complètement différents. Du point de vue du besoin des Grecs, ce monde est complémentaire du leur. Au sens matériel, si la Grèce veut vivre, elle a grand besoin de l’orient. Ce monde est malléable et a de grandes possibilités d’évolution. Il possède des terres, des ressources qui n’attendent qu’un chef pour les utiliser au mieux. Et surtout, il offre des hommes. De là dépend le choix qu’auront à faire les futurs dirigeants. Soit les nouveaux maîtres entraînent ces hommes dans la même évolution que les Grecs ont connu pour leur faire partager la jouissance des biens matériels que l’effort de tous aura augmenté. Soit, à l’inverse, les dirigeants peuvent limiter cet ébranlement social en gardant pour eux les bénéfices d’une exploitation économique. L’expérience hellénistique a eu à essuyer soit de la timidité soit l’égoïsme très marqué des Grecs. Quand les dirigeants se sont aperçus qu’il y avait deux voies, (ce qui n’a pas toujours été le cas) ils ont en bons Grecs choisi la seconde solution. Alexandre, lui aurait sans doute choisi la première. Ses rêves de fusion ont longtemps été désapprouvés par ses amis qui lui succèderont et refuseront d’accomplir le rêve du conquérant. Par un orgueil démesuré, les Grecs, en s’efforçant d’exploiter plutôt que d’associer se sont épuisés d’une tâche dépassant leurs forces.
Au début l’économie grecque subit un élan d’une grande force. La guerre favorise une renaissance temporaire et une relative prospérité. Pourtant le prix de tous les produits agricoles sont à la hausse. Importatrice de blé, la Grèce se plaint de la famine. Pourtant c’est seulement le retour d’une situation globalement à son avantage. La Grèce travaille pour des consommateurs nombreux et bien pourvus en argent. Ainsi, elle acquiert de l’argent ce qui stimule la production. Pourtant cette situation ne dure pas au-delà de 280 c'est-à-dire la date de stabilisation du monde hellénistique. Vers cette date, un nouvel équilibre économique est en place et la Grèce n’est plus le bénéficiaire de l’exploitation. Les hommes ont abandonné la vieille Grèce au profit du « nouveau monde » : l’orient. La production de la Grèce est concurrencée et n’est plus prospère. Les produits agricoles de Grèce ne se vendent qu’à un faible prix et la classe des petits propriétaires souffrent. Il en va de même pour l’industrie. L’industrie grecque supporte maintenant la concurrence de l’orient. En effet, l’industrie de l’orient parvient à se suffire à lui-même en perfectionnant sa production. Il réussit même à exporter en Grèce, le commerce, lui, a pris un développement très important. La méditerranée orientale est parcourue par des échanges, une intensité d’une ampleur inconnue alors. On constate que le Pirée, qui à l’époque classique attirait tout à lui a perdu son rôle prédominant. Le commerce, si florissant en Grèce à l’époque classique, a décliné dans cette vieille Grèce. Le pays exporte moins et n’est plus qu’un intermédiaire, alors qu’à l’époque classique il était le centre. Les routes principales du trafic ne sont plus centrées sur la Grèce. Ainsi cela provoque le déclin d’Athènes, autrefois si brillante à l’époque classique. Athènes reprendra vie au IIème siècle avec une prospérité apparente, mais la capitale du monde grec classique n’est plus qu’un souvenir. Ainsi, l’éclat de la Grèce classique a disparu et la vieille Grèce a cédé sa place à de nouveaux pays plus jeunes et plus aptes à évoluer dans ce nouveau monde.
Ainsi, économiquement et en matière d’étendue du territoire, les nouvelles monarchies hellénistiques ont bien plus de puissance que la Grèce classique. De plus, en Grèce, les grecs étaient seuls contrairement à l’orient où un apport humain était continu. Beaucoup de grecs qui fournissaient l’administration et les hautes classe des monarchies hellénistiques migrèrent en orient. Cette expérience de migration pouvait aboutir à deux choses : l’hellénisation du monde nouveau ou l’exploitation, de l’orient.
La Grèce n’était pas favorisée par la nature de même l’orient ne l’était pas partout. Pourtant les pays les mieux pourvus ne manquaient pas et les conquérants de cette terre eurent une vision « d’Eldorado » de ce monde et leur premier geste fût le pillage. Par la suite, une exploitation ordonnée des terres fut mise en place. Tout n’était pas rudimentaire en orient : l’irrigation était utilisée, certaines techniques artisanales étaient innovantes. Pourtant la Grèce contribua largement au développement économique de l’orient. Les nouveaux maîtres, souverains hellénistiques, apportèrent une paix assez imparfaite mais une paix dans l’empire perse qui avait été en proie à une crise intérieure. La sécurité fut plus grande qu’autrefois et cela constitue un apport des grecs. Cette paix permit l’action de l’administration. Certes chez les Séleucides, nous avons vu que nombre de leurs pratiques étaient héritées de l’empire perse, mais l’administration grecque apporta quelques autres éléments. L’administration développée en Grèce classique était plus exacte et supérieure à l’administration perse. En effet, la royauté perse avait relâché sa vigilance sur certaines régions et l’administration grecque vint mettre de l’ordre. Les grecs rétablirent et créèrent des moyens de communication. Sans cette tâche primordiale l’autorité royale ne pouvait agir. Sans cela aussi, le commerce ne pouvait être. On restaura les parties, les canaux, les routes ayant souffert de l’anarchie intérieure. Les Grecs développèrent également des terres cultivables, en ouvrirent d’autre, en étendirent d’autre. En fait, les souverains hellénistiques restaurèrent et poursuivirent uniquement l’œuvre de leurs prédécesseurs. Mais les Grecs innovèrent également à l’aide de techniques plus savantes. Les ingénieurs trouvèrent en Orient la main d’œuvre et l’argent nécessaire à leurs travaux. Les ports furent une des innovations majeures que les Grecs amenèrent. Les ports furent multipliés tout le long des côtes, protégés et améliorés. Ainsi, ce fut un bénéfice pour l’équipement économique de l’Orient que l’installation d’émigrants grecs et la fondation de villes nouvelles. Les Grecs fournirent des cadres techniques pour exploiter au mieux des ressources naturelles. Les villes furent des marchés dans des régions qui en étaient autrefois dépourvues. Les Grecs amenèrent des procédés d’exploitation inconnus alors en Orient où perfectionnèrent ceux qui existaient déjà. La culture de la vigne se développa, la culture de l’olivier se développa en Asie Mineure. Des souverains montrèrent un intérêt certain pour ces choses et, par exemple, l’administration fit planter des arbres. Un roi ordonnait à un de son entourage de chercher systématiquement à avoir une seconde récolte annuelle. Ainsi, on avait une action politique sur l’économie. Mais cette action était faible et ne pouvait se révéler efficace dans tous les domaines. Une autre chose et celle là révolutionnaire a été importé par les Grecs ; il s’agit de la monnaie. Celle-ci était peu usitée en Orient avant Alexandre. Ce manque constituait un obstacle à l’essor des échanges et par là bloquait le développement de la production. Mais avec Alexandre et ses successeurs, tout ceci changea et un monnayage abondant fut réalisé. Le système athénien de l’époque classique fut introduit en Orient et l’emporta sur toute l’Asie. Malgré quelques imperfections, la domination des Grecs eut pour effet de donner une formidable impulsion à l’économie de l’Orient.
Le développement de la vie économique est frappant et elle atteignit un haut degré alors inconnu du monde oriental. L’Egypte, par l’abondance de ses ressources tirées du sol, semble l’emporter sur toutes les régions. Le royaume lagide a en sa possession de très importantes quantités de céréales pour l’exportation. L’industrie va aussi dans ce sens : l’Egypte l’emporte. Elle est bien ravitaillée en matières premières et possède une main d’œuvre qualifiée. Ainsi, elle exporte du papyrus dont elle possède aussi le monopole. Mais elle est concurrencée dans d’autres domaines. Nous voyons, par l’exemple de l’Egypte, l’abondance de la production en Orient. Ainsi, on peut constater une économie florissante dans tout le monde hellénistique.
Toutes ces exportations contribuent à alimenter un commerce très actif. Pourtant ce n’est point le visage de l’âge classique qui est représenté. En effet, ni dans le domaine de l’industrie, ni dans le domaine agricole, la Grèce ne peut lutter contre les puissances à qui elle a fourni les technologies manquantes pour arriver à leur économie florissante. L’Orient s’est fermé car il se suffit à lui-même et n’a nul besoin d’importations. De plus, il peut concurrencer la Grèce qui dominait le commerce à l’âge classique. Le résultat donné par l’apport grec est une véritable révolution commerciale dont l’ancienne puissance de l’âge classique, Athènes, est la victime. La Grèce importe toujours mais ses exportations sont faibles et sa marine, jadis puissante, n’est plus en mesure de dominer le trafic en Mer Egée. Le trafic se fait plutôt dans le sens Nord/Sud le long des côtes orientales. Dans le monde hellénistique, les épices commencent à apparaître et à jouer un rôle dans l’économie. Les régions éloignées fournissent les produits de luxe aux classes dominantes et cela crée encore des flux. Une concurrence s’établit alors dans le but de surveiller les routes de commerce et faire aboutir dans son royaume les produits luxueux. Les routes commerciales ont bien changé et sur mer, les Ptolémées avec le plus souvent du succès, dévient le trafic de la mer vers leurs ports. Des routes de commerce autrefois usitées fréquemment sont abandonnées. Une route en Asie partant de Bactriane gagne l’Iran et la Babylonnie où une ville créée par les Séleucides, Seleucie du Tigre, sert d’entrepôt à tout ce qui arrive. Cette ville est leur capitale orientale. Une autre route importante quitte l’Euphrate en Syrie du nord pour rejoindre Antioche, capitale occidentale des Seleucides . Ainsi les routes de commerces ont bien changées et le temps où tout était centré sur la Grèce est révolu.
L’économie dans le monde hellénistique connaît donc une forte impulsion. Mais l’état intervient pour mener ce développement dans l ligne de ses intérêts. Ces intérêts sont fiscaux afin d’augmenter les revenus des impôts ou d’instituer un monopole. Mais il y a aussi des intérêts matériaux : chaque souverain est intéresse par l’augmentation des biens de consommation. Pourtant, le roi ne songe pas à augmenter le niveau de vie de ses sujets pour la plupart extraits des basses classes sociales. C’est dans son intérêts de maintenir ce niveau faible car le prix de revient de production des marchandises lui est plus avantageux. Cette conception a fait le malheur de l’économie grecque. Très peu de souverains ont songé à l’avenir. La plupart a cherché à exploiter frénétiquement pour accroître l’économie.

Ainsi l’économie grecque classique a été importée en orient et a fusionné pour offrir un essor de l’économie en orient. Pourtant si il y a eu association, il y a eu aussi destruction de l’ordre classique. Athènes dominatrice de l’époque classique a perdu le monopôle et la Grèce n’a guère d’emprise sur l’économie du monde hellénistique. Le monde s’est élargi et l’économie des grecs classiques s’est adaptée ce qui a eu pour effet de mettre la Grèce à l’écart.


III- Séleucie, capitale orientale de l’empire Séleucide, l’histoire de l’empire

A- Antiochos Ier

Au moment où intervint la disparition de Séleucos, Antiochos Ier, son fils, gouvernait les parties orientales du royaume. Le nouveau roi est face à une situation difficile.
C’est une crise successorale que doit affronter Antiochos Ier : plusieurs régions veulent profiter de la brusque disparition de Séleucos. L’Asie mineure constituait une des premières préoccupations du nouveau monarque. Avant de passer en Asie Mineure, il du affronter une révolte de la Syrie, cœur du royaume. Il triompha finalement mais Ptolémée II profita lui aussi de la situation troublée et assis son autorité sur les côtes d’Asie Mineure. Une fois la révolte de Syrie réprimée, Antiochos accourut en hâte en Asie Mineure mais conclut vers 279 une paix avec Ptolémée qui avait de la sorte agrandit son hégémonie sur les provinces littorales sans trop de mal. En Asie Mineure, à cause des difficultés syriennes et ptolémaïques qu’il affrontait, Antiochos Ier ne pouvait se rendre en Asie Mineure. Ainsi il dépêcha son stratège, Patrocle, pour sauver ce qui pouvait être sauvable. Un lieutenant de Patrocle se fit écraser par le bithynien Zipoités. Lorsque Antiochos Ier pu enfin passer en Asie Mineure, la situation était des plus troublée : Zipoitès était tombé et Nicomède Ier règnait lequel se battait avec son frère. De plus Nicomède avait cédé une alliance avec divers peuples joints par Antigonos Gonatas. Le Séleucide avait dons face à lui une vaste coalition. En 278, Gonatas et Antiochos conclurent une paix. Nicomède Ier était maintenant menacé par son frère et par le Séleucide débarrassé de Gonatas et il fit appel à l’aide des Celtes qui étaient les Galates. Ces barbares réussirent à débarrasser Nicomède de son frère. Puis, Nicomède poussa les Galates au sud les plaçant entre Antiochos et lui. Finalement, le roi séleucide sortit victorieux et enferma les Galates en Phrygie septentrionale qui devint le Galatie. Antiochos Ier, après en avoir fini avec l’Asie Mineure du affronter un nouveau conflit : la première guerre de Syrie qui s’acheva par un statu quo.
La seconde moitié du règne d’Antiochos Ier (271-261) est encore moins bien connue que la première. Les dix dernières années de son règne semblent avoir été consacrée aux affaires intérieures du royaume. La paix de 271 clôt la première guerre de Syrie. Apparemment, Antiochos confia les provinces d’Orient à son fils Séleucos et il y eut donc une corégence. En 268, Séleucos cesse d’être corégent remplacé par son frère Antiochos II. On a une crise dynastique : Séleucos aurait été exécuté à la suite d’un complot contre son père. Sur la fin de règne, des problèmes survinrent en Asie Mineure. Le vieux Philétairos de Pergame avec qui avait existé une bonne entente fut remplacé par son neveu Eumène qui entra en conflit avec Antiochos. Eumène remporta sur Antiochos vers Sardes une victoire qui marqua la rupture entre Pergame et l’empire séleucide. Du coup, Eumène gagnait des territoires et Antiochos perdait des terres riches. La perte était importante. Le Séleucide ne survécut guère et en juin 261, il disparut.

B- Les problèmes des terres orientales du royaume de Séleucos Ier à Séleucos III

Les Séleucides ont hérité des problèmes posés par la conquête d’Alexandre dans les parties orientales de l’empire. Il y a le problème d’administration de ces lointaines satrapies et de leur défense. Il y a ensuite un problème humain : la cohabitation des indigènes et des Gréco - Macédoniens. C’est l’incapacité à résoudre ces problèmes de manière durable qui provoque l’affaiblissement de la domination séleucide dans ces régions pour aboutir à la dislocation de leurs possessions orientales. La cause la plus voyante de la fragilité de l’empire est son extension énorme aggravée par la multitude des pays constituant l’empire. Antioche constituait une capitale occidentale et il était difficile voire impossible d’administrer et de défendre efficacement les terres orientales depuis Antioche. C’est pourquoi ce sera plus tard Séleucie du Tigre qui fut nommé capitale orientale. Ainsi, il y avait deux capitales dans le royaume et cela rendait l’administration de ces terres lointaines plus aisée. Antigonos le Borgne avait bien compris le problème et avait donné le commandement de la Médie et des autres satrapies supérieures à Nikanor (c’est l’origine des Hautes satrapies). Cette solution n’empêcha pas Séleucos en 312 de prendre sous sa coupe les satrapies supérieures. Mais Séleucos du sacrifier du territoire, lointain et mal défendable, et conclut un accord économique avec l’Indien. L’Iran oriental ne faisait alors pas partie de ses premières préoccupations.
A l’époque où la menace indienne aurait surgi, Séleucos avait conquis par l’épée la plus grande partie de l’Iran. En 294/293, Séleucos, qui est animé de la volonté de s’occuper des affaires occidentales confie la charge des Hautes – Satrapies à son fils avec la dignité royale. Cette double régence du royaume (avec les deux capitales mentionnées plus haut) sera suivie dans les générations suivantes. Cette partition de l’empire montre la difficulté et l’immensité de la tâche auquel devait se consacrer la monarchie séleucide. Il est étrange de constater que c’est l’Euphrate qui marqua la limite des satrapies orientale et Séleucie comme capitale. Pourtant, il est probable qu’Antiochos Ier durant sa corégence vécut plus en Iran qu’en Babylonie. Sous le règne de Séleucos, l’Iran fut pacifié mais l’on ne connaît pas ou guère les actions entreprises par le corégent, Antiochos Ier. L’Iran est une région qui va jouer un rôle particulier dans l’histoire de l’empire séleucide. Cet Iran rejetettait en partie l’hellénisation. Alors que Ptolémée III envahissait la Syrie et la Mésopotamie, le satrape séleucide de Parthyène – Hyrcanie fit sécession (vers 245). C’est le satrape Andragoras qui mena la révolte mais celle-ci sera réprimée par la suite et ce n’est là qu’un signe des premiers craquements de l’Iran.
De 241 à 239, les deux fils d’Antiochos II (roi de peu d’importance) luttèrent pour la succession. Antiochos Hiérax écrasa son frère, Séleucos II, à Ancyre (vers 240/239). Au lendemain de cette bataille, eut lieu le grand craquement en Iran et les Parthes entrèrent en jeu. Hiérax périt ensuite à la suite de sa défaite face à Attale Ier de Pergame. Séleucos II, au lendemain de Ancyre tenta de rétablir la situation très compromise de l’Iran depuis 245 (sécession d’Andragoras) puis depuis environ 239 (les Parthes entrent en jeu).
On a vu l’irruption soudaine et la révolte de Androgaras. Il apparut alors un autre personnage, Arsace, qui, ayant appris que Séleucos avait été vaincu en Asie et estimant qu’il n’avait rien à craindre de la part du nouveau pouvoir royal, il passa en Parthyène avec une bande de pillards et refoula Andragoras. Il s’appropria le domaine et le peuple. C’est le début des Parthes. Ces évènements intervenant pendant la lutte fratricide entre Antiochos Hiérax et son frère, Séleucos II durent amener ce dernier à conclure la paix avec son frère (paix attestée en 236). A ce moment là, Séleucos possède encore plusieurs régions telle que la Cilicie, la Syrie, la Mésopotamie,…Séleucos prépare donc une expédition contre Arsace et parvient à le refouler dans la steppe mais des complications occidentales lui interdisent d’exploiter ce succès. C’est finalement Arsace qui va vaincre Séleucos II et cette victoire sera en quelque sorte la « fête nationale » des parthes. Malheureusement on ne connaît pas la date précise. L’expédition en Iran de Séleucos commence probablement vers 237. C’est dans les années 237 – 227 que Séleucos tenta de rétablir la situation iranienne. Mais l’affaire fut de courte durée. Finalement l’abandon de l’expédition de Séleucos montra que les tâches du côté de la Méditerranée sont plus importantes que du côté de l’Iran. Séleucos II meurt en 226, il n’est pas le membre de la dynastie le plus illustre mais est très actif même si sa tentative de récupérer l’Iran des Parthes à échouer.
Le règne de Séleucos III fut bref et la seule chose certaine qu’il ait accomplie est une expédition contre Attale Ier en 223. Il se pourrait que cela ait été une tentative de reconquête de l’Asie Mineure. Au printemps 223, Séleucos III franchit le Taurus et périt assassiné. Son jeune frère était alors en Babylonie. A la mort de Séleucos III, en Orient comme en Occident, le royaume est en proie à une grave crise et la situation est mauvaise des deux côtés.

C- De Antiochos III à Antiochos IV ou la décadence de l’empire

Assassiné en Phrygie en 223, Seleucos III laisse une succession difficile à son frère. Pourtant l’armée avait acclamé Achaïos à la place de Seleucos. Mais Achaïos refusa le trône et fit connaître les droits d’Antiochos III alors gouverneur général des Hautes Satrapies. . Des dispositions administratives furent prises : Achaïos fut nommé gouverneur général d’Asie mineure, Molon gouverneur des Hautes Satrapies et Hermias devint le préposé aux affaires. Achaïos, fin stratège, mena une campagne foudroyante en Asie mineure et au cours de l’été 222, les anciens domaines de la dynastie étaient repris.
Le règne Antiochos s’annonçait favorable. Le loyalisme Achaïos lui avait donné le trône et les postes les plus hauts dans l’administration étaient occupés par des personnes très compétentes. A peine la situation réglée une crise éclata pourtant. Hermias, en fonction depuis avant 223 visait à établir une centralisation administrative de l’empire qui visait à diminuer le pouvoir des gouverneurs pour les avoir entre ses mains. Si il y parvenait, cela aboutissait à un renforcement du pouvoir du préposé aux affaires. Or la volonté de puissance d’Hermias se heurtait à d’autres ambitions rivales. Molon se révolta dès sa mise en fonction. La cour apprit ce soulèvement à l’été 222 et Epigènes, un stratège, conseilla au roi de réagir immédiatement. Hermias s’opposa à ce conseil et affirma Antiochos III devait rendre la Syrie à Ptolémée III. Le roi se rangea à cet avis et gagna la Syrie tandis que la répression de la révolte était confiée à deux stratèges, Xénon et Théodore. A peine Antiochos avait-il gagné la Syrie qu’il apprit que les deux stratèges avaient été vaincus et que Molon avait étendu sa domination. Il voulut se porter contre lui mais Hermias sut l’en dissuader et le convainquit de maintenir la campagne de Syrie. Un stratège mercenaire, Xéroitas fut envoyé contre Molon. Pourtant la campagne de 221 contre la Syrie n’était pas soigneusement préparée et Antiochos ne put passer les puissantes fortifications ptolémaiques et dut effectuer une retraite. Le stratège Xéroitas se fit écraser sur le Tigre et Molon s’empara de la Séleucie. L’année 221 commençait mal. Le roi devait concentrer ses efforts sur Molon. Hermias voulait détourner l’attention du roi afin de garder le pouvoir. Lorsque le roi écouta les conseils d’Epigène pour se porter contre Molon, Hermias fit assassiner Epigène prétextant une trahison. Sous le commandement de Zeuxis et avec la présence du roi, les opérations contre Molon fut rapidement menées. Molon fut vaincu et se suicida. Antiochos III regagna Antioche à l’automne 220 et était enfin maître de lui : Il avait fait assassiner Hermias, geste approuvé par la population. A son retour à Antioche il apprit qu’Achaïos s’était fait roi d’Asie Mineure.
Pourtant Antichios III ne se met pas tout de suite en campagne contre l’usurpateur et se contente de lui adresser des reproches. Il se consacre ensuite à la préparation de la quatrième guerre de Syrie sans se soucier de ses arrières, arrières qu’ Achaïos ne menacera jamais. La quatrième guerre de Syrie dont nous verrons le déroulement plus tard s’achève par la bataille de Raphia en 217 où Antichios III fut défait et se replia sur Antioche. Antiochos, vaincu par Ptolémée IV ne pouvait plus prétendre à une autorité sur Achaïos. Même si ce dernier n’avait pas de visée conquérante, il était indépendant. Antiochos III ne pouvait plus tolérer cette situation. A peine remis de la débâcle de Raphia, Antiochos III fait alliance avec Attale et franchit le Taurus pour mettre fin à cette corégence. La lutte entre les deux rois se concentra autour de Sardes et la ville fut prise en 215 par Antiochos. Pourtant, Achaïos demeure enfermé dans l’acropole de sa capitale. Par traîtrise, Antiochos III captura Achaïos qui fut supplicié.
L’Iran constituait maintenant un des buts d’ Antiochos. Le souverain conclut des traités avec les trois vassaux de la région et ces rois devinrent ses sujets. Il dut les laisser subsister mais améliorer ses positions en Iran. Antiochos III n’a remporté que des demis succès en Iran mais a rétabli la situation.
Antiochos accomplit ensuite des opérations en Egypte dont nous verrons le déroulement plus tard. Au lendemain de la reconquête de la Coelé – Syrie, Antiochos voyait s’ouvrir à lui la possibilité de reconquérir les terres de ses ancêtres car la deuxième guerre de Macédoine venait d’éclater (en 198, les forces séleucides occupaient une partie des territoires qu’Attale Ier avait pris sur Achaïos). Lorsque les affaires en Egypte furent réglées, Antiochos pu se consacrer à ses visées sur l’Anatolie personnellement (il semble que ses stratèges soient déjà sur place). Au printemps 197, les forces séleucides se mettent en marche. Antiochos entreprend de prendre les places littorales de la côte sud ptolémaïque. Alors qu’il assiégeait une cité aux confins de la Cilicie, Korakésion, une ambassade rhodienne lui fit savoir que les rhodiens ne toléraient pas qu’ Antiochos pousse plus avant son armée. C’est alors que la nouvelle Cynoscéphales parvint aux Rhodiens. Ceux-ci convaincus que cette annonce allait intimider Antiochos renoncèrent à leur intention de guerre. Pourtant, cela n’arrêta pas Antiochos et il prit sous sa coupe les cités libres et les cités ptolémaïques de la côte. Ephèse devint sa base égéenne de première importance. A la fin de l’année, il avait atteint les détroits et prenait Abydos des mains de Philippe V. Deux cités lui résistèrent et firent appel à Rome. Les deux villes, Smyrne et Lampsaque demandaient à Rome de garantir leur liberté contre Antiochos.
Au printemps 196, le Séleucide passe en Thrace. Le sénat lui adjoint de ne pas passer en Europe avec une armée ou d’attaquer une cité autonome. Pourtant, Antiochos n’est pas rentré de guerre. Le sénat envoya L. Cornélius Lentulus attaquer en orient afin d’obtenir une médiation entre Antiochos et Ptolémée V. Les partis se réunirent à Lysimacheia où il fut prié à Antiochos d’évacuer les places prises à Ptolémée et celles que les Romains venaient de prendre à Philippe. Antiochos leurs rétorqua que les affaires d’Asie ne concernaient pas plus les Romains que les affaires de l’Italie ne le concernaient lui-même. Pour se qui concerne la Thrace, il répondit qu’il ne faisait que reprendre les terres auxquelles son ancêtre Séleucos I du fait de sa victoire sur Lysimaque avait droit. La médiation n’aboutit à rien. C’est le premier heurt entre Antiochos et Rome. Rome ne peut pas sans perdre la face auprès des cités grecques laisser agir Antiochos et ce dernier, pour ne pas perdre la face auprès de son peuple et de son entourage, ne peut pas renoncer à ses prétentions de restaurations dynastiques. Pour l’instant les deux adversaires ne font que se regarder.
En 195, la méfiance romaine est accrue par un nouvel arrivant à la cour d’Antiochos III : Hannibal. A Rome, pourtant la majorité ne veut pas la guerre. Au début 193, Antiochos dépêcha une ambassade à Rome pour solliciter leurs amitiés, Flaminius qui s’occupait des affaires orientales eut à décider. Flaminius fit savoir à Antiochos que pour prix de la reconnaissance de ses droits sur la Thrace, il devait reconnaître la défense de Rome sur les cités grecques d’Asie. Antiochos agissait ainsi car Pergame forte de son alliance romaine repoussait les propositions d’attirance d’Antiochos. Le souverain séleucide désirerait briser cette défense de Rome et demandait donc une alliance. Les ambassadeurs répondirent à Rome qu’ Antiochos allait réfléchir sur ces conditions. Rome dépêcha ensuite une ambassade qui se rendit d’abord auprès d’Eumène II qui, méfiant, poussa Rome à la guerre. Les légats rencontrèrent Antiochos mais on ne pu s’accorder. Ainsi, en 193, Antiochos proposa une négociation et Rome proposa un jeu de concessions et la négociation s’engagea. Mais la même année, voyant l’agitation Etolienne et pensant que c’est la source de difficultés romaines en Grèce, Antiochos choisit de différer la négociation pour que le rapport de forces s’inverse et qu’il puisse conserver ses positions. Ainsi il encourage les Etoliens à mettre le feu à la Grèce. En 192, l’accroissement de la confédération achaïenne et la fidélité de Philippe à Rome montre à Antiochos que, s’il n’intervient pas, le rapport de force ne s’inversera pas et il risque de se retrouver dans une bien moins bonne situation qu’au départ. Et il est contraint à la guerre.
En octobre 192, Antiochos III arrive en Grèce et amène 6 éléphants et 10 000 hommes à Démétrios. On a une coalition étolienne et séleucide. Les Achaïens restent fidèles à Rome. Antiochos réussit à s’emparer de Chalcis. Mais, début 191, les résultats militaires s’avèrent très décevants et Rome, Philippe et les Achaïens faisaient bloc contre Antiochos qui avait des forces faibles et des alliés douteux. Au printemps 191, gonflé par des renforts, les Romains font s’effondrer les positions d’ Antiochos et mettent en fuite ses alliés. La Thessalie est dégagée et l’armée romaine atteint la région du golfe lamiaque. Insuffisamment soutenu par les Etoliens, Antiochos ne peut affronter les forces qui avancent contre lui. Il décide de bloquer les Thermopyles. Le gros des romains se heurte aux retranchements séleucide tandis qu’une colonne secondaire surprend les Etoliens à l’arrière. Ce fut la débâcle et Antiochos ramena 500 hommes à Chalcis d’où il repartit pour l’Asie (fin avril 191). La guerre ensuite en Grèce est rapidement liquidée et au début de l’automne 191, les hostilités en Grèce sont terminées. Au printemps 190, les Scipions arrivèrent en Grèce et les Etoliens ne désirant pas accepter les conditions de Rome reprirent le chemin de Rome pour la négociation. Débarrassés du souci étolien, les Scipions marchèrent sur les Détroits. Il importait maintenant pour les deux parties de tenir la mer où le Séleucide était puissant. Séleucos, fils du roi, piétinait devant la capitale du royaume de Pergame. Il fut bientôt rejoint par son père mais les portes de la ville restèrent closes. Antiochos fit des propositions de négociations au prêteur de la flotte romaine, mais elles furent rejetées. En août 190, les Rhodiens battaient une flotte de renfort et en septembre les coalisés infligeaient un défaite à la flotte séleucide. Ces victoires assurèrent aux Romains la maîtrise des mers. Aussitôt, Antiochos évacua la Thrace et l’armée romaine passa sans coup férir en Asie. Là elle fit jonction avec Eumène II. Fin 190, il tenta la négociation mais les exigences romaines étaient trop grandes. Antiochos avait entre temps réuni une armée plus de deux fois supérieure à celle des Scipions. Les Romains avaient trente mille hommes sous leurs ordres et Antiochos soixante douze mille. Antiochos attira les Romains sur un terrain lui étant favorable : à Magnésie en Sipyle. Ce fut un désastre pour Antiochos qui du fuir. Antiochos se résolut à traiter.
Après Magnésie, il fallait définir les causes du traité et organiser les territoires enlevés à Antiochos. Des préliminaires à cette paix avaient été réalisés à Sardes en 189. A Apamée, en 188, les clauses sommaires de Sardes sont développées. La frontière de l’empire séleucide est fixée au Taurus. Antiochos III devait enlever les garnisons des régions qui lui étaient ravies, limiter ses armements en éléphants et en marine. Il devait livrer des otages et les personnages « anti - romains ». En plus de l’indemnité de guerre très lourde et du ravitaillement de l’armée romaine en Asie mineure, Antiochos devait détaxer des marchandises de sortant de son royaume en direction de Rhodes. Le traité détruit les prétentions séleucides du côté de l’occident.
C’est la fin lamentable du roi qui a essayé de restaurer dans son extension et même au-delà l’empire de son ancêtre Séleucos. Cela n’a aboutit qu’à la décadence.
Séleucos IV prend la succession d’ Antiochos III mais est assassiné. Antiochos IV devenait roi au prix d’un coup d’état complexe. Il devient roi avec la bénédiction de Pergame. Il du affronter la sixième guerre de Syrie dont nous verrons le déroulement plus tard. Antiochos mène des actions contre les juifs qui aboutissent à une paix. En 165, Antiochos IV part pour l’orient après avoir confié la partie occidentale du royaume à son préposé aux affaires. En 164, il disparaît. Ce règne est très obscur, et si Antiochos avait voulu restaurer la grandeur de l’empire, son échec est visible. Son règne est marqué par la sixième guerre de Syrie mais sinon ses actions ne font pas grand-chose pour l’empire. La gloire et la puissance de la dynastie séleucide n’est plus.






































3eme partie- Le sud du monde hellénistique

I- Alexandrie, capitale des lagides

A- La ville et ses monuments remarquables

Alexandrie est l’une de métropole les plus fleurissantes de son temps.
Strabon nous livre dans sa géographie une description de la ville en se mettant dans la peau d’un voyageur venant de la méditerranée. C’est ce qui nous permet aujourd’hui de nous en faire une représentation telle quelle était à son époque.

La ville est enserrée par la méditerranée au nord et le lac Mariout au sud. Un réseau orthogonal de rues permet au vent de circuler ce qui rend la température agréable dans les ruelles. En se dirigeant vers le grand port, on voit sur la droite le Phare et à gauche la presqu’île fortifiée de Lochias (Akra-Acropole) où se dresse l’un des palais royaux.
En entrant dans le port, assez profond pour que les plus gros navires puissent y jetés l’ancre, on aperçoit dans le prolongement du mur du palais, l’ « enceinte palatiale » avec ses appartements aux couleurs vives bosquets. Le quartier des palais (Basileia) occupait vraisemblablement un quart voir un tiers de la citée. En effet, chaque souverain se faisait bâtir son palais qui venait se rajouter en l’ensemble. Tous sont reliés au port au port et au palais qui se trouve sur Lochias. Le sèma, ensemble funéraire qui comprend les tombeaux d’Alexandre et des rois. A un endroit de l’enceinte palatiale s’élevait le Musée, qui était pourvu d’un portique, d’une exèdre, et d’un grand bâtiment servant de réfectoire aux hommes de lettres qui y travaillaient. En face, on aperçoit le théâtre qui domine l’île. Il y a aussi le Poséidonion, une avancée de ce que l’on appelle l’Emporion, avec un temple Poséidon. Puis les arsenaux s’étendent jusqu’à l’Heptastade. C’est lui qui relie le continent à l’île de Pharos, il comporte deux passages couverts et une conduite d’eau. Après cela, vient le port d’Eunoste (port du joyeux retour) avec le Kilbotos, port artificiel de forme carrée qui abrite d’autres hangars à bateaux. De là, un canal navigable conduit au lac Mariout. En longueur, les dimensions de la ville atteignent plus de trente stades (cinq virgules quatre Km) sur sept à huit stades de large (mille deux cent soixante – mille quatre cent quarante mètres environ). La ville est aménagée pour les piétons aussi bien les chars et deux grands axes la découpe, large de cent pieds (trente mètres), se croisent en angle droit. Dans le centre ville se trouvent de nombreux édifices publics dont le plus magnifique est sans conteste le gymnase, avec ses portiques longs d’un stade (cent quatre vingt cinq mètres). A l’intérieur se trouvait le Panéion (Sanctuaire du dieu Pan). La ville est aussi ceinte de large et épaisse muraille qui s’étendait sur une quinzaine de Kilomètres et comptait, après Syracuse et Athènes, parmi les longs remparts du monde hellénistique.

Le Sérapéion, est construit dès le règne de Ptolémée Sôter, dans le quartier de Rhacôtis. Nous ne savons presque rien de ce sanctuaire à pars qu’il est anciens car son orientation diffère de quatre ou cinq degré du réseau des rues (A voir P94). Ptolémée III en fit rebâtir par-dessus mais encore une fois peu de vestige nous sommes parvenues. Puis sous l’empire cet édifice va être à son tour intégré dans un édifice plus beau comme nous le prouvent les fouilles archéologiques qui ont mis au jours des plaques de fondations en or, en argent, en bronze, en faïence, en verre et en argile nilotique du Nil. Sur la plaque d’or l’inscription mentionne la construction d’un temple dédié à Sarapis et d’un espace sacré par le « roi Ptolémée fils des époux « frère et sœur aimant des dieux » Ptolémée et Arsinoé », a gauche de l’inscription grec on remarque des Hiéroglyphes qui reproduisait le texte grec. C’est Ptolémée III Evergète donc il est question ici. Le Sérapéion était soit un temple in antis soit un temple prostyle tétrastyle de dimension modeste (au maximum 22x12 mètres). Sous Ptolémée IV on rajouta un petit sanctuaire, sur le flanc oriental, dédié à Harpocrate. Cet événement nous relater par des inscriptions bilingue et l’on remarque que les deux textes sont identiques.

Après avoir fait « détourné » le corps, Ptolémée Sôter décida de l’enterrer, dans la nécropole de Saqqarah dans la nécropole de Memphis. Mais durant son règne, et à causes de la décision de changer de capitale, il décida de déplacer la dépouille à Alexandrie. On ne sait pas exactement où se trouva se second tombeau mais l’on pense que pour surveillé cet objet de convoitise, il devait se trouver soit près de l’acropole soit près du quartier palatiale. Puis le roi Ptolémée Philopator IV, fit construire la Sèma qui rassemblait les corps des premiers souverains lagide ainsi que de leurs épouses et qui désormais reposait au coté de leur « ancêtre » Alexandre. Ce monument ce trouvait dans l’enceinte du palais et était protégé par des murailles. Le corps se trouvait sous une voûte (antrum) tandis que les rois et reines reposaient dans le même tumulus dans des tombeaux séparés en forme de pyramides et de mausolées. Cette partie, à l’intérieur de la Sèma s’appelait Ptolemaeum.

Depuis longtemps les savants grecs se sont intéressés aux sciences orientales. Lors de ces conquêtes d’Alexandre, n’eu pas seulement pour but d’étendre son territoire, il entreprit de l’explorer plus en détails pour cela il détacha des expédition de généraux et de savants dans des contrées jusqu’à lors inconnue, ce qui permis de faire considérablement avancé les connaissances en matière de géographie. Les rapports de ses missions on ensuite provoqué un vague sans précédent de recherche sur les propriétés physique de la terre et sur ses habitants.
L’émergence d’une culture universelle va aussi favoriser, l’intérêt que porte nombre de savants grecs à l’orient. C’est à cette époque que va être crée la bibliothèque née d’une volonté des rois Lagides de globaliser tout le savoir en un même lieu afin d’attirer le plus possibles de chercheurs à Alexandrie. On ne sait pas quel roi décida de sa création mais on l’on apprend de source sûr que Démétrios de Phalère, anciens gouverneur d’Athènes et membre de l’école péripatéticienne, réfugié à la cour des Ptolémée, fut le fondateur de la bibliothèque et du musée puis le premier directeur de celui-ci. Comme il nous l’ai dit dans la lettre d’Aristée « Démétrios disposait de moyen financiers importants afin de rassembler tout les livres du monde. [...] Il fit de son mieux pour accomplir le dessein du roi ». Il semble pourtant que la collection soit en grande partie constituée d ouvrage grec. Les achats de livres se faisaient en particulier Athènes et à Rhodes de manière légale mais parfois ce n’était pas le cas, comme par exemple pour les manuscrits de Eschyle, Sophocle et Euripide. Le roi Ptolémée III réussit à les faire sortir des archives d’Athènes, en gageant 15 talents d’argent, sous le prétexte de le faire copier, mais il ne les rendit pas et envoya les copies à Athènes en abandonnant son argent. Derrière les ouvrages grecs viennent les ouvrages égyptiens. Les rois avaient compris que pour solidifier les bases de leurs pouvoirs ils avaient besoin de bien connaître l’histoire et la population de ce pays. Ils demandèrent aux prêtres égyptiens de rédiger des manuscrits sur les traditions anciennes, mais bon nombre allèrent même jusqu’à chercher les informations eux même et Hécatée d’Abdère composa même une histoire de l’égypte. De plus la bibliothèque contenait des écrits d’autres nations. Les textes religieux n’en sont pas exclus. On retrouve des études sur le zoroastrisme, mazdéisme perse et même des textes bouddhiques. Il y eut aussi la traduction de l’hébreu au grec de la torah (la septante). Très vite les livres afflues et la place vient t’à manqué et certains ouvrages seront amené au Sérapéion. Enfin un homme, Callimaque de Cyrène réputé pour son immense savoir décida de réaliser l’énorme projet de faire un inventaire bibliographique de tous les livres. Cela a donné les Pinakes qui nous sont parvenue de façon fragmentaire.

Enfin, comment parler d’Alexandrie sans évoquer sa merveille du monde. On ne sait pas par qui il a été commandé mais le but de cet édifice grandiose avait pour but de sécuriser la navigation et son feu guidait les navigateurs de nuit comme de jours. En effet la baie alexandrine est peu sure en témoigne les nombreuses épaves de navires grecs ou romains retrouver dans la baie. Implanté sur la célèbre île de Pharos, le phare, du haut de ses trois étages dominaient toutes les autres constructions. Le monument est aussi un formidable vecteur de propagande comme les prouvent les impressionnante statues des empereurs lagides représentés en pharaon ainsi que leurs épouses représentées en Isis. Ces statues, aux nombres de sept, mesure jusqu’à 10.30mètres de haut et pour conforter encore plus cette idée de monumentalité, une porte de 12.70 mètres de haut a aussi été retrouvée. Son style dorique emprunte sa technique et les décors à l’art hellénistique tandis que son matériau (granit rose) et son monolithisme rappellent les influences de la sculpture égyptienne. Les personnages debout, en position de marche adossés contre un pilier sont de la tradition pharaonique, tandis que certains détails, la mouluration des bases, le galbe de la poitrine, le nœud de la robe d’Isis, la mèche de Ptolémée et le diadème royal posé sur le Némès sont d’origines Hellénistique.

B- L’architecture urbaine

Une véritable révolution se produit au cours des 3ème et 2ème siècles dans les principes de la composition architecturale. L’édifice cesse d’être traité pour lui-même, dans son individualité et sa fonction spécifique. La recherche des valeurs plastiques et picturales mène les architectes à composer par ensemble, à intégrer les édifices isolés dans un tout organisé et dessiné pour mettre quelques points en valeurs sur un fond de lignes ou de décors qui les détache et accroît leur relief. C’est ainsi que se crée un paysage architectural dans lequel les masses monumentales sont dépendantes les unes des autres, se mettent en valeur les unes par les autres et sont soumises à un cadre où les grandes règles de symétrique, de disposition par rapport à des axes, de rapports de volume à volume, se manifestant d’abord de manière discrète puis s’impose de plus en plus. C’est ainsi que les sanctuaires, les agoras, constitués par des édifices isolés dans l’espace, orienté suivant leur loi propre ou en rapport avec les éléments extérieurs (terrasses, rues, carrefours), se ferment progressivement ; les esplanades et les places sont enveloppées de portiques qui définissent et découpent un espace dont tout l’intérieur est aménagé comme celui d’une construction unique. Les conditions politiques et économiques du monde hellénistique ont favorisé la naissance, du moins l’extension de cette architecture monumentales. Elle répondait à la politique pratiquée par les princes hellénistiques, en liaison avec le mouvement d’urbanisation lancé par Alexandre et qui sera systématiquement développé par ses successeurs. Les Attalides à Pergame, les Séleucides à Séleucie, les Ptolémées à Alexandrie (d’Egypte) ont sous leur pouvoir des ateliers d’architectes et d’ingénieurs qui créent et ne cessent d’embellir le cadre architecturale où se déploie leur puissance. L’architecture n’est plus seulement au service des dieux, des riches gens et de la cité : elle se hisse au niveau des ambitions politiques de ces monarques, elle prend un caractère ostentatoire qui transforme toute fondation, même privée, comme celle d’un hérôon, en une masse complexe ; elle transforme la maison traditionnelle en palais ; elle fait de la place publique un vaste ensemble monumentale ; elle associe les petits édifices publics ou privés, fontaines, bains, …à des complexes urbains où la rue devient un élément elle-même un cadre monumentale qui s’organise avec les façades décoratives des nymphées, des gymnases, les loggias des palais, les propylées des temples ou des marchés. Pergame, grâce à l’étendue et à la richesse de l’exploration archéologique, offre de nos jours le meilleur exemple des progrès et des réalisations de ce grands mouvements de créations architecturale. Prenons la cité de Pergame pour illustrer les propos qui vont suivrent. Le plan de la ville révèle tout d’abord le principe fondamental des maîtres d’œuvres : s’adapter au terrain et associer étroitement, pour les unifier, le paysage et l’ensemble architectural. Par exemple le tracé de l’enceinte, souple et sinueux, se confond avec les courbes de niveau pour faire entrer les pentes abruptes, voire inaccessible, dans le système de défense même. L’axe directeur de la ville, obéit au même principe : il serpente en utilisant le relief de façon à relier les grands ensembles qui sont associés aux terrasses naturelles. Celles-ci sont ensuite aménagées et agrandies, fermées sur elles-mêmes d’abord et traitées ensuite séparément, puis en rapport les unes avec les autres. De cette rue principal, on progressait à travers des maisons, des boutiques d’artisans, les gymnases – dont l’entrée remarquable est, un ensemble de trois terrasses, adaptées aux mouvements du terrain - . C’est à la fin du 3ème siècle av. J-C., que Apollonis, femme du roi Attale 1er, faisant opérer des transformations d’une tout autre conception, que les formules de l’architectures pergaménienne sont mise au point : les terrasses sont structurées par des portiques qui les régularisent et les agrandissent en s’implantant sur la pente extérieur par de puissant contreforts qui créent un rythme dans le paysage lui-même. (On observe ce phénomène avec les gymnases (c.f. photo maquette)). C’est l’acropole qui, la première va bénéficier de ces innovations avec les travaux que va faire exécuter Eumène II sur cette dernière. Une longue terrasse va être créée ainsi que de puissants portiques et un élargissement des espaces.
Les terrasses et les dénivellations se lient et s’associe avec plus ou moins d’unité, mais où les volumes et les masses monumentales sont dégagées et mises en valeur au moyen de terrasses, régularisées par des portiques qui en définissent les contours et les lignes. Traitement paysagiste de l’architecture qui, après avoir été influencée par les progrès du dessin, inspirera en retour les peintres alexandrins et romains. Il ne faut cependant négliger les aspects fonctionnels de l’architecture hellénistique, que le goût du monumental a su préserver et parfois développer en des compositions équilibrées et très vigoureusement structurées. Parallèlement à l’urbanisme pergamien, se développe un urbanisme plus géométrique, plus linéaire, associé au plan orthogonal dont Milet et de nombreuses villes coloniales permettent de dégager les principes et les éléments. Aux diverses fonctions de la cité, politique, religieuse, commerciale, éducative, résidentielle correspondaient des zones dont l’aménagement architectural devait répondre à leur activité. Mais la conception du plan était en avance (au moment de la reconstruction, vers –475) sur la réalisation des programmes, et il fallut attendre les amples compositions hellénistiques pour remplir les cases du damier et fixer les caractéristiques du paysage urbain de Milet. Ses places, ses sanctuaires, ses marchés… sont disposés sur une équerre dont la branche nord aboutissait au port des lions et la branche ouest à la base du théâtre, l’agora du sud formant l’articulation. Portiques et colonnades doriques dessinent les axes et les contours de ces ensembles. Plus loin, dans le marché nord, les façades du temple et des propylées se détachaient en saillie pour briser la monotonie de l’ample déroulement des colonnades doriques dont l’extension et l’ampleur expliquent, sans toujours les justifier, les négligences stylistiques. La composition ne procède plus par étagements et rapports des volumes ; elle cherche ses effets décoratifs dans les saillies, dans le dégagement de certains motifs sur un fond où les colonnades jouent un rôle majeur. C’est ici que naît le décor des avenues monumentales qui vont bientôt se développer dans une grande partie des villes d’Orient.
Le sentiment de l’architecture monumentale est maintenant bien implanté et renouvelle les architectures traditionnelles. Par sa richesse d’innovation, son ingéniosité à diversifier les formules dans l’emploi d’éléments simple et relativement rarissime, par ses écarts aux traditions du classicisme, l’architecture hellénistique a pu dégager les multiples virtualités qui étaient en germe dans l’architecture classique et répondre, par de nouvelles formules, aux transformations profondes du monde grec dans les derniers siècles avant notre ère. Ces créations n’aurait qu’une valeur limitée si elles ne fournissaient, en plus de leurs propres réalisations, tous les éléments qui se trouvent à l’origine du grand développement de l’architecture romaine et occidentale.

C- Les cultes et croyances à Alexandrie

Alexandrie, la capitale du royaume lagide fondé par Alexandre, fut un lieu de rencontre des religions grecs et égyptiennes. Certes, dès Hérodote les grecs avaient rapproché certaines divinités comme Aphrodite est Hathor, Zeus est Hamon, ou encore Déméter est Isis.
Le panthéon des Hellènes sera bien ancré dans la capitale mais, on ira jusqu’à modifier l’image même de ces divinités, pour arriver à des formes nouvelles et des cultes originaux nés de la rencontre des dieux grecs et égyptiens. Les Empereurs se feront divinisés eux aussi. Malgré cela quelques traces de cultures égyptiennes subsisteront

Les Olympiens sont célébrés par les rois qui y attachent une très grande importance. La statue de Zeus « sauveur » se dresse au dessus du phare et, sous Ptolémée II, on promène sa statue sur un char lors de la grande procession (Pompè) des Ptolémaia. Ce défilé est en l’honneur des rois divinisés et Dionysos. On voue la même vénération à Héra et Athéna présentent elles aussi lors de cette procession. Celles-ci font avant tout l’objet de dédicaces privées, tandis que Athéna prend place dans le panthéon domestique Alexandrin, sous forme de statuette moulée. En province elle est même assimilée à l’égyptienne Neith.

Dionysos semble pourtant avoir une plus grande place que les autres dieux. En effet, c’est l’Archègéte de la dynastie Lagide au même titre qu’Héraclès, pour cela il bénéficie du soutient des rois et occupe ainsi la première place dans le cortège des ptokémaia, où il est entouré de satyre, ménades et des ses technites, acteurs et musiciens. De plus le retour de la statue de Dionysos de retour d’inde est l’un des moments les plus important de la Pompè.
En plus de cela, une autre fête le célèbre, les Lagynophories à Alexandrie où tous les hommes de la citée y sont conviés. Il c’est également répandu en province comme l’atteste une convocation du clergé dans la capitale pour assisté à cette manifestation.

Déméter, jouit elle aussi d’une grande faveur, cela nous est révélé par nombres de petites statuettes de bronze et en terre cuite retrouvées sur les autels domestiques et dans les tombes. Son temple, le Thesmophorion, pourrait être localisé proche du palais royale, voir à l’intérieur (selon Polybe). Elle fait aussi l’objet dans les faubourgs d’Éleusis, d’une fête annuelle, qui cependant rompt avec la tradition attique des rites et les mystères d’Eleusis. Ces mystères était rendu en Grèce dans le dème d’Eleusis, on sait rien de ce qui ce passait durant les cérémonies, on apprend juste qu’elles devaient permettre une meilleure existence post-mortem au royaume des enfers. La déesse est représentée debout, maintenant sa torche, l’himation couvrant sa coiffure en forme d’étroite corbeille, le bord du voile barrant en oblique le buste. Sous cette forme, elle peut être identifié à Isis, lorsqu’elle porte un châle isiaque noué sur le buste et les épis de blé sur la face sur sa haute coiffure.

Coré, sa fille semble associé parfois à sa mère semble faire l’objet d’un culte distinct. ????

Aphrodite, est assimilé à Isis ou à Hathor ainsi qu’au reine divinisée. On retrouve sa présence dans la statuaire (conformes au style et au canon de son temps). Adonis (amant de d’Aphrodite dans la mythologie grec), est aussi célébrer lors d’une fête organisé par Arsinoé II au palais royale où les alexandrin viennent honoré sa statue.

Bien que minoritaire le dieu Pan est honoré dans son temple le Panéion.

Le culte des souverains prend aussi une place importante dans la vie de Alexandrine. Ptolémée Sôter fonde le culte d’Alexandre divinisé. La procession des Ptolémaia institué par son fils Ptolémée Philadelphe, est connu grâce à un texte de Callixène. En une même fête, on met à l’honneur Dionysos, célèbre pour ces origines divines de la dynastie, l’enracine dans l’aura d’Alexandre et divinise son père. Leurs statues sont conduites sur des chars, lors d’une procession somptueuse à laquelle participe la famille royale, les élites et sans doutes la population d’Alexandrie. Dans le même temps, Ptolémée II crée son propre culte ainsi que celui de son épouse, Arsinoé Philadelphe, à laquelle un temple, l Arsinoéion est dédié. Le culte dynastique des dieux Adelphe est né, célébré du vivant du roi. Un sanctuaire des dieux Adelphes se dresse dans l’enceinte du Sérapéion. Le but du pouvoirs est de montré sa légitimité par le divin. Le mari et la femme prennent comme modèle Zeus et Héra. Le troisième Lagide poursuivra cela en se faisant dieux Evergète à son tour.

Rois et dieux se rejoignent. Les Ptolémées aiment à se parer des attributs de Dionysos, de Pan, d’Hermès, voire d’Hermès Thot. Arsinoé II Aphrodite, déesse marine est honoré dans son sanctuaire du cap Zéphyrion, à l’est d’Alexandrie, tandis que l’iconographie nous invite la même Arsinoé en Isis Séléné, Arsinoé III en Démeter-Isis, sur la mosaïque de Thmouis, Bérénice II, casqué d’une proue, s’est transformé en divinité protectrice des marins. Le nom et les épiclèses des souverains font état de ces assimilations divines. Plus ambiguës sont les images de reine peut-être assimilées à la bonne fortune (Agathê Tychê), figurant en relief sur des oenochoés en faïence : tenant une corne d’abondance, offrant une libation sur un autel, elles semblent participer à un culte public ou privé dont les finalités sont icconnues.

Avec le développement du culte dynastique, apparaissent d’importantes magistratures sacerdotales, attribuées aux élites grecques : prêtre des rois Adelphes, canéphore, athlophore ; leurs noms et leurs titre figurent sur l’en-tête des textes officiels. Ainsi s’agrandit le cercle du clergé alexandrin et provincial, que supervise le grand prêtre, l’archiereus.

Nul n’est plus Alexandrin, en apparence, que Sarapis, divinité conçu sous les premier Ptolémée, expressions d’une volonté politique. Rien n’est plus controversé que la genèse de ce dieu conçu semble t il, sous Ptolémée avant sous couronnement. Le nom est Sarapis, Wsr-Hp en égyptien, soit Osor-Apis, le taureau osirifié de Memphis. C’est un dieu Barbu et figuré assis de type grec, ressemblant à Zeus ou Hadès. Sérapis récapitulerait la personnalité du dieu chtonien grec, Hadès, et celle de l’Osor-Apis memphite. Le but de ce dieu, crée de toute pièce par Ptolémée Sôter et par le prêtre Egyptien Manéthon, était d’instaurer un culte commun entre les nouveaux souverains Hellénique et la population égyptienne. Son temple est le Sérapéion. On retrouve également Sérapis à Canope mais il y est doué d’un pouvoir guérisseur, à l’instar d’Asclépios (Dieu de la médicine grec) ; on n’attend les miracles et l’on vient le consulter de loin.
Isis, femme d’Osiris devient compagne de Sérapis. Pourtant, dépourvu de sanctuaire dans le temenos du Sérapéion elle est néanmoins invoquée fréquemment à la suite de son époux. Elle possède cependant ces propres temples et en particulier sur l’île de Pharos (Isis Pharia) et aussi sur la presqu’île de Lochias des informations laconiques laissent entendre la présence d’un sanctuaire Isiaque où elle est honorée comme protectrice de la navigation et des marins.
Pourtant, les images de la déesse dépassent en nombre celle de Sérapis et connaissent un accroissement considérable de la période Hellénistique à la période romaine. Isis connaît de multiples métamorphoses, car la diversité de ces charismes rend facile son assimilation aux autres divinités, comme Déméter et Tyché à Alexandrie, mais aussi en province. Au Fayoum, elle s’adapte aux divinités locales, de la serpenti-forme Isis à Isis Aphrodite anadyomène accroupie sur un crocodile, sans oublier Isis-Hator-Aphrodite, plus méridionale, surgissant d’un sanctuaire tentyrite à chapiteau hathoriques.

Sous Ptolémée IV Philopator, Harpocrate (Horus enfant), rejoint le couple divin. Le roi lui dédie un sanctuaire au Sérapéion. Ce dieu est représenté debout, nu, déhanché, et porte la corne d’abondance. Il est aussi coiffé du pschent la double couronne royale.

Le culte d’Anubis, dieu des morts, est attesté au Sérapéion et à Canope, Callicratès de Samos lui dédie un sanctuaire.

Pourtant quelques traces de la culture subsistent encore malgré cela on retrouve parfois dans certaine tombe, Mim Hamon, le phallus en érection (l’équivalent du dieu Pan) ; Harpocrate à plume d’Amon. Près de Canope une tombe découverte contenait des amulettes égyptiennes, des piliers hermaïque, des Isis Aphrodite et des « grotesques ». Ce large ensemble d’ex-voto est révélateur des superstitions et des croyances populaires de l’époque.


II- Alexandrie, cité des sciences

Dans la Grèce antique, nombre de savant ont vu le jour et on contribuer à élaborer une science nouvelle. Mais c’est dans l’empire Lagide lors de l’époque hellénistique que ces sciences vont connaître un essor extraordinaire. Soutenu par le pouvoir en place de nombreux savant vont partir des sciences pour les améliorer et parvenir à de nouvelles avancées. Ce sera l’age d’or des sciences alexandrines.

Comme on le sait de source sûr, que Alexandrie fut un des grands centres intellectuels et scientifiques de son époque. Les souverains Lagides ont rendu cela possible en favorisait les scientifiques et en les aidant financièrement dans leurs recherches. Pour les attirer à dans cette nouvelle métropole, ils construisirent la Bibliothèque et le Musée. Les rois versèrent aussi des pensions royales à certains d’entre eux. Les sommes étaient considérables. Ceux qui ne bénéficiait pas de ces « bourses », pouvaient exercer en temps que médecin pour la riche clientèle alexandrine ou encore dans l’une des universités qui florissaient alors.

La recherche scientifique alexandrine était principalement axée et a brillée sur 3 grands domaines.

Les mathématiques et l’astronomie, la médecine et les sciences de la vie, la mécanique et la technologie. Mais il faut naturellement gardé à l’esprit que les savants excellaient dans plusieurs de ces domaines à la fois.

De très grand mathématicien ont séjournés à Alexandrie. Euclide ne le fit que quelques temps mais il a tout de même révolutionné le milieu des mathématiques par la publication de ces traités. Aujourd’hui ils nous restent les «Eléments», aux nombres de treize, qui ont servi d’inspiration au mathématique moderne. Pourtant, il n’a n’influence qu’indirectement les mathématiciens Alexandrin par sa personne mais beaucoup plus par ses écrits.

Pour Archimède, la situation ne fut pas la même en effet, il lia des solides amitié avec d’autres savants qui avaient les mêmes préoccupation que lui. Son influence fut d’autant plus forte qu’il communiquait ses résultats à ses amis Diothéos, Conon de Samos, Eratostène.
Ce dernier ce vivait dans l’entourage de la cour et n’eu aucun mal à publié la « Méthode » et d’autres ouvrages écrit sous formes de paraboles. Son oeuvre a touché de nombreux domaines. La sphère et le cylindre, les sphéroïdes et conoïdes, la mesure du cercle, les spirales et les centres de gravité des lignes et des plans concernent la géométrie, traités des corps flottant.

Eratosthène de Cyrèrene commença sa carrière en Grèce où il acquis une excellente réputation. Convié, comme précepteur du futur Ptolémée IV par Ptolémée III il devint ensuite directeur de la Bibliothèque. Auteur d’ouvrage comme de philosophie, de poétique, d’astronomie, de mathématique, de géographie et de musique. Il se donna aussi pour de dressée une carte du monde et avait rédigé une Géographie en trois volumes. Dans l’un d’eux, intitulé « Les Dimensions de la terre », il donnait une estimation de la distance du soleil et de la lune par rapport à la terre. En utilisant un procédé aussi empirique qu’ingénieux il put déterminer une circonférence de la terre de 39602 Km ce qui est très proche du chiffre 40077Km que la science moderne en à donné. De plus, il participât activement à la vie intellectuelle de la ville et publia le traité d’Archimède.
De tout cela, il ne reste malheureusement rien si ce n’est des fragments épars ou des résumés.

Né à Samos, Aristarque De Samos fut un disciple de Straton et passa une grande partie de sa vie à Alexandrie. Astronome et mathématicien on lui doit l’ouvrage « La taille et la distance du soleil et de la lune ».Il s’agit de dix-huit proposition astronomique, avec des postulats, un peu à la manière d’Euclide, et dont le premier affirme que « la lune reçoit sa lumière du soleil ».Mais les modernes ont surtout retenu de lui qu’il fût le premier à énoncer la théorie de l’héliocentrisme qui affirmait que la terre tournait sur elle-même et qu’elle n’était pas le centre de l’univers. Bien sûr ces propos furent immédiatement rejeté par ces contemporains et allait à l’encontre de la religion. Cela tomba dans l’oublia jusqu'à que Copernic redécouvre l’idée.

Apollonios de Pergé est le dernier grand mathématicien d’Alexandrie au III, on ne sait rien de lui si ce n’est qu’il rédigea de nombreux ouvrages de mathématique et d’astronomie qui ont tous été perdu à l’exception des « Coniques » en huit livres dont le huitième tome ne nous est pas parvenue.

Conon De Samos, originaire de Samos a passé la plus grande partie de sa vie à Alexandrie, à la cour du roi Ptolémée III. Il était l’ami d’Archimède avec qui il échangea une correspondance importante. Il lui présentait de ces projets afin qu’il les étudies et qu’il lui donné ses avis. On sait aussi que Conon fut un grand astronome, il composa sept volumes mais aucun ne nous est parvenu. Il murera jeune et de manière brutal et inattendu. Ce fut un autre astronome Dosithéos qui pris ça place. C’était aussi un ami d’Archimède et il lui adressa cinq études dont aucune n’est parvenue jusqu’à nous. Il est connu aussi pour avoir joué un grand rôle à la cour de Ptolémée III Evergète.

Hipparque de Nicée vécut au milieu du II siècle, et il nous reste de lui seulement son « Commentaire sur les phénomène d’Eudoxe et d’Aratos ». Astronome de génie, il donna la position de plus de 900 étoiles, découvris le phénomène de « précession des équinoxes » mais fit aussi d’importante découverte mathématique en fondant la trigonométrie employant le mot « corde » là ou aujourd’hui nous parlons de sinus et cosinus. Il avait même écrit un traité de douze livres intitulé « Sur les cordes du cercle »

Hypsiclès d’Alexandrie fut contemporain de son collègue Hipparque mais beaucoup moins connu. Seul deux de ses ouvrages nous sont parvenu. Une étude sur le livre XIV des « Eléments » d’Euclide et un traité d’astronomie « Les ascensions » qui tente de déterminer, par la relation entre la longueur du le jour le plus long et celle du jour le plus court à un endroit donné, en l’occurrence Alexandrie, le temps qu’il faut à un astre pour apparaître et faire son ascension.

Claude Ptolémée est sûrement la dernière figure scientifique célèbre d’Alexandrie, au IIe siècle après J.C. On ne sait presque rien de lui si ce n’est qu’il a vécu à Alexandrie. Son œuvre est immense car elle touche à tous les domaines : les mathématiques, l’optique, la musique, l’astronomie, la géographie, l’histoire. Il a composé le traité le plus complet de l’antiquité, sous le nom de « Composition mathématique », ouvrage désigné sous son arabe d’Almageste depuis le moyen âge et nous est parvenue dans son intégralité. Il s’appuie sur les connaissances des ses prédécesseurs (Hipparque, Aristarque). Il rédigera aussi « Les hypothèses des planètes », « Le Tétrabilos », « Les harmoniques », « Table chronologique ou canon des règnes ».

Straton de Lampsaque, vécut sous le règne de Ptolémée Ier, et il fut le précepteur de Philadelphe. Plus que mathématiciens, il s’occupait des sciences de la nature, dans la ligné de ce qu’avait fait Aristote et Théophraste. Seul le titre de ses œuvres nous ont été transmis par Diogène Laërce. Il s’était penché sur la nature du vide qui on profondément marqué le mouvement scientifique Alexandrin et Héron d’Alexandrie repris ces idées dans l’introduction des ses « Pneumatiques »

Une symbiose a parallèlement été réalisée celle du système de mesure. La rencontre entre le pied grec et la coudée égyptienne, le premier étant le 2/3 du second. La nature du lien était des deux ordres, car si l’Égypte se définissait par ses rapports au fleuve (la coudée royale servant à mesurer la crue du Nil), la Grèce se délimitait par l’homme. Les mesures qui ont servi à organiser l’espace prenaient ainsi un caractère universel ; elles représentaient à la fois l’humanité et la nature.

Parallèlement à ces progrès sur le plan mathématique et astronomique, la médecine et les sciences de la vie connurent un formidable développement à Alexandrie. Les travaux d’Hippocrate furent repris et l’on fit de grand progrès dans la connaissance de l’anatomie et la physiologie du corps humain grâce à la pratique de la dissection. Une fois de plus aucun de leurs travaux n’est parvenu jusqu’à nous et nous connaissons uniquement les noms grâce au commentaire de leurs contemporains ou d’auteurs postérieurs comme Galien de Pergame, Soranos ou Celse.

Praxagoras de Cos vécut probablement au IIIème siècle avant J.C. On connaît peu de chose sur sa vie si ce n’est qu’il fût le maître d’Hérophile. Son installation à Alexandre montre la filiation de entre la médecine hippocratique et médecine Alexandrine. Du moins au début, car très vite, les médecins installés dans la ville vont explorer des champs nouveaux. Ainsi Praxagoras rédigea sur l’anatomie un ou plusieurs ouvrages dans lesquels ils établissaient que le centre du système nerveux n’est pas le cœur mais le cerveau. Le cerveau qui était aussi centre de l’activité intellectuelle.

Hérophile de Chalcédoine est le plus important médecin Alexandrin, mais on ne sait presque rien de sur sa vie si ce n’est qu’il fut le disciple de Praxagoras dont il poursuivi l’œuvre. Grand anatomiste, il fit la distinction entre les nerfs moteurs et les nerfs sensoriels, étudia les organes interne en particulier le foi, mais aussi les yeux et le cerveau qu’il considérait lui aussi comme le centre du système nerveux. Au long de ses études il s’intéressa aux organes de reproduction et découvrit les ovaires chez les femmes, dont il compara la structure et la fonction avec celles des testicules chez les mâles. Il fit encore progresser d’autres domaines et démontra que les artères étaient reliés au cœur et contenaient du sang en relation pulsations avec les battements du cœur, en montrant que le pouls était causé par la dilatation des artères. Il attira l’attention sur l’importance du pouls pour faire un diagnostic médical. Sa contribution intervint aussi en terme de terminologie médicale avec des termes nouveaux encore en usage aujourd’hui mais sous leur forme latine. Sa contribution toucha aussi le domaine de l’œil et considérait que la santé comme la chose la plus importante pour l’homme. C’est aussi grâce à lui que l’on essaya les dissections sur les humains et lui-même en réalisa de nombreuses sur des prisonniers et des condamnés a mort mis à sa disposition par le pouvoir royal, et parfois même sur des sujets encore vivants.


Erasistrate de Cos dont ne nous connaissons pratiquement rien fut le contemporain d’Hérophile à Alexandrie et fût comme lui un médecin de renom. Il semble avoir été extrêmement prudent en matière de médicament, critiquant l’usage des saignées et les grands purgatifs que la médecine traditionnelle avait tendance à utiliser. Il tenta de décrire le système digestif mais le plus intéressant est qu’il établit la distinction entre les veines et les artères. De plus, il fut le premier à reconnaître l’importance des quatre principales valvules cardiaques et à se rendre compte que le cœur fonctionnait comme une pompe. Il réalisa aussi des travaux sur l’œil et le système sanguin.

Tous deux eurent des disciples mais on ne retient que peu de nom si ce n’est Callimaque, Callianax, Baccheius de Tanagra, pour le IIIème siècles, pour le IIème siècle, Zenon, Mantias, Philinos de Cos, Glaucias, Sarapion d’Alexandrie et enfin pour le Ier siècle Chrysermos et ses deux disciples, Héraclide d’Erythrée et Apollonios Mys. Après nous n’avons que les noms de Zopyros et son élève Apollonios de Kition pour les toutes fins de la renomme de la médecine Alexandrine.

De nombreux savants ont travaillés dans le domaine de la mécanique et de la technologie, ce que nous appelons aujourd’hui la science appliquée. Cette science fut particulièrement encouragée par les rois qui espéraient ainsi des avancés significative concernant le domaine militaire. Le temps a encore une fois détruit la plupart des documents mais certains noms sont restés.

Ctésibios est le plus ancien des mécaniciens Alexandrin, mais nous ne connaissons son nom qu’au travers de texte où il est mentionné (« Deipnosophites » d’athénée) ce qui permet de le situer au IIIe siècle avant notre ère durant le règne de Ptolémée II et ce fût donc un contemporain d’Archimède. On sait que ses réalisations touche au domaine pneumatique, c'est-à-dire la compression de l’air et du souffle, pneuma, et son action sur l’eau dans quatre directions : les instruments de musique, les horloges hydrauliques, les machines pour élever l’eau, et notamment une pompe à incendie dites « Pompe de Ctésibios », et les machines de guerre. Il a joui d’un grand prestige auprès de ces semblables.

Philon de Byzance est presque aussi mal connu que celle de Ctébios dont il était vraisemblablement le disciple, mais une partie de son œuvre est parvenue jusqu’à nous. En effet, il avait composé un vaste ouvrage sur les techniques en neuf volumes, Méchanikè Suntaxis, dont le quatrième livre, Belopoiica (c’est-à-dire les armes de jet), su septième Paraskeuastica (Préparatifs pour résister à un siège) et du huitième, Poliorkética (Machines de sièges), sont conservés en grec, tandis que le cinquième livre Pneumatica (Pneumatiques), est conservé en entier dans une version arabe. C’est donc plus vers les applications militaires que fût tourné son œuvre car en effet il continua de faire de nombreuses recherches sur la balistique. Ces recherches furent bien sur fortement soutenues financièrement par les rois en quêtes d’armes toujours plus performantes.

Héron d’Alexandrie, a vécut au Ier siècle après J.C. On a conservé de lui une grande partie de son œuvre, ce qui permet de mieux cerner ces centres d’intérêt scientifique et qui s’articule autour de trois grands axes. Le premier touche au mathématique et est développé dans ses « Métriques », en trois parties, dans lesquels il traite la géométrie plane (triangles, quadrilatères, polygones...) aussi bien que celle en trois dimensions (Sphères, cônes, pyramides...). Toutes ces questions seront repri dans d’autres de ses œuvres comme « Les définitions » ou « La Stéréometrica ». Il rédigera également un « Commentaire sur Euclide » qui fût malheureusement perdu.
Le deuxième axe concerne les applications pratiques des connaissances scientifiques. Ainsi dans sa « Dioptra », il expose le mode de construction et le fonctionnement de l’instrument destiné a mesuré les distances, qui n’est autre que l’ancêtre de notre théodolite. Ce traité contient également une partie réservée à l’astronomie et c’est là qu’il explique comment calculé la distance en Rome et Alexandrie par l’observation d’une éclipse de lune. Dans sa « Catoptrica », il énonce les lois de la réflexion et de la propagation de la lumière.
Son troisième grand axe a rapport aux machines ou appareils divers. Il écrivit un traité sur les machines de guerre (Belopoiica) dans lequel il expose les procèdes de fabrication de ces engins et leur mode d’utilisation. Il a perfectionné ce que ses prédécesseurs avaient fait avant lui. Un traité intéressant intitulé « Chirobaliste » décrit une arme de jet individuel qui n’est autres que l’arbalète du Moyen Age. « Les mécaniques », en trois livres ne sont conservés que dans une traduction arabe. Héron y aborde différentes questions, notamment celles du centre de gravité et de l’équilibre des machines simples que sont les leviers, la vis, le moufle et le treuil. Il traite aussi de la roue dentée et de ces différentes applications. Mais au-delà des machines militaire, il avait aussi crée différentes formes de pressoir à vis et rédigea les ouvrages « Le treuil » et une méthode pour tirer des poids lourds tout cela pour l’usage quotidien. Dans les « Automata » il présente les mécanismes des machineries du théâtre. Outre ces ouvrages, on connaît l’existence de deux traités perdus « Zeugia » qui traitait de l’équilibre des corps et « Peri hundriôn hôroscopeiôn » qui concernait les horloges hydrauliques. C’est à ce dernier axe qu’appartiennent également les « Pneumatiques »

III- Alexandrie, capitale de l’empire lagide : les guerres de Syrie

A- Les trois premières guerres de Syrie

Vers 300, Ptolémée avait confié le rétablissement de son autorité sur la Cyrénaïque à son beau – fils Magas et ce dernier régnait sur la région. A la mort de Ptolémée, Magas se fit indépendant et se proclama roi. Ptolémée II ferma les yeux. Ayant appris que Ptolémée II Philadelphe venait de faire assassiner ses deux frères, Magas lui déclara la guerre dans l’intention de se substituer à lui. L’affaire en rets là et Magas gouverna la Cyrénaïque sans heurt jusqu’à 250. Magas avait fait alliance avec Antiochos mais lors de son avancée, il dut faire demi tour, de même pour Ptolémée. Ainsi, aucune bataille ne fut livrée. Le manque de coordination entre les deux alliés permit à Ptolémée de prendre les devants. Pour répondre à l’attaque contre la Coelé – Syrie, Ptolémée semble avoir porté la guerre en Babylonie. Cependant la suite est obscure de même que nous n’avons là que des hypothèses. La paix fut conclue en 271/270 et cette paix est une sorte de statu quo. Ainsi s’achève la première guerre de Syrie sans que les deux partis y gagnent vraiment quelque chose.
La mort d’Antiochos Ier détermina Ptolémée II à agir et il consolida ses positions en Mer Egée. Il semble que toute la côte ionienne et carienne d’Ephèse à Halicarnasse sont alors aux mains des Lagides. Antiochos II paraît avoir réagi fermement. Une querelle entre Philadelphe et son fils semble avoir facilité la tâche du Séleucide. Ptolémée, fils de Philadelphe se révolta à Ephèse (cité côtière) et fut tué. En ce qui concerne la Syrie, on ne sait pas grand-chose. Les opérations militaires dont on ne sait presque rien eurent un résultat favorable à Antiochos II. L’Ionie fut prise par le souverain Séleucide de même que certaines places maritimes. L’Egypte ne perd pourtant pas totalement pied dans les Cyclades. Il y eut un repli lagide dans l’Egée. Un traité de paix fut probablement conclu en 253. La deuxième guerre de Syrie apparaît comme un rétablissement séleucide mais redressement de courte durée.
Ptolémée II et Antiochos II restèrent en bonne entente jusqu’à la mort presque simultanée des deux souverains. Ptolémée II Philadelphe mourut en janvier 246 après 39 as de règne. A la mort de Ptolémée II, le royaume lagide était encore prospère et puissant bien que diminué temporairement. Antiochos II, lui, mourut à Ephèse dans des conditions mystérieuses quelques mois après l’avènement de Ptolémée III. Cette mort et les évènements qu’elle déclencha sont à l’origine de la troisième guerre de Syrie ou guerre laodicéenne. Séleucos II, à la mort père, fut reconnu en Asie Mineure mais pas partout. Séleucos II était le fils de Laodice et Antiochos II et il existait d’autres fils ceux là fils de Bérénice, fille de Ptolémée II , et Antiochos II. Antiochos, à sa mort, désigna le successeur purement séleucide et non l’un des fils résultant de l’union entre les deux dynasties. A Ephèse, le gouverneur se prononça pour le fils de Bérénice et d’autres suivirent ce choix. Bérénice, d’Antioche, fit appel à Ptolémée III pour établir son fils sur le trône. Le lagide parvint à Séleucie port d’Antioche et il reçut un accueil favorable de la population. Pourtant Bérénice et son fils furent assassiné et Ptolémée n’avait plus lieu de continuer l’expédition puisque ceux qu’il était venu défendre avait trépassé. Malgré cela, il se mit en route vers l’est et écrivit au nom de Bérénice et son fils à toutes les satrapies. Ayant atteint l’Euphrate, il passe en Mésopotamie. Cette promenade tourna court : Ptolémée dut regagner son royaume à cause de troubles et il laissa sur place une armée et une administration. Le Séleucide n’eut pourtant aucun mal à reprendre ses terres. Antiochos Hiérax (frère du roi) réclama alors la corégence et Séleucos accepta. La jonction des deux frères fit peur à Ptolémée III qui conclut la paix en 241. A l’issue de cette guerre, les Lagides ont toujours des positions en Asie Mineure.

B- La quatrième guerre de Syrie

En 221, commence le règne de Ptolémée IV. C’est alors que commence le déclin ptolémaïque. A son avènement, le roi lagide a au moins 17 ans. Son éducation lui a donné le goût des choses intellectuelles plus que des affaires d’Etat. La présence sur le trône d’un jeune roi peu énergique ouvre la porte aux intrigues de cour et du sérail. Deux conseillers du roi, Sôsibios et Agathocle, qui briguaient le pouvoir effectuèrent une purge autour du roi en faisant assassiner toutes les personnalités qui auraient pu prendre de l’influence sur le roi. Ainsi, Ptolémée IV restait sous l’influence de ses deux conseillers qui devaient gouverner le royaume durant tout le règne du roi (Sôsibios surtout). Antiochos III, informé de ce qui se passait chez son voisin lagide voulut en profiter et voulut régler une bonne fois pour toute la question de la Coelé – Syrie.
Le port d’Antioche, aussi bizarre que cela puisse paraître, était encore sous la domination Egyptienne et constituait donc l’un des premiers objectifs d’Antiochos III. Assiégé par terre et par mer, le port capitula au printemps 219. Théodote, gouverneur de Coelé – Syrie qui en 221 avait arrêté l’armée séleucide trahit la cause lagide et Antiochos put continuer en direction du Sud. Craignant pour l’Egypte, les conseillers du roi mirent la région de Péluse en état de défense. Ils utilisèrent un moyen qui montre que les hommes manquaient : ils inondèrent et comblèrent les puits. Pour avoir le temps de mettre sur pied une armée capable de résister au Séleucide, les deux conseillers se résolurent à négocier. Antiochos III, voyant l’accès à l’Egypte barré et voyant que la région qu’il avait entrepris de conquérir n’était pas entièrement réduite, accéda au désir de ses adversaires. De plus, il était absolument convaincu que les conditions lui étaient favorables. Au début de l’hiver 219-218, un armistice fut conclu entre les deux adversaires et l’on continua à négocier.
Sôsibios aligna 75 000 hommes et le ministre fit appeler toutes les unités stationnées dans les positions extérieures. Il enrôla des mercenaires. En un délai si court, il est normalement impossible de réunir une armée aussi vaste et c’est ce qui explique que Sôsibios fit appel aux indigènes. Ainsi, fut réunie et entraînée dans le plus grand secret. A l’expiration de l’armistice, les négociations n’ayant évidemment mené à rien, Antiochos entreprit de parachever sa conquête (printemps 218). Des redditions de places, des trahisons de mercenaires aidèrent encore les succès du Séleucide. Lorsque Antiochos prit ses quartiers d’hiver à Ptolémaïs, il lui manquait seulement Sidon et la Palestine méridionale pour achever entièrement sa conquête. A la belle saison de 217, Ptolémée IV prit le commandement de l’armée rassemblée et partit au devant d’Antiochos. La bataille décisive eut lieu le 23 juin 217 à raphia. Ce fut une débâcle pour les séleucides. Ptolémée IV récupéra sa province. Une paix fut ensuite conclue et pour le moment, la domination lagide sur la Coelé – Syrie est préservée.
A partir de Raphia, c’est le signal du début des troubles indigènes. L’Egypte ne veut plus être sous domination étrangère. C’est aussi à partir de là que la royauté ptolémaïque commença à être plus egyptienne.

C- La crise de la puissance lagide et les quatrième et cinquième guerres de Syrie

Ainsi, au lendemain de Raphia, la victoire inattendue avait offert à Ptolémée IV la Coelé – Syrie mais aussi avait inauguré le début de la longue période de trouble dont l’Egypte ne sortira finalement plus. Les troubles éclatant après 217 ne favorisèrent pas la politique de productivité qui était la base et la richesse de la puissance lagide. Par ailleurs, pendant de longues années, la Haute Egypte fait sécession et échappa totalement à l’autorité lagide. Ainsi, on a une baisse des revenus et l’obligation d’enrôler des contingents grecs pour contenir la révolte. Ainsi, à la fin du III ème siècle, une conjonction de faits politiques amène l’inertie de l’Egypte dans sa politique extérieure.
Ptolémée IV Philopatôr, dans la fin de sa vie, se vautre dans la luxure et affecte une totale négligence dans les affaires publiques. Il abandonne complètement le pouvoir à ses deux conseillers. Le changement de règne se fait à l’été de 204. La mort prématurée de Ptolémée IV (il devait avoir environ 35 ans) risquait de ruiner le pouvoir des deux ministres aussi impopulaires que le maître. Ptolémée V Epiphane (né en 210) n’était qu’un enfant et une régence était nécessaire. Celle-ci se trouvait en la personne de sa mère, Arsinoé qui n’appréciait guère les deux ministres de son défunt mari. Ainsi, Sôsibios et Agathocle dissimulèrent la mort du roi pendant quelques jours et firent assassiner Arsinoé. Pourtant, les deux morts furent connus et, pour éviter les révoltes, les deux comparses durent proclamer roi le petit Ptolémée V. A ce moment là mourut Sôsibios. Ainsi, Agathocle était seul et, pour écarter ses ennemis, il envoya de nombreuses ambassades à l’étranger. Pourtant, il restait un adversaire redoutable, un stratège écarté sous Ptolémée IV, du nom de Tlépolémos. Il désirait lui aussi obtenir la tutelle du roi. En 203, Agathocle fut assassiné par son rival et Tlépolémos s’installe au pouvoir. Pendant que le gouvernement était disputé de la sorte, les affaires mondiales n’allaient pas dans le sens des intérêts de l’Egypte.
A l’hiver 203-202, Philippe V de Macédoine conclut un traité de partage de l’empire de Ptolémée V avec Antiochos III. Philippe V, qui était la cible d’une ambassade lagide fit chanter Antiochos : si le souverain séleucide attaquait les possessions lagides, lui Philippe les défendrait à moins bien sûr que Antiochos n’achetât sa neutralité ou sa collaboration à un prix plus élevée que celui que les lagides lui proposait. Les possessions extérieures lagides étaient bien assez grandes pour les deux rois et Antiochos fut séduit. Le contenu du traité, sûrement secret, n’est pas connu avec exactitude. Antiochos pourrait se consacrer à la conquête de la Coelé – Syrie pendant que Philippe menait des actions dans la zone littorale d’Asie Mineure.
La cinquième guerre de Syrie est la conquête de la Coelé – Syrie par Antiochos III. Les armées séleucides occupèrent la province jusqu’à Gaza qui résista longuement. L’Etolien Scopas put mener une contre offensive qui refoula Antiochos jusqu’aux sources du Jourdain. En 200, à Panion, Antiochos remporte la victoire décisive et s’empare de la région tant convoitée. La Coelé – Syrie est conquise et un stratège est placé à sa tête.
A la mort de Ptolémée V en 180, la régence au nom de Ptolémée VI revint à sa mère, Cléopâtre I fille d’Antiochos III. Elle mourut en 176. Le roi, toujours pas majeur, fut placé sous la tutelle de deux personnages de la cour incapables, sans doute avides et néfastes de surcroît : Eulaios et Lènaios. Cette régence est connue par le début du conflit avec Antiochos IV. Les deux régents, en 170, déclarent la guerre à Antiochos IV et ce dernier est dans une excellente position défensive. Les deux partis dépêchèrent aussitôt une ambassade à Rome mais le Sénat n’aida personne. A Alexandrie, la même année, Ptolémée qui avait 14 ou 16 ans, fut proclamé majeur : sa sœur et épouse Cléopâtre II et son frère furent associés comme corégents. Ces mesures étaient sans doute prises pour renforcer le pouvoir royal très fragile et pour affirmer l’unité de la dynastie. Les opérations militaires ne commencèrent qu’en 169. La déroute immédiate de l’armée lagide donna à Antiochos la région de Péluse et donc la clé de l’Egypte.
Les deux régents sont remplacés par deux de leurs adversaires : Comanos et Cinéas. Comme la déclaration de guerre se révélait avoir été une folie, il fallait négocier. Des parlementaires lagides furent envoyés à Antiochos qui de son côté avait député une ambassade à Alexandrie. Tout le monde s’accorda à dire que la faute du conflit revenait à Eulaios et Lénaios et Antiochos IV exposa ses droits de prétention à la Coelé – Syrie, droits que nul ne songea à contester. En fait le Séleucide voulait gagner du temps. Il dit ne pas pouvoir négocier avant le retour de ses ambassadeurs d’Alexandrie. Il continua alors de pousser vers la capitale avec son armée. Antiochos IV rencontra Ptolémée VI et un accord fut conclu. Il s’agissait en fait d’une mise en tutelle de la monarchie lagide. Une émeute éclata à Alexandrie et on proclama seul roi le frère cadet (Ptolémée VIII) de Ptolémée VI Philomètôr. Sous prétexte de rétablir Ptolémée VI, Antiochos vint mettre le siège à la capitale Alexandrie mais il ne put la faire tomber. De plus, soucieux de sa présence en Syrie où l’agitation juive l’inquiétait, il abandonna sa guerre en 169 et quitta l’Egypte tout en gardant la région de Péluse. Il spéculait sans doute sur une guerre civile entre les deux Ptolémée.
Assiégé dans leur capitale, Ptolémée VIII et Cléopâtre II avait demandé l’aide du Sénat contre Antiochos IV et Ptolémée VI protégé par le séleucide. Evidemment, Antiochos avait envoyé à Rome une ambassade pour justifier sa conduite. Le Sénat se montra toujours impassible. En Egypte, la situation tournait ; Ptolémée VI s’était réconcilié avec son frère et sa sœur et la guerre civile escomptée par Antiochos IV n’arriverait plus. La triple corégence de 170 était rétablie. Or Ptolémée VI ne pouvait rentrer à Alexandrie qu’en violant les accords passés avec le Séleucide. Mais, Antiochos avait dit explicitement qu’il désirait le rétablissement de Ptolémée VI à Alexandrie. Or il ne voulait pas que ce fût fait par la réconciliation et c’est pourquoi, à ses yeux, c’était Ptolémée VI le traître.
La guerre pouvait reprendre. Les lagides cherchaient toujours l’appui de Rome et ils obtinrent l’envoi d’une mission diplomatique conduite par C.Popilius Laenas qui avait été un familier d’Antiochos IV. Cependant, Antiochos IV, au début 168, avait repris la guerre. Chypre tomba aux mains des Séleucides puis Antiochos pénétra dans le pays et parvint à Memphis. Puis il marcha sur Alexandrie. C’est dans un faubourg d’Alexandrie, Eleusis, qu’eut lieu sa rencontre avec Popilius. Ce dernier avait quitté Rome au printemps 168 et s’était arrêté en Grèce. Fin juin 168, après Pydna, il quitta la Grèce et débarqua à Alexandrie. Antiochos l’accueillit en ami mais ce dernier lui tendit simplement le senatus consulte et exigea sa réponse sans délai. Les Romains exigeaient d’Antiochos qu’il déposât les armes et évacuât l’Egypte et Chypre. Antiochos accepta ces conditions et s’exécuta.
L’acte de Popilius sauvait l’Egypte de la domination séleucide. En cette journée de juillet 168, par l’aide des Romains, une sorte de protectorat romain tombe sur l’empire lagide.


Sam 26 Jan - 14:30 (2008)
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Sam 26 Jan - 14:30 (2008)
Elessar
Xanadaute


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Message Chronologies du monde hellénistique Répondre en citant
Chronologie artistique
Démographie
Vers 315 Démétrios de Phalère, philosophe aristolécien et gouverneur de Phalères pour Cassandre réalise le premier recensement et dénombre 21000 citoyens

Art Militaire
305 Les moyens énormes mis en œuvre par Démétrios pour prendre Rhodes font de la poliorcétique un art de plus en plus poussé
301 Les éléphants de guerre jouent un rôle décisif dans la bataille d’Ipsos

Mathématiques
300 Euclide d’Alexandrie, mathématicien
280 Par la rigueur de leur charpente logique et le choix judicieux des « notions premières » servant de fondement et par la clarté des démonstrations, Les Element d’Euclide constituent un monument de la pensée occidentale qui a marqué notre culture et notre science
262 Apollonius publie Les Coniques traité général sur l’ellipse, la parabole et l’hyperbole
220 Apollonius de Perge, mathématicien

Techniques
270 Ctesibus découvre l’élasticité de l’air et construit des pompes, des jouets mécaniques et une horloge à eau, la clepsydre

Astronomie
280 Aristarque de Samos, astronome
Vers 250 L’idée d’un univers centré sur le Soleil émise par Aristarque de Samos est condamné par Cléanthe de Soles directeur de l’école stoïcienne de 264 à 252 pour des raisons théologiques et philosophiques


Société
227 Le roi Cléomène de Sparte suscite des craintes ou des espoirs de révolution sociale en procédant à un partage des terres pour recréer le corps civique spartiate

Religions
307 Accueilli en libérateur, Démétrios Poliorcète est proclamé sauveur et reçoit un culte public
304 nouveaux privilèges divins pour Démétrios dont partager la demeure d’Athéna au Parthénon
300 Dans la Religion Sacrée, Evhémère considère les dieux comme d’anciens souverains divinisés pour leurs bienfaits, les cultes des « rois sauveurs » se répandent
300 Ptolémée Ier conseillé par Manéthon, prêtre, et par Timothée, grec, fonde le culte syncrétique de Sérapis forme grecque de l’Osiris Apis de Memphis
279 Ptolémée II instaure le culte de Ptolémée Ier et Bérénice sous le nom de « dieux sauveurs » et fonde la fête des Ptolemaia en leur honneur
275 Dans la procession des premières Ptolemaia, Dionysos et Alexandre sont présentés comme protecteur de la dynastie lagide
270 Arsioné II, sœur et épouse de Ptolémée II est divinisé sous le nom de Philadelphe (« qui aime son frère », culte célébré aussi dans les sanctuaires des dieux

Philosophie
339-314 Xénocrate à la tête de l’Académie
322-288 Théophraste à la tête du Lycée
314-270 Polémon à la tête de l’Académie
307 Loi contre les philosophes
306 Epicure ouvre son école à Athènes
301 Zénon ouvre son école au portique (stoa)
288-270 Straton à la tête du Lycée
270-269 Crates d’Athènes à la tête de l’Académie
261-232 Cléonthe à la tête du portique
232-207 Chrysippe à la tête du portique
208 Zénon de Tarse, philosophe
200 Diogène de Séleucie, philosophe
173 Carnéade à la tête de la nouvelle Académie
Littérature
321 première pièce de Ménandre
319 Philémon et la comédie nouvelle
Vers 315 Timée de Tauroménion banni de Sicile écrit une histoire de l’occident grec dans laquelle il établit la première chronologie fondée sur les Olympiades
300 Démétrios de Phalère persuade Ptolémée Ier de fonder le Musée (sanctuaire des Muses), institution de recherche inspirée du lycée d’Athènes, et une bibliothèque pour rassembler toute la littérature grecque et les textes traduits en grec
285 Théodote à la tête de la bibliothèque d’Alexandrie
270 Bérose de Babylone, historien
271 Timon de Phlius, satirique
270 Le patrimoine des civilisations orientales est rendu accessible aux Grecs par des traductions et adaptations, les Septante commencent la traduction de la Bible à Alexandrie
250 Manéthon, historien égyptien
Vers 250 Hérodas écrit les Mimes, scènes de la vie quotidiennes
235-195 : Eratosthène, bibliothécaire à Alexandrie
195-180 Aristophane de Byzantium, bibliothécaire à Alexandrie
180 Aristarque de Samothrace, bibliothécaire à Alexandrie

Peinture
310 Pour Ptolémée Ier, Apelle peint deux tableaux pour le triomphe d’Alexandre ; Philoxénos d’Erétrie peint pour Cassandre le combat d’Alexandre et Darius connu grâce à une copie en mosaïque à Pompéi
290 Ecole rhodienne de sculpture
278 Le colosse de Rhodes est édifié
197 Eumène II commence des grands travaux adaptant l’urbanisme monumental à la structure en terrasses de l’Acropole
Vers 160 au sommet de l’Acropole aménagée par Eumène II, les sculpteurs du grand autel célèbre les victoires attalides sur les Galates et introduisent une esthétique tourmentée jusqu’au paroxysme

Sculpture
324 Lysippe, sculpteur de l’école de Sicyone tendant à un retour au naturalisme classique, crée l’Alexandre à la Lance, portrait le plus connu du conquérant

Mosaïque
Vers 300 Les mosaïques de galet de Pella rompent avec la tradition antérieure par l’introduction de la couleur et de la profondeur et amorcent un rapprochement avec les styles et thèmes de la peinture

Architecture
Vers 280 Sostratos de Cnide édifie l’une des sept merveilles du monde, le Phare d’Alexandrie haut de 135 mètres

Poésie
275 Aratus de Soli, poète
270 Callimarque d’Alexandrie et Théocrite de Cos, poètes
Vers 264 De retour à Cos, Théocrite de Syracuse compose les Idylles dont le succès durable répand le goût de la poésie bucolique
260 Hérodas de Cos, poète
250 Lycophron de Chalcis, poète
249 Les Argonautiques d’Apollonios de Rhodes réintroduisent le genre épique
240 Apollonius de Rhodes, poète

Culture
168 Eumène veut rivaliser avec Alexandrie et fonde sa propre bibliothèque
145 Pour se venger des intellectuels soutenant ses rivaux, Ptolémée VIII Physcon disperse les savants du Musée

Musique
318 Aristoxène de Tarente, théoricien de la musique

Chronologie historique

Royaume de Macédoine et Grèce
323 mort d’Alexandre, premier partage
321 rencontre de Triparadisos, après la mort de Cratère et de Perdiccas. Antigone le Borgne stratège d’Asie.
319 mort d’Antipatros ; Polyperchon lui succède en Grèce
316 Cassandre, roi de Macédoine
315-301 Antigone Ier le borgne roi de Macédoine
307-287 Démétrios Poliorcète roi de Macédoine
306-302 Guerre entre Cassandre et Démétrios Poliorcète pour la Grèce
310 Cassandre fait périr Roxane et Alexandre IV.
307 Démétrios Poliorcète conquiert Athènes et en chasse Démétrios de Phalère.
297 mort de Cassandre ; rétablissement de Pyrrhos en Epire.
294 Démétrios Poliorcète occupe Athènes et devient roi en Macédoine.
288 Pyrrhos et Lysimaque se partagent la Macédoine
287/286 Athènes se libère de la garnison macédonienne.
285; Lysimaque est seul roi de Macédoine
284 Lysimaque conquiert la Macédoine occidentale que détenait Pyrrhos.
283-239 : Antigonos III Gonatas roi de Macédoine
274 Pyrrhos occupe temporairement la Macédoine.
267-262 guerre Chrémonidéenne et victoire d’Antigonos Gonatas
258 ou 256 bataille navale d’Andros, victoire de Gonatas sur la flotte lagide.
253-252 révolte d’Alexandre de Corinthe contre Gonatas
239 mort d’Antigone Gonatas ; avènement de Démétrios II
229 mort de Démétrios II avènement d’Antigonos Dôson Athènes recouvre son indépendance
227-222 : guerre cléoménique
222 bataille de Sellasie, Cléomène IV se retire en Egypte, Sparte est prise
221-179 règne de Philippe V en Macédoine
220-217 guerre des Alliés en Grèce, qui oppose Macédoniens, Achéens et Epirotes aux Etoliens et Spartiates.
217 paix de Naupacte qui met fin à la guerre des Alliés
215-205 première guerre de Macédoine opposant Rome à la
Macédoine
205 : paix de Phoinikè, fin de la première guerre de Macédoine
200-197 deuxième guerre de Macédoine
197 bataille de Cynoscéphales , Philippe est écrasé fin de la deuxième guerre de Macédoine
179 mort de Philippe V de Macédoine ; avènement de son fils Persée
171 Rome déclare la guerre à Persée
171-168 Troisième guerre de Macédoine
168 défaite de Persée à Pydna. Disparition de la monarchie antigonide. La Macédoine est divisée en quatre républiques.
149 guerre d’Andriskos, soulèvement macédonien.
148-146 création de la province de Macédoine.
146 guerre d’Achaïe. Destruction de Corinthe. Suppression des Confédérations achéenne et phocidienne. Création de la province d’Achaïe (dont le gouverneur est celui de la Macédoine) comprenant Achéens, Phocidiens, Béotiens et Chalcidiens.

Empire séleucide et Asie
312-280 Séleucos Ier Nicator fonde l’empire séleucide
301 bataille d’Ipsos ; victoire de Séleucos Ier, Cassandre et Lysimaque sur Antigone le Borgne, qui est tué, et sur son fils, Démétrios Poliorcète.
300 fondation d’Antioche sur l’Oronte.
294/293 Antiochos Ier corégent auprès de son père, Séleucos Ier.
285 Démétrios est prisonnier de Séleucos Ier
281 bataille de Couropédion, mort de Lysimaque ; assassinat de Séleucos Ier par Ptolémée Kéraunos.
280-262 : Antiochos Ier roi séleucide
261 mort d’Antiochos Ier, avènement d’Antiochos II Théos.
261 -247 : Antiochos II Théos
247-226 : Séleucos II Callinicus
241 début de la guerre fratricide entre Séleucos II et Antiochos ,bataille d’Ancyre qui est un succès des Galates sur Antiochos Hiérax.
239 Arsace conquiert la satrapie séleucide de Parthie.
225 Avènement de Séleucos III
223 assassinat de Séleucos III; avènement d’Antiochos III
212-205 expédition (ou Anabase) d’Antiochos III en Iran, Bactriane et Inde.
200 bataille de Panion, la Palestine est occupée par Antiochos III
192-189 guerre antiochique
191 Antiochos III est vaincu aux Thermopyles.
189 victoire romaine à Magnésie du Sipyle
187 mort d’Antiochos III. Les satrapies de l’est de la Babylonie n’appartiennent plus à l’empire séleucide
164/163 mort d’Antiochos IV lors d’une expédition en Orient.
163-162 Antiochos V Eupator
162-150 Demetrios Ier Soter
141 Séleucie du Tigre aux mains des Parthes.
129 organisation de la province d’Asie. Antiochos VII Sidétès tué en Iran. Babylonie définitivement perdue aux mains des Parthes. L’empire séleucide est brisé.

Royaume de Pergame et Asie Mineure
305-304 siège de Rhodes par Démétrios Poliorcète. Les autres Diadoques prennent le titre royal.
262 bataille navale de Cos ; avènement d’Eumène Ier de Pergame
261 Victoire de Sardes remportée par Eumène de Pergame sur les troupes séleucides.
241 avènement d’Attale Ier de Pergame, vainqueur des Galates
235-197 : Attale Ier fonde le royaume de Pergame
211 Attale Ier s’allie aux Romains contre Philippe V.
197 avènement d’Eumène II de Pergame
188 paix d’Apamée. Pergame reçoit une grande partie de l’Asie mineure séleucide. Rhodes reçoit la Carie et la Lycie. De nombreuses cités libres sur la côte asiatique.
158 mort d’Eumène II ; avènement de son frère Attale II
139/138 mort d’Attale II. Avènement de son neveu Attale III.
134 Attale III accorde la liberté à Ephèse.
133 mort d’Attale III qui lègue par testament son royaume à Rome et donne la liberté à Pergame et à Sardes.

Empire lagide
320-318 Ptolémée conquiert la Coelé-Syrie
315 Antigone le Borgne s’empare de la Coelé-Syrie
315-311 guerre de Ptolémée, Lysimaque et Cassandre contre Antigone le Borgne ; Ptolémée occupe Chypre.
311 Démétrios regagne la Coelé-Syrie ; la paix est conclue sans Séleucos
306 victoire navale de Démétrios sur la flotte de Ptolémée à Salamine de Chypre. Antigone le Borgne et Démétrios Poliorcète prennent le titre de roi.
287/286 Ptolémée occupe Tyr, Sidon et les Cyclades.
285-246 : Ptolémée II Philadelphe
274-271 première guerre de Syrie, de Ptolémée II contre Antiochos Ier.
260-253 deuxième guerre de Syrie
246-241 troisième guerre de Syrie : Ptolémée III
s’empare de Séleucie de Piérie.
246-221 : Ptolémée II
221-203 Ptolémée IV Philopator.
221-217 quatrième guerre de Syrie
217 : bataille de Raphia, les Séleucides sont écrasés, fin de la quatrième guerre de Syrie
205-180 Ptolémée V Epiphane
201-195 cinquième guerre de Syrie
180 avenement de Ptolémée VI Philométor (sous régence)
170-168 : sixième guerre de Syrie, un protectorat romain tombe sur l’Egypte


Dim 27 Jan - 15:25 (2008)
Divine Comedie
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Message Le monde hellénistique et Chronologie Répondre en citant
WOUHOU c'est la folie........


Lun 11 Fév - 20:24 (2008)
léonidas
Xanadaute


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Et ca te sert à quoi de dire ça, DC (bien que je sois d'accord...)

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"L'ennemi est con, il croit que c'est nous l'ennemi alors que c'est lui."

Mer 13 Fév - 21:52 (2008)
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Message Le monde hellénistique et Chronologie

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